18세기 프랑스에서의 ‘사치 luxe’에 대한 논쟁 : 볼테르, 루소, 디드로의 견해를 중심으로
La querelle du luxe en France au XVIIIe siècle
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초록
Le luxe existe depuis la nuit des temps. Déjà dans le Moyen Âge, on n'ignore pas le luxe manifesté dans les arts. Cependant réservé à la gloire de Dieu, le luxe est considéré comme une indice d'une supériorité hiérarchique. Au XVIIe siècle, l’élégance et le superflu deviennent progressivement une nécessité. Les premières manufactures du luxe apparaissent sous la royauté donnant lieu à de luxueuses productions. Le siècle de Louis XIV est ainsi le siècle du luxe royal par excellence. Mais au XVIIIe siècle, en raison des transformations de la société et du développement de l'économie marchande, se posent différemment la question d'un luxe désormais accessible à une bourgeoisie ascendante et impatiente de rivaliser avec une aristocratie. Et cette question s’installe sur la scène intellectuelle, et prend les proportions d’une polémique majeure, à partir du moment où Mandeville, auteur de la Fable des abeilles, la lance comme un défi insolent à l’opinion commune, autorisée de longue main par la morale et la religion. En France, plus qu’un débat sur le commerce et la richesse. la querelle du luxe est une querelle philosophique à propos des sciences, des arts et du progrès en général. La question sous-jacente est de savoir si les progrès de la technique et de l’industrie contribuent au bonheur et au bien-être de l’homme ou au contraire à sa perte. C’est notamment Voltaire et Rousseau qui se sont vigoureusement opposés sur cette question. Voltaire est l’un des premiers à déclarer son amour pour le luxe. Le luxe d’après lui n’offre que des avantages : faire marcher l’économie, favoriser les arts, garantir des libertés etc. Il l’exprime paradoxalement dans son poème Le Mondain : “Le superflu, chose très nécessaire.” Par contre, Rousseau se situe clairement en opposition avec lui dès son premeir Discours. Il soutient la thèse selon laquelle la corruption des mœurs accompagne toujours le développement des sciences et des arts. Le luxe prend place dans une société lorsque le citoyen exprime ses propres désirs de confort et de richesses. Or ces désirs créent forcément des inégalités entre chacun. Le luxe nourrit donc les inégalités et détourne les hommes de leur devoir. Diderot, d’une part, condamne comme Rousseau un mauvais luxe né d'un usage insensé de sa fortune, suivi de la corruption des mœurs, de la décadence du goût et de la chute de tous les arts ; d’autre part, il s’éloigne de Jean-Jacques en légitimant un bon luxe, retenu dans de justes bornes par l'esprit de communauté, qui encourage les arts et les fait servir à l'instruction morale. Bref, sans exprimer une idée claire sur le luxe, mais par ses Regrets sur ma vieille robe de chambre, Diderot nous invite à réflechir sur les relations entre l’unité(l’harmonie) et le luxe.
Abstract
Le luxe existe depuis la nuit des temps. Déjà dans le Moyen Âge, on n'ignore pas le luxe manifesté dans les arts. Cependant réservé à la gloire de Dieu, le luxe est considéré comme une indice d'une supériorité hiérarchique. Au XVIIe siècle, l’élégance et le superflu deviennent progressivement une nécessité. Les premières manufactures du luxe apparaissent sous la royauté donnant lieu à de luxueuses productions. Le siècle de Louis XIV est ainsi le siècle du luxe royal par excellence. Mais au XVIIIe siècle, en raison des transformations de la société et du développement de l'économie marchande, se posent différemment la question d'un luxe désormais accessible à une bourgeoisie ascendante et impatiente de rivaliser avec une aristocratie. Et cette question s’installe sur la scène intellectuelle, et prend les proportions d’une polémique majeure, à partir du moment où Mandeville, auteur de la Fable des abeilles, la lance comme un défi insolent à l’opinion commune, autorisée de longue main par la morale et la religion. En France, plus qu’un débat sur le commerce et la richesse. la querelle du luxe est une querelle philosophique à propos des sciences, des arts et du progrès en général. La question sous-jacente est de savoir si les progrès de la technique et de l’industrie contribuent au bonheur et au bien-être de l’homme ou au contraire à sa perte. C’est notamment Voltaire et Rousseau qui se sont vigoureusement opposés sur cette question. Voltaire est l’un des premiers à déclarer son amour pour le luxe. Le luxe d’après lui n’offre que des avantages : faire marcher l’économie, favoriser les arts, garantir des libertés etc. Il l’exprime paradoxalement dans son poème Le Mondain : “Le superflu, chose très nécessaire.” Par contre, Rousseau se situe clairement en opposition avec lui dès son premeir Discours. Il soutient la thèse selon laquelle la corruption des mœurs accompagne toujours le développement des sciences et des arts. Le luxe prend place dans une société lorsque le citoyen exprime ses propres désirs de confort et de richesses. Or ces désirs créent forcément des inégalités entre chacun. Le luxe nourrit donc les inégalités et détourne les hommes de leur devoir. Diderot, d’une part, condamne comme Rousseau un mauvais luxe né d'un usage insensé de sa fortune, suivi de la corruption des mœurs, de la décadence du goût et de la chute de tous les arts ; d’autre part, il s’éloigne de Jean-Jacques en légitimant un bon luxe, retenu dans de justes bornes par l'esprit de communauté, qui encourage les arts et les fait servir à l'instruction morale. Bref, sans exprimer une idée claire sur le luxe, mais par ses Regrets sur ma vieille robe de chambre, Diderot nous invite à réflechir sur les relations entre l’unité(l’harmonie) et le luxe.
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