제라르 마세의 시집 La Mémoire aime chasser dans le noir 연구 - 사진 이미지 중심으로
La photographie dans La Mémoire aime chasser dans le noir de Gérard Macé
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초록
Ce travail vise à mettre en évidence le rapport qu’entretient la création littéraire et l'image dans La Mémoire aime chasser dans le noir. Comme le remarque Laurent Demanze, Gérard Macé y a créé 《une poétique de la mémoire》 grâce à 《la précision des savoirs et l'enchantement de la rêverie》. La tradition classique, comme la mythologie et le symbolisme, traverse cette œuvre. Notre analyse mettra en valeur trois aspects principaux : la fantaisie de la mémoire, l'autre, et le signe de la mort et l’illusion de l’éternité. Gérard Macé puise l'essence de sa poésie dans son enfance. Ses mémoires personnelles ressuscitent des images photographiques et des rêves regrettés : les rêves aussi 《brefs que l'éclair photographique》 fuient vers 《le Léthé》. La photo et les rêves évoquent 《Eurydice》, personnage de la mythologie grecque, et sa disparation. Les mythes qui constituent une mémoire collective sont ainsi intégrés à la mémoire personnelle de l’auteur, à son enfance. La mémoire est un élément essentiel à la source de toute création ; elle est à la fois 《rétrospective et prospective》 comme le souligne Carlo Pasi. Gérard Macé recherche son identité en la mettant en relation avec d'autres. En effet semblant transcrire fidèlement le réel, les photos, les rêves et les reflets ne sont en fait que les images d’un ‘autre' qui font entrer le doute en soi. 'L'autre' résulte de la distance foncière entre le référent et l'image. Le poète explore l'entité mystérieuse de l'existence. Il s'interroge sur l'identité en citant Amour, Phœbus, Lusignan, Biron dans “El Dechiado”, poésie de Nerval. De même, des poètes tels que Baudelaire et Nerval, omniprésents dans les œuvres de Gérard Macé, rappellent l'existence de 'l'autre'. Les références à ces personnages médiévaux et mythiques et à ces poètes aggravent la crise d'identité. Or ce conflit intérieur semble être un processus essentiel pour déterminer son identité. C’est ce que souligne Laurent Demanze lorsqu’il évoque la nécessité d'une 《altérité》 germinatrice dans 《la genèse de l'identité》. L'image de 'l'autre' apparaissant comme un double crée un sentiment d’étrangeté. Le double narcissique éveille un soupçon sur l’identité qui pourrait menacer la vie. C'est 'un signe' de la mort que nous retrouvons dans la photographie. Le photographe serait comme un messager annonciateur de la mort et les photographiés, ses victimes. Leur rapport fait penser à celui des Africains et des photographes occidentaux en Afrique qui volent 《les âmes à travers les images》. Pourtant, nous observons l'énergie dynamique de la vie palpiter dans la photo immobile. Le temps dans la photo s'emmêle : le passé dans la photo revient en tant que passé et les spectateurs oscillent entre le passé et le présent. Sylviane Agacinski qualifie ce concept d’《anachronisme》. Nous libérant de la peur de la mort, la photo nous laisse ainsi aspirer à la survivance. Mais malgré l'apparence de vie, la photo n'est qu'une image vide qui fait rêver en vain de la vie éternelle. La mémoire du poète transparaît sous la forme de la photo, énigme temporelle à déchiffrer. Produit de la civilisation mécanique, la photo implique un monde spirituel, celui du rêve, de l'inconscient, de la mort voire de l'éternité. Grâce à l'imagination, la mémoire du passé, personnelle et collective, source de l'invention, ouvre la porte de l'avenir. L’originalité de la poésie de Gérard Macé réside dans ce travail de remémoration.
Abstract
Ce travail vise à mettre en évidence le rapport qu’entretient la création littéraire et l'image dans La Mémoire aime chasser dans le noir. Comme le remarque Laurent Demanze, Gérard Macé y a créé 《une poétique de la mémoire》 grâce à 《la précision des savoirs et l'enchantement de la rêverie》. La tradition classique, comme la mythologie et le symbolisme, traverse cette œuvre. Notre analyse mettra en valeur trois aspects principaux : la fantaisie de la mémoire, l'autre, et le signe de la mort et l’illusion de l’éternité. Gérard Macé puise l'essence de sa poésie dans son enfance. Ses mémoires personnelles ressuscitent des images photographiques et des rêves regrettés : les rêves aussi 《brefs que l'éclair photographique》 fuient vers 《le Léthé》. La photo et les rêves évoquent 《Eurydice》, personnage de la mythologie grecque, et sa disparation. Les mythes qui constituent une mémoire collective sont ainsi intégrés à la mémoire personnelle de l’auteur, à son enfance. La mémoire est un élément essentiel à la source de toute création ; elle est à la fois 《rétrospective et prospective》 comme le souligne Carlo Pasi. Gérard Macé recherche son identité en la mettant en relation avec d'autres. En effet semblant transcrire fidèlement le réel, les photos, les rêves et les reflets ne sont en fait que les images d’un ‘autre' qui font entrer le doute en soi. 'L'autre' résulte de la distance foncière entre le référent et l'image. Le poète explore l'entité mystérieuse de l'existence. Il s'interroge sur l'identité en citant Amour, Phœbus, Lusignan, Biron dans “El Dechiado”, poésie de Nerval. De même, des poètes tels que Baudelaire et Nerval, omniprésents dans les œuvres de Gérard Macé, rappellent l'existence de 'l'autre'. Les références à ces personnages médiévaux et mythiques et à ces poètes aggravent la crise d'identité. Or ce conflit intérieur semble être un processus essentiel pour déterminer son identité. C’est ce que souligne Laurent Demanze lorsqu’il évoque la nécessité d'une 《altérité》 germinatrice dans 《la genèse de l'identité》. L'image de 'l'autre' apparaissant comme un double crée un sentiment d’étrangeté. Le double narcissique éveille un soupçon sur l’identité qui pourrait menacer la vie. C'est 'un signe' de la mort que nous retrouvons dans la photographie. Le photographe serait comme un messager annonciateur de la mort et les photographiés, ses victimes. Leur rapport fait penser à celui des Africains et des photographes occidentaux en Afrique qui volent 《les âmes à travers les images》. Pourtant, nous observons l'énergie dynamique de la vie palpiter dans la photo immobile. Le temps dans la photo s'emmêle : le passé dans la photo revient en tant que passé et les spectateurs oscillent entre le passé et le présent. Sylviane Agacinski qualifie ce concept d’《anachronisme》. Nous libérant de la peur de la mort, la photo nous laisse ainsi aspirer à la survivance. Mais malgré l'apparence de vie, la photo n'est qu'une image vide qui fait rêver en vain de la vie éternelle. La mémoire du poète transparaît sous la forme de la photo, énigme temporelle à déchiffrer. Produit de la civilisation mécanique, la photo implique un monde spirituel, celui du rêve, de l'inconscient, de la mort voire de l'éternité. Grâce à l'imagination, la mémoire du passé, personnelle et collective, source de l'invention, ouvre la porte de l'avenir. L’originalité de la poésie de Gérard Macé réside dans ce travail de remémoration.
참고문헌 (22)
- "La Mémoire aime chasser dans le noir" (1993), Gallimard
- "Vie antérieures" (1991), Gallimard
- Le Promeneur, "Je suis l'autre" (2007)
- Demanze, Laurent, "Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon" (2008), José Corti
- Demanze, Laurent, "Gérard Macé. L'Invention de la mémoire" (2009), José Corti
- Demanze, Laurent, "Gérard Macé : L'Entour et le détour", @nalyses, 5(3) (2010)
- Favrod, Charles-Henri, "Image & Signes, Lectures de Gérard Macé" (2001), Le Temps qu'il fait
- Gros, Karine, "L'OEuvre de Gérard Macé, une oltracuidansa poetica" (2009), Nota bene
- Pasi, Carlo, "Image & Signes, Lectures de Gérard Macé" (2001), Le Temps qu'il fait
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- 김현아, "La photographie aux confins de la mort", 프랑스학연구, (62), pp.69~89 (2012), 프랑스학회
- 정광흠, "네르발의 '레 쉬메르Les Chimeres'에서 나타나는 고대 신화의 여신관과 '위대한 어머니 상'", 프랑스문화예술연구, (12), pp.211~239 (2004), 프랑스문화예술학회
- Agacinski, Sylviane, "Le Passseur de temps : Modernité et nostalgie" (2000), Seuil
- Edwards, Paul, "Soleil noir : photographie et littérature des origines au surréalisme" (2008), Presses universitaires de Rennes
- Freud, Sigmund, "Métaphores photographique" (1968), Gallimard
- Freud, Sigmund, "L’inquiétante Étrangeté et autres essais" (1985), Éditions Gallimard
- Kofman, Sarah, "Caméra obscura. De l'idéologie" (1973), Galilée
- 롤랑 바르트, "밝은 방 : 사진에 관한 노트" (2006), 동문선
- 미셀 투르니에, "황금 구슬" (2007), 문학동네
- 수전 손택, "사진에 관하여" (2005), 이후
- 앙드레 바쟁, "영화란 무엇인가?" (2013), 사문난적
- 피에르 부르디, "중간 예술" (2004), 현실문화연구
