보들레르 작품에 나타난 새로운 흑인 여성상
Les nouvelles figures de la femme noire chez Baudelaire
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초록
Cet article a pour objet d’étudier les figures féminines de négresses chez Baudelaire à travers l’image d’une esclave affranchie Dorothée Dorneil et d’une actrice mulâtre Jeanne Duval, ainsi que d’ouvrir de nouvelles perspectives concernant l’interprétation littéraire de la femme noire et de révéler leur spiritualité dans les Fleurs du Mal. Au début du XIXe siècle, des écrivains créoles, tels que Leconte de Lisle ou Auguste Lacaussade habitaient à Paris. Certains auteurs, comme Eugène Sue et Théophile Gautier, ont créé dans leurs œuvres un portrait créole très érotique, provocant et voire satanique. En réalité, la plupart de la population africaine qui résidait dans la capitale française vivait en marge de la société ; cela concernait tout particulièrement les femmes noires qui étaient vues comme plus passionnées et désinhibées que les femmes blanches. C’est dans ce contexte que, sur une décision du conseil de famille, le jeune Baudelaire fut envoyé aux Indes. Bien que ce voyage se soit achevé de façon prématurée, le séjour dans les îles Mascareignes et sa rencontre avec Dorothée laissèrent une très forte impression et devinrent l’une de ses principales sources d’inspiration. Dès son retour en France, il fait la connaissance de la métisse Jeanne Lemer, qui changera plus tard son nom en Jeanne Duval. La critique baudelairienne a tendance à la stéréotyper en lui octroyant une image très sensuelle et lascive, et en la surnommant “La Vénus noire” par rapport à Mme Sabatier. Pourtant Joseph Nnadi, dans une tentative de “décolonisation” de la critique baudelairienne, souligne la différence entre Baudelaire et d’autres auteurs, tels Hugo et Gautier, qui se limitent au domaine de la sensualité dans leur portrait de la femme noire. De plus, Elvire Maurouard insiste sur le fait que Jeanne Duval nourrit l’esthétique baudelairienne non seulement par son origine géographique et ses traits physiques mais aussi par ses attributs moraux. C’est ainsi que nous tenterons de montrer le côté spirituel chez les négresses dans l’œuvre de Baudelaire. Tout d’abord, nous observons que l’Afrique chez Baudelaire est, d’une part, un lieu réel directement influencé par son séjour à l’île Maurice et à l’île Bourbon et, d’autre part, un espace imaginaire recréé par ses souvenirs et par les odeurs. Par ailleurs, l’Afrique est un idéal que le poète cherche à atteindre et un paradis perdu d’où il est revenu. Ensuite, nous examinerons la description physique des femmes noires d’origine africaine. C’est une femme à la peau noire et satinée avec des cheveux noirs et bouclés ; ses hanches sont larges ; mais sa poitrine relativement petite et plate. Ce contraste du corps féminin lui donne une apparence sinueuse et un mouvement onduleux. Au-delà de ces traits ethniques courants chez la femme de couleur, son allure animale et ses lourds bijoux exotiques sont eux aussi des composants majeurs de la beauté noire. En outre, nous remarquons que Baudelaire, en s’appuyant sur ces diverses images de la femme noire, a créé deux caractéristiques : un animal sauvage en captivité et un vampire séduisant sa victime. Ce faisant, Baudelaire présente la transformation de Dorothée, libre et vivante dans son pays tropical, en Jeanne Duval, devenue prostituée en métropole. D’après Graham Robb, Baudelaire utilise des motifs érotiques pour suggérer des idées spirituelles et religieuses. Dans cette perspective, nous observons alors que les yeux noirs et brillants des négresses possèdent non seulement clarté et ardeur, mais représentent aussi innocence et idéal. De plus, ils peuvent pénétrer jusqu’au fond des choses et reflètent le moi intérieur profond et mystérieux. Pour leur donner un sens significatif et symbolique, Baudelaire compare les yeux noirs des femmes de couleur à l’être mythique qu’est le Sphinx. Enfin, contrairement aux écrivains qui ne voient chez les femmes de couleur qu’un érotisme exacerbé, Baudelaire est le seul qui perçoive leur vraie beauté noire, montre leur spiritualité cachée et enfin les immortalise.
Abstract
Cet article a pour objet d’étudier les figures féminines de négresses chez Baudelaire à travers l’image d’une esclave affranchie Dorothée Dorneil et d’une actrice mulâtre Jeanne Duval, ainsi que d’ouvrir de nouvelles perspectives concernant l’interprétation littéraire de la femme noire et de révéler leur spiritualité dans les Fleurs du Mal. Au début du XIXe siècle, des écrivains créoles, tels que Leconte de Lisle ou Auguste Lacaussade habitaient à Paris. Certains auteurs, comme Eugène Sue et Théophile Gautier, ont créé dans leurs œuvres un portrait créole très érotique, provocant et voire satanique. En réalité, la plupart de la population africaine qui résidait dans la capitale française vivait en marge de la société ; cela concernait tout particulièrement les femmes noires qui étaient vues comme plus passionnées et désinhibées que les femmes blanches. C’est dans ce contexte que, sur une décision du conseil de famille, le jeune Baudelaire fut envoyé aux Indes. Bien que ce voyage se soit achevé de façon prématurée, le séjour dans les îles Mascareignes et sa rencontre avec Dorothée laissèrent une très forte impression et devinrent l’une de ses principales sources d’inspiration. Dès son retour en France, il fait la connaissance de la métisse Jeanne Lemer, qui changera plus tard son nom en Jeanne Duval. La critique baudelairienne a tendance à la stéréotyper en lui octroyant une image très sensuelle et lascive, et en la surnommant “La Vénus noire” par rapport à Mme Sabatier. Pourtant Joseph Nnadi, dans une tentative de “décolonisation” de la critique baudelairienne, souligne la différence entre Baudelaire et d’autres auteurs, tels Hugo et Gautier, qui se limitent au domaine de la sensualité dans leur portrait de la femme noire. De plus, Elvire Maurouard insiste sur le fait que Jeanne Duval nourrit l’esthétique baudelairienne non seulement par son origine géographique et ses traits physiques mais aussi par ses attributs moraux. C’est ainsi que nous tenterons de montrer le côté spirituel chez les négresses dans l’œuvre de Baudelaire. Tout d’abord, nous observons que l’Afrique chez Baudelaire est, d’une part, un lieu réel directement influencé par son séjour à l’île Maurice et à l’île Bourbon et, d’autre part, un espace imaginaire recréé par ses souvenirs et par les odeurs. Par ailleurs, l’Afrique est un idéal que le poète cherche à atteindre et un paradis perdu d’où il est revenu. Ensuite, nous examinerons la description physique des femmes noires d’origine africaine. C’est une femme à la peau noire et satinée avec des cheveux noirs et bouclés ; ses hanches sont larges ; mais sa poitrine relativement petite et plate. Ce contraste du corps féminin lui donne une apparence sinueuse et un mouvement onduleux. Au-delà de ces traits ethniques courants chez la femme de couleur, son allure animale et ses lourds bijoux exotiques sont eux aussi des composants majeurs de la beauté noire. En outre, nous remarquons que Baudelaire, en s’appuyant sur ces diverses images de la femme noire, a créé deux caractéristiques : un animal sauvage en captivité et un vampire séduisant sa victime. Ce faisant, Baudelaire présente la transformation de Dorothée, libre et vivante dans son pays tropical, en Jeanne Duval, devenue prostituée en métropole. D’après Graham Robb, Baudelaire utilise des motifs érotiques pour suggérer des idées spirituelles et religieuses. Dans cette perspective, nous observons alors que les yeux noirs et brillants des négresses possèdent non seulement clarté et ardeur, mais représentent aussi innocence et idéal. De plus, ils peuvent pénétrer jusqu’au fond des choses et reflètent le moi intérieur profond et mystérieux. Pour leur donner un sens significatif et symbolique, Baudelaire compare les yeux noirs des femmes de couleur à l’être mythique qu’est le Sphinx. Enfin, contrairement aux écrivains qui ne voient chez les femmes de couleur qu’un érotisme exacerbé, Baudelaire est le seul qui perçoive leur vraie beauté noire, montre leur spiritualité cachée et enfin les immortalise.
참고문헌 (27)
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