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에메 세제르(Aimé Césaire)와 1960년대 퀘벡문학

Aimé Césaire et la littérature québécoise des années 1960

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Dans son Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire écrit, “la civilisation dite ‘européenne’, la civilisation ‘occidentale’, telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, (...) est incapable de résoudre (...) le problème du prolétariat et le problème colonial”. Cette constatation influence beaucoup sur les poètes québécois, tels que Gaston Miron et Paul Chamberland. Ce sont ceux qui écrivent dans les revues Libérté et Parti pris pour la décolonisation du Québec à travers leurs paroles à la fois poétiques et politiques comme lyriques et épiques. En 1955, la lecture d’Aimé Césaire confirme à Gaston Miron dans son écriture de postcolonialisme, et il commene à parler de ce “grand poète noir”(que Jean-Paul Sartre appelle Césaire) à partir de 1958 dans les lettres à Claude Haeffely. Là, il dit, “Aimé Césaire accepte d’ê̂tre un noir jusqu’aux os, accepte ses atavismes, etc. afin de retrouver ses sources primitives, inaliénables”. Tous les poèmes qu’il va publier par la suite dans la revue Liberté des années 1960 renferment justement ces déterminations mironniennes : “J’accepte tout ce que je suis, ce qu’on m’a fait, parce qu’autrement c’est me détruire”. Miron va ainsi par son écriture se reconstruire et rapailler l’homme québécois, dominé et aliéné, pour en faire “tout l’homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs”. La revue Parti pris déclare dès le premier numéro que la parole doit servir aux québécois ou aux écrivains québécois, (non pas écrivants) de “créer une vérité qui atteigne et transforme à la fois la réalité de [leur] société”. L’un des fondateurs de cette revue, Paul Chamberland, fort influencé par le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire lui dédie son poème “Méridien de la colère”. Il écrit, après la lecture de la Culture et colonisation de Césaire qui a été reproduite dans un numéro de Liberté en janvier 1963, un article intitulé “Aliénation culturelle et révolution nationale” dans Parti pris en novembre 1963. Pour lui, retourner au pays natal c’est retourner à l’homme réel, au pays réel, et il lui faut prendre conscience que sa culture soit en état d’aliénation. Les écrivains québécois dans les années 1960 devaient donc produire de leurs propres façons “l’accent noir” d’Aimé Césaire qui parle pour les colonisateurs, “pour vous qui un matin entasserez dans votre besace mes mots et prendrez à l'heure où sommeillent les enfants de la peur, // l’oblique chemin des fuites et des monstres”.

Abstract

Dans son Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire écrit, “la civilisation dite ‘européenne’, la civilisation ‘occidentale’, telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, (...) est incapable de résoudre (...) le problème du prolétariat et le problème colonial”. Cette constatation influence beaucoup sur les poètes québécois, tels que Gaston Miron et Paul Chamberland. Ce sont ceux qui écrivent dans les revues Libérté et Parti pris pour la décolonisation du Québec à travers leurs paroles à la fois poétiques et politiques comme lyriques et épiques. En 1955, la lecture d’Aimé Césaire confirme à Gaston Miron dans son écriture de postcolonialisme, et il commene à parler de ce “grand poète noir”(que Jean-Paul Sartre appelle Césaire) à partir de 1958 dans les lettres à Claude Haeffely. Là, il dit, “Aimé Césaire accepte d’ê̂tre un noir jusqu’aux os, accepte ses atavismes, etc. afin de retrouver ses sources primitives, inaliénables”. Tous les poèmes qu’il va publier par la suite dans la revue Liberté des années 1960 renferment justement ces déterminations mironniennes : “J’accepte tout ce que je suis, ce qu’on m’a fait, parce qu’autrement c’est me détruire”. Miron va ainsi par son écriture se reconstruire et rapailler l’homme québécois, dominé et aliéné, pour en faire “tout l’homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs”. La revue Parti pris déclare dès le premier numéro que la parole doit servir aux québécois ou aux écrivains québécois, (non pas écrivants) de “créer une vérité qui atteigne et transforme à la fois la réalité de [leur] société”. L’un des fondateurs de cette revue, Paul Chamberland, fort influencé par le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire lui dédie son poème “Méridien de la colère”. Il écrit, après la lecture de la Culture et colonisation de Césaire qui a été reproduite dans un numéro de Liberté en janvier 1963, un article intitulé “Aliénation culturelle et révolution nationale” dans Parti pris en novembre 1963. Pour lui, retourner au pays natal c’est retourner à l’homme réel, au pays réel, et il lui faut prendre conscience que sa culture soit en état d’aliénation. Les écrivains québécois dans les années 1960 devaient donc produire de leurs propres façons “l’accent noir” d’Aimé Césaire qui parle pour les colonisateurs, “pour vous qui un matin entasserez dans votre besace mes mots et prendrez à l'heure où sommeillent les enfants de la peur, // l’oblique chemin des fuites et des monstres”.

참고문헌 (29)

  1. BERQUE, Jacques, "Les révoltés du Québec", Parti pris, 1(3) (1963)
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  4. CÉSAIRE, Aimé, "Discours sur le colonialisme, suivi de Discours sur la Négritude" (2004), Présence africaine
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  6. CÉSAIRE, Aimé, "Cahier d’un retour au pays natal" (1983), Présence africaine
  7. CHAMBERLAND, Paul, "Aliénation culturelle et révolution nationale", Parti pris, (3) (1963)
  8. CHAMBERLAND, Paul, "Dire ce que je suis", Parti pris, 2(5) (1965)
  9. CHAMBERLAND, Paul, "Nous ne sommes pas au monde : Giguère, Péloquin", Parti pris, 3(7) (1966)
  10. CHAMBERLAND, Paul, "Terre Québec, suivi de L’afficheur hurle et de L’inavouable" (2003), Typo
  11. COMBE, Dominique, "Formes américaines de la poésie, Vingt esssais" (2013), The Edwin Mellan Press
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  14. MIRON, Gaston, "Un long chemin", Parti pris, 2(5) (1965)
  15. MIRON, Gaston, "Notes sur le non-poème et le poème", extraits, Parti pris, 2(10-11) (1965)
  16. MIRON, Gaston, "À bout portant, correspondance de Gaston Miron à Claude Haeffely 1954-1965" (1989), Leméac
  17. MIRON, Gaston, "L’homme rapaillé" (1994), l'Hexagone
  18. MIRON, Gaston, "L’avenir dégagé, Entretiens 1959-1993" (2010), l'Hexagone
  19. NEPVEU, Pierre, "la vie d’un homme" (2011), Boréal
  20. PRÉFONTAINE, Yves, "Engagement vs enracinement", Liberté, (17) (1961)
  21. RIMBAUD, Arthur, "Oeuvres complètes" (1972), Gallimard
  22. SARTRE, Jean-Paul, "Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française" (2005), Puf
  23. SENGHOR, Léopold Sédar, "Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française" (2005), Puf
  24. VALLIÈRES, Pierre, "Nègres blancs d’Amérique" (1994), Typo
  25. "Liberté, no 1, janvier-février", ~ (1959)
  26. "Liberté, no 26, mars-avril", ~ (1963)
  27. "Liberté, no 27, mai-juin", ~ (1963)
  28. "Parti pris, no 1, octobre", ~ (1963)
  29. "Parti pris, no 3, décembre", ~ (1963)

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