사랑/죽음으로의 도피 – 장 아누이의 『메데Médée』 연구
L’évasion de l’amour et de la mort – Une étude de Médée de Jean Anouilh
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초록
Le but de ce travail est d'analyser, basé sur l’aspect de l’évasion, Médée de Jean Anouilh. L’évasion est un thème intéressant parce que la révolte anouilhienne contre la condition humaine pourrait ê̂tre concrétisée par l’acte de fuir de ce monde déchu. La fuite a commencé par l’amour, qui est une voie d’évasion dans la mesure où on s’oublie dans l’ê̂tre aimé. Or dès le commencement, il y avait une limite parce que c’était une sorte de l’amour de soi-mê̂me, et que leur idéal d’amour est présenté comme une amitié entre les petits frères ou les soldats. En plus Jason a brusquement senti Médée comme un fardeau. Cette déformation de l’amour est d’autant plus absurde qu’il n’y a aucune raison précise. Le tragique anouilhien se trouve dans le fait que toutes les valeurs, y compris l’amour, s’altèrent par la durée mê̂me de la vie. La fin de leur amour signifie celle de leur fuite. Jason décide d’accepter le monde, les compromis des hommes. Ce qu’il espère du mariage avec Creuse, en abandonnant Médée et leur évasion, c’est le bonheur, c’est-à-dire le renoncement à l’idéal de pureté pour s’adapter au relatif et au quotitien. Ce bonheur n’est pas possible pour Médée qui est ‘délivrée’ et ‘redevenue Médée’ par leur séparation. Cela veut dire qu’elle a retrouvé son identité héroï̈que qui est reliée inévitablement à son nom mythique. Contrairement au mythe où Médée reprend son évasion, Médée d’Anouilh choisit la mort. Pour cette héroï̈ne qui ne veut ni peut accepter la condition humaine, la mort est à la fois le refus et l’évasion de la vie. Or ce qui est remarquable dans ce dénouement, c’est son absurdité et sa gratuité. Puisque Médée n’aime plus Jason depuis longtemps, il n’existe pas de motif psychologique pour la vengeance qui entraî̂ne le massacre de ses enfants. Une fracture s’installe ainsi entre la logique du mythe et celle de l’action dramatique anouilhienne. Si elle s’obstine à la vengeance et à la mort, c’est qu’elle est condamnée à jouer le rô̂le par son nom mythique qui ne lui permet pas de fuir dans le monde déchu. Elle choisit donc une mort volontaire. Pourtant la vie médiocre continue mê̂me après sa mort, ce qui est montré par la dernière scène. Le tragique du monde anouilhien se trouve donc dans le fait que la liberté ou le choix des personnages se réduit souvent au simple rô̂le prédéterminé qu'ils doivent assumer. Il en est de mê̂me pour l’auteur qui est lui aussi prisonnier du sujet qu’il a choisi et obligé de reprendre la tradition littéraire mythique. Par cette dramaturgie de l’absurdité et de gratuité, il achève le tragique de son monde théâ̂tral.
Abstract
Le but de ce travail est d'analyser, basé sur l’aspect de l’évasion, Médée de Jean Anouilh. L’évasion est un thème intéressant parce que la révolte anouilhienne contre la condition humaine pourrait ê̂tre concrétisée par l’acte de fuir de ce monde déchu. La fuite a commencé par l’amour, qui est une voie d’évasion dans la mesure où on s’oublie dans l’ê̂tre aimé. Or dès le commencement, il y avait une limite parce que c’était une sorte de l’amour de soi-mê̂me, et que leur idéal d’amour est présenté comme une amitié entre les petits frères ou les soldats. En plus Jason a brusquement senti Médée comme un fardeau. Cette déformation de l’amour est d’autant plus absurde qu’il n’y a aucune raison précise. Le tragique anouilhien se trouve dans le fait que toutes les valeurs, y compris l’amour, s’altèrent par la durée mê̂me de la vie. La fin de leur amour signifie celle de leur fuite. Jason décide d’accepter le monde, les compromis des hommes. Ce qu’il espère du mariage avec Creuse, en abandonnant Médée et leur évasion, c’est le bonheur, c’est-à-dire le renoncement à l’idéal de pureté pour s’adapter au relatif et au quotitien. Ce bonheur n’est pas possible pour Médée qui est ‘délivrée’ et ‘redevenue Médée’ par leur séparation. Cela veut dire qu’elle a retrouvé son identité héroï̈que qui est reliée inévitablement à son nom mythique. Contrairement au mythe où Médée reprend son évasion, Médée d’Anouilh choisit la mort. Pour cette héroï̈ne qui ne veut ni peut accepter la condition humaine, la mort est à la fois le refus et l’évasion de la vie. Or ce qui est remarquable dans ce dénouement, c’est son absurdité et sa gratuité. Puisque Médée n’aime plus Jason depuis longtemps, il n’existe pas de motif psychologique pour la vengeance qui entraî̂ne le massacre de ses enfants. Une fracture s’installe ainsi entre la logique du mythe et celle de l’action dramatique anouilhienne. Si elle s’obstine à la vengeance et à la mort, c’est qu’elle est condamnée à jouer le rô̂le par son nom mythique qui ne lui permet pas de fuir dans le monde déchu. Elle choisit donc une mort volontaire. Pourtant la vie médiocre continue mê̂me après sa mort, ce qui est montré par la dernière scène. Le tragique du monde anouilhien se trouve donc dans le fait que la liberté ou le choix des personnages se réduit souvent au simple rô̂le prédéterminé qu'ils doivent assumer. Il en est de mê̂me pour l’auteur qui est lui aussi prisonnier du sujet qu’il a choisi et obligé de reprendre la tradition littéraire mythique. Par cette dramaturgie de l’absurdité et de gratuité, il achève le tragique de son monde théâ̂tral.
참고문헌 (13)
- Jean Anouilh, "Médée" (1946), Edition de la Table Ronde
- Jean Anouilh, "Antigone" (1946), Edition de la Table Ronde
- Gaston Berger, "Les critiques de notre temps et Anouilh" (1977), Garnier
- Jacqueline Blancart-Cassou, "Jean Anouilh. Les jeux d'un pessimiste" (2007), Publications de l'Université de Provence
- André Espiau de La Maëstre, "Les critiques de notre temps et Anouilh" (1977), Garnier
- Rachel Juan, "Le thème de l'évasion dans le théâtre de Jean Anouilh" (1993), Nizet
- Sandrine Legrand, "“Je suis Médée” ou la fatalité du mythe. Etude de la Médée d’Anouilh", Uranie, (5) (1995)
- Guy Mermier, "Les critiques de notre temps et Anouilh" (1977), Garnier
- S. B. John, "Les critiques de notre temps et Anouilh" (1977), Garnier
- Robert de Luppé, "Les critiques de notre temps et Anouilh" (1977), Garnier
- Henri Lemaître, "L'aventure littéraire du XXe siècle 1920-1960" (1984), Bordas
- Jacques Plainemaison, "Les mythes antiques dans le théâtre de Jean Anouilh", Revue d'Histoire du Théâtre, (3) (2003)
- 데이비드 브래드비, "현대 프랑스 연극 1940~1990" (2011), 지만지
