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‘이야기할 수 없음’과 ‘이야기’에 대하여 - 모리스 블랑쇼의 『죽음의 선고』를 중심으로

‘L’indicible’ et ‘le récit’ - autour de L’Arrê̂t de mort de Maurice Blanchot

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초록

L’Arrêt de mort, le premier récit de Blanchot, paru en 1948, marque la transition du roman au récit chez Blanchot. Le récit, selon lui, commence là où le roman s’arrê̂te. Alors que le roman est une relation des événements qui ont lieu réellement, le récit ne relate que lui-mê̂me. Le récit n’est pas la relation de l’événement, mais cet événement même. Le seul épisode du récit est celui de la rencontre impossible d’Ulysse et du chant des Sirènes encore à venir. L’événement du récit est à proprement parler l’indicible, et faire un récit devient impossible. L’Arrêt de mort, fidèle à cette définition du récit, raconte l’indicible, multiplie les stratégies narratives pour se poursuivre malgré tout. Le discours se dédouble d’un méta-discours et s’organise autour du mode déceptif par retardement, ambiguïsation, rature et annulation. Le secret s’annonce mais ne se précise jamais, ainsi vidé de tout contenu, le récit se réduit au statut d’un pur signifiant comme le chant des Sirènes toujours à venir. L’Arrêt de mort, à cause de l’indécidabilité foncière de son titre et sa narration a fait l’objet d’une lecture déconstructive et a été salué comme une structure du récit en déconstruction par excellence. Mais quel est le sens de cette déconstruction? Toutes ces caractéristiques du récit- impossibilité, indécidabilité, ambiguï̈té, creusement du sens jusqu’au vide – sont aussi des éléments constitutifs des deux mythes– le chant de Sirènes et le regard d’Orphée – réinterprétés par Blanchot comme mythes de l’expérience originelle de l’oeuvre. L’Arrêt de mort serait donc le métaphore de l’écriture et pourrait se lire comme récit du récit. Le récit est un lieu de l’indécision la plus dangereuse par laquelle l’essence du langage est radicalement remise en cause. Dans le récit se déploie le dehors où “on meurt”, là où on touche le fond d’impuissance et on est livré au non-vrai. Mais l’insignifiant, l’inessentiel, l’erreur pourrait à celui qui en accepte le risque et s’y livre sans retenue se révéler comme la source de toute authenticité. C’est pourquoi l’espace littéraire de Blanchot tend vers ce dehors où l’oeuvre est à l’épreuve du désoeuvrement éternel.

Abstract

L’Arrêt de mort, le premier récit de Blanchot, paru en 1948, marque la transition du roman au récit chez Blanchot. Le récit, selon lui, commence là où le roman s’arrê̂te. Alors que le roman est une relation des événements qui ont lieu réellement, le récit ne relate que lui-mê̂me. Le récit n’est pas la relation de l’événement, mais cet événement même. Le seul épisode du récit est celui de la rencontre impossible d’Ulysse et du chant des Sirènes encore à venir. L’événement du récit est à proprement parler l’indicible, et faire un récit devient impossible. L’Arrêt de mort, fidèle à cette définition du récit, raconte l’indicible, multiplie les stratégies narratives pour se poursuivre malgré tout. Le discours se dédouble d’un méta-discours et s’organise autour du mode déceptif par retardement, ambiguïsation, rature et annulation. Le secret s’annonce mais ne se précise jamais, ainsi vidé de tout contenu, le récit se réduit au statut d’un pur signifiant comme le chant des Sirènes toujours à venir. L’Arrêt de mort, à cause de l’indécidabilité foncière de son titre et sa narration a fait l’objet d’une lecture déconstructive et a été salué comme une structure du récit en déconstruction par excellence. Mais quel est le sens de cette déconstruction? Toutes ces caractéristiques du récit- impossibilité, indécidabilité, ambiguï̈té, creusement du sens jusqu’au vide – sont aussi des éléments constitutifs des deux mythes– le chant de Sirènes et le regard d’Orphée – réinterprétés par Blanchot comme mythes de l’expérience originelle de l’oeuvre. L’Arrêt de mort serait donc le métaphore de l’écriture et pourrait se lire comme récit du récit. Le récit est un lieu de l’indécision la plus dangereuse par laquelle l’essence du langage est radicalement remise en cause. Dans le récit se déploie le dehors où “on meurt”, là où on touche le fond d’impuissance et on est livré au non-vrai. Mais l’insignifiant, l’inessentiel, l’erreur pourrait à celui qui en accepte le risque et s’y livre sans retenue se révéler comme la source de toute authenticité. C’est pourquoi l’espace littéraire de Blanchot tend vers ce dehors où l’oeuvre est à l’épreuve du désoeuvrement éternel.

참고문헌 (11)

  1. Maurice Blanchot, "L’Arrêt de mort" (1948), Gallimard
  2. Maurice Blanchot, "La part du feu" (1949), Gallimard
  3. Maurice Blanchot, "L’espace littéraire" (1955), Gallimard
  4. Maurice Blanchot, "Le livre à venir" (1959), Gallimard
  5. Maurice Blanchot, "L’Entretien infini" (1969), Gallimard
  6. Maurice Blanchot, "La folie du jour" (1973), Montpellier
  7. Derrida, Jacques, "Parages" (1986), Galilée
  8. Fitch, Brian T., "Lire les récits de Maurice Blanchot" (1992), Rodopi
  9. Foucault, Michel, "La Pensée du Dehors" (1966), Minuit
  10. Krysinski, Wladimir, "Ecrivains de la modernité" (1981), Lettres Modernes
  11. Madaule, Pierre, "Une tâche sérieuse?" (1973), Gallimard

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