베케트의 『명명할 수 없는 자 L’Innommable』에 나타난 소설 미학- 소설적 언어를 통한 침묵의 완성에 대하여
Novel Esthetics in L'innommable of Beckett
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초록
La trilogie romanesque de Beckett se compose de Molloy, Malone meurt et L’Innommable. On dirait les trois parties d’une oeuvre plutôt que la trilogie, ces trois romans formant trois parties successives dont la première prend la relève de la deuxième qui à son tour se relaie par la troisième. Leurs histoires s’avèrent identiques à la fin de chaque livre. Le but que nous fixons ici est d’examiner, à partir de ce dernier livre de la triologie, L’Innommable, l’importance du genre romanesque pour l’esthétique de Beckett. Nous nous proposons d’abord de réfléchir au problème de la répétition. Celui qui parle dans L’Innommable est un être qui ne se souvient de rien, n’étant même pas conscient du temps, ni du lieu, ni de son identité. Il se met alors à rechercher la piste de l’histoire précédante dont la fin serait le point de départ de son histoire à lui. La fin de Molloy devient le point de départ de Malone meurt dont les derniers mots joignent la première page de L’Innommable. A mesure que le récit s’avance, la fin s’éloigne d’une façon paradoxale au lieu de se rapprocher. Néanmoins, tout en étant consient de l’impossibilité de finir définitivement, le narrateur ne renonce jamais à poursuivre sa parole. L’unique raison de cette poursuite inutile, c’est qu’il faut continuer même sans connaître pourquoi. Le sort de l’écriture beckettienne est là. Ensuite, c’est le silence qui est le sujet principal de l’exmen. La fin à laquelle les personnages beckettiens aspirent ne sera accessible que lorsque tout sera dit. L’enjeu est là. Les mots s’acheminent vers le silence ultime, qui ne sera point le vide mais la plénitude. Ce silence devient un monde complet et autonome. C’est vers ce monde de silence que les mots de Beckette convergent. Pour conclure, nous mettons en relief l’importance du genre romanesque en ce qui concerne l’attitude de Beckett vis-à-vis de l’art de l’écriture. Cet artiste austère ne sait pas se satisfaire de l’outil relativement maniable dont l’usage lui a permis la diversion libératrice à l’occasion de la rédaction du théâtre, mais retourne avec persistance à sa caverne de l’ascèse, pour se consacrer à créer un monde de silence à partir des mots. C’est pourquoi L’Innommable, situé au coeur de la carrière de l’écrivain, nous montre l’essentiel de l’esthétique beckettienne de l’écriture.
Abstract
La trilogie romanesque de Beckett se compose de Molloy, Malone meurt et L’Innommable. On dirait les trois parties d’une oeuvre plutôt que la trilogie, ces trois romans formant trois parties successives dont la première prend la relève de la deuxième qui à son tour se relaie par la troisième. Leurs histoires s’avèrent identiques à la fin de chaque livre. Le but que nous fixons ici est d’examiner, à partir de ce dernier livre de la triologie, L’Innommable, l’importance du genre romanesque pour l’esthétique de Beckett. Nous nous proposons d’abord de réfléchir au problème de la répétition. Celui qui parle dans L’Innommable est un être qui ne se souvient de rien, n’étant même pas conscient du temps, ni du lieu, ni de son identité. Il se met alors à rechercher la piste de l’histoire précédante dont la fin serait le point de départ de son histoire à lui. La fin de Molloy devient le point de départ de Malone meurt dont les derniers mots joignent la première page de L’Innommable. A mesure que le récit s’avance, la fin s’éloigne d’une façon paradoxale au lieu de se rapprocher. Néanmoins, tout en étant consient de l’impossibilité de finir définitivement, le narrateur ne renonce jamais à poursuivre sa parole. L’unique raison de cette poursuite inutile, c’est qu’il faut continuer même sans connaître pourquoi. Le sort de l’écriture beckettienne est là. Ensuite, c’est le silence qui est le sujet principal de l’exmen. La fin à laquelle les personnages beckettiens aspirent ne sera accessible que lorsque tout sera dit. L’enjeu est là. Les mots s’acheminent vers le silence ultime, qui ne sera point le vide mais la plénitude. Ce silence devient un monde complet et autonome. C’est vers ce monde de silence que les mots de Beckette convergent. Pour conclure, nous mettons en relief l’importance du genre romanesque en ce qui concerne l’attitude de Beckett vis-à-vis de l’art de l’écriture. Cet artiste austère ne sait pas se satisfaire de l’outil relativement maniable dont l’usage lui a permis la diversion libératrice à l’occasion de la rédaction du théâtre, mais retourne avec persistance à sa caverne de l’ascèse, pour se consacrer à créer un monde de silence à partir des mots. C’est pourquoi L’Innommable, situé au coeur de la carrière de l’écrivain, nous montre l’essentiel de l’esthétique beckettienne de l’écriture.
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