들뢰즈의 프루스트론 : 통일성의 재발견
Proust de Deleuze : le retour à l’unité
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초록
De la première version en 1964 jusqu’à la quatrième et dernière en 1976, Deleuze n’a cessé de rajouter, éliminer et remanier des éléments constitutifs à son étude, Proust et les signes. Cette obstination, voire obsession de l’auteur à vouloir analyser le roman proustien montre l’évolution de la position critique de l’auteur face à une problématique qui l’a hanté pendant plus d’une décennie. Au début de ce long itinéraire, Deleuze met l’accent sur l’unité formelle d’À la recherche du temps perdu. Il relève le système des signes dominant l’univers proustien dans lequel le héros apprend à découvrir la vérité de la vie à travers le déchiffrement des signes. Cependant avec le temps Deleuze comprend que ce qui fait l’unité du roman proustien n’est pas dans un système totalisant ou unifiant les divers éléments, puisque qu’il s’agit d’un “monde devenu miettes et chaos” où les fragments renvoient chacun à un ensemble différent. Dans ce monde éclaté et fragmentaire, les boîtes entrouvertes et les vases clos ne forment pas une figure unique, mais des vérités hétérogènes et en débris. Face à ces positions en apparence contradictoires, on peut se demander si l’unité que l’auteur avait soulignée dans la première partie n’était qu’une illusion dont il se serait servi volontiers afin de renforcer sa postion finale soulignant l’émiettement, le fractionnement de l’univers de La Recherche. Or si nous regardons de près il n’en est rien, puisque Deleuze maintient le système d’unité tout au long de son livre. Mais il s’agit d’une unité moderne au sens où elle n’est ni totalisante, ni unifiante. Chacun des éléments primaires ou secondaires constitutifs de La Recherche reste dans son propre monde sans jamais rassembler le multiple à un Tout. Pourtant la communication entre eux est rendue possible grâce à un système de passage: la transversalité. D’une Albertine à l’autre, d’un nom à l’autre, d’une œuvre à l’autre des transversales sont établies. Ainsi l’unité est rétablie sans détruire la multiplicité. L’évolution des pensées de Deleuze sur le roman proustien s’achève donc sur un cercle circulant où l’unité et le fragmentaire se pénètrent à travers la dimension de transversalité.
Abstract
De la première version en 1964 jusqu’à la quatrième et dernière en 1976, Deleuze n’a cessé de rajouter, éliminer et remanier des éléments constitutifs à son étude, Proust et les signes. Cette obstination, voire obsession de l’auteur à vouloir analyser le roman proustien montre l’évolution de la position critique de l’auteur face à une problématique qui l’a hanté pendant plus d’une décennie. Au début de ce long itinéraire, Deleuze met l’accent sur l’unité formelle d’À la recherche du temps perdu. Il relève le système des signes dominant l’univers proustien dans lequel le héros apprend à découvrir la vérité de la vie à travers le déchiffrement des signes. Cependant avec le temps Deleuze comprend que ce qui fait l’unité du roman proustien n’est pas dans un système totalisant ou unifiant les divers éléments, puisque qu’il s’agit d’un “monde devenu miettes et chaos” où les fragments renvoient chacun à un ensemble différent. Dans ce monde éclaté et fragmentaire, les boîtes entrouvertes et les vases clos ne forment pas une figure unique, mais des vérités hétérogènes et en débris. Face à ces positions en apparence contradictoires, on peut se demander si l’unité que l’auteur avait soulignée dans la première partie n’était qu’une illusion dont il se serait servi volontiers afin de renforcer sa postion finale soulignant l’émiettement, le fractionnement de l’univers de La Recherche. Or si nous regardons de près il n’en est rien, puisque Deleuze maintient le système d’unité tout au long de son livre. Mais il s’agit d’une unité moderne au sens où elle n’est ni totalisante, ni unifiante. Chacun des éléments primaires ou secondaires constitutifs de La Recherche reste dans son propre monde sans jamais rassembler le multiple à un Tout. Pourtant la communication entre eux est rendue possible grâce à un système de passage: la transversalité. D’une Albertine à l’autre, d’un nom à l’autre, d’une œuvre à l’autre des transversales sont établies. Ainsi l’unité est rétablie sans détruire la multiplicité. L’évolution des pensées de Deleuze sur le roman proustien s’achève donc sur un cercle circulant où l’unité et le fragmentaire se pénètrent à travers la dimension de transversalité.
참고문헌 (13)
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