「한숨Soupir」를 통해서 본 시적 환기, 음악적 환기 - 말라르메 시와 드뷔시, 라벨 음악 분석1)
Evocation poétique et evocation musicale dans “Soupir” - poème de Mallarmé, musiques de Debussy et de Ravel
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Partant des analyses des mélodies de Debussy et de Ravel qui, en 1913, ont mis en musique chacun à leur manière le poème de Mallarmé intitulé “Soupir”, cette étude a un double but. Premièrement elle permet d'éclairer la manière dont les musiciens ont transposé dans le système musical la spécificité formelle et sémantico-cognitive du poème à partir de l'interprétation qu'ils ont fait sur ces vers. Deuxièment, du point de vue de la théorie cognitive de l'évocation, elle tente de voir comment les musiciens combinent l'évocation poétique et l'évocation musicale fondées sur les deux systèmes fondamentalement différents. Malgré la totale liberté dont jouissent les compositeurs (pas de «forme-mélodie»), leur composition reprend en général la structure générale du texte et au moins celle des parallélismes de surface qui sont les plus évidents, en les «traduisant» chacun à leur manière par des parallélismes musicaux tout aussi évocateurs. En d'autres termes, les musiques analysées ici montrent que les musiciens ont tenté de traduire l'intention originelle du poète, en multipliant musicalement la spécificité du texte, tant thématique que formelle, pour renforcer l'évocation poétique au sens le plus large. Mais la manière dont les musiciens construisent l'évocation, ainsi que les instruments utilisés (piano seul pour Debussy et plusieurs instruments pour Ravel), est différente. Quoique cette différence soit apparente, l'être humain peut percevoir des similitudes dans les deux compositions. Les similitudes relevées dans les mélodies de Ravel et de Debussy fournissent quelques exemples convaincants. La convergence la plus frappante entre ces deux interprétations musicales porte sur les points: ㆍLa mise en évidence du mouvement ascendant et descendant du poème: Debussy a utilisé l'accompagnement de piano dont le prélude dessine le mouvement ascendant et descendant. Ravel l'a rendu par la composition orchestrale restreinte. ㆍLa mise en évidence d'un point culminant au vers 5 (notamment la mise en relief sémantique et formelle de Fidèle): elle est accentuée au niveau du chant dans les deux musiques. ㆍLa tentative de transposition de la symétrie en miroir entre les deux parties: l'aperçu de cet aspect est plus discret, puisque les deux musiciens se basent pour l'essentiel sur la modulation harmonique. Le contraste entre la partie supérieure (monde d'air) et la partie inférieure (monde d'eau) est traduit par le contraste entre l'arpège et l'accord plaqué au niveau de l'accompagnement instrumental. ㆍLa mise en évidence d'une boucle du poème par la reprise du motif initial de l'accompagnement. Cependant, les différences apparaissent. Ravel a accentué la bipartition du poème, en introduisant une coupure radicale (un interlude de trois mesures) entre les deux parties du coup, sa musique paraît plus simple dans sa syntaxe, et masque quelque peu la complexité formelle du poème. Dans le cas de Debussy, qui a suivi l'inflexion syntaxique du poème, la tripartition de la forme de sonate superposée à la bipartition est mise en valeur. De plus, la tension entre l'aspiration vers l'idéal et la résistance qui est amorcée dès le vers 2 (Un automne jonché...) est rendue manifeste par l'intervention du piano qui contraste avec les vers 1 et 3 chantés a capella. Soulignons aussi la manière dont le piano évoque les éléments paysagistes donnés par le poème: par exemple, l'illustration du jet d'eau, des feuilles mortes, du reflet dans l'eau, etc. Enfin, quels que soient les écarts entre les deux interprétations, la sémantique du texte est conservée dans la mélodie de Ravel comme dans celle de Debussy, et plus encore, elle joue un rôle de guide dans l'interprétation symbolique des musiques en question. La musique contribue tout particulièrement à amplifier l'évocation par le biais de la composition formelle et de l'effet des forces physiques des timbres. Il est donc possible de confirmer le pouvoir infini d'évocation de la musique et de la poésie. Ce pouvoir est basé sur une cognition humaine capable de reconstituer des représentations poétiques et musicales à partir d'indices fragmentaires mis en œuvre, et prend donc en compte la part de liberté d'interprétation laissée à chaque individu.
Abstract
Partant des analyses des mélodies de Debussy et de Ravel qui, en 1913, ont mis en musique chacun à leur manière le poème de Mallarmé intitulé “Soupir”, cette étude a un double but. Premièrement elle permet d'éclairer la manière dont les musiciens ont transposé dans le système musical la spécificité formelle et sémantico-cognitive du poème à partir de l'interprétation qu'ils ont fait sur ces vers. Deuxièment, du point de vue de la théorie cognitive de l'évocation, elle tente de voir comment les musiciens combinent l'évocation poétique et l'évocation musicale fondées sur les deux systèmes fondamentalement différents. Malgré la totale liberté dont jouissent les compositeurs (pas de «forme-mélodie»), leur composition reprend en général la structure générale du texte et au moins celle des parallélismes de surface qui sont les plus évidents, en les «traduisant» chacun à leur manière par des parallélismes musicaux tout aussi évocateurs. En d'autres termes, les musiques analysées ici montrent que les musiciens ont tenté de traduire l'intention originelle du poète, en multipliant musicalement la spécificité du texte, tant thématique que formelle, pour renforcer l'évocation poétique au sens le plus large. Mais la manière dont les musiciens construisent l'évocation, ainsi que les instruments utilisés (piano seul pour Debussy et plusieurs instruments pour Ravel), est différente. Quoique cette différence soit apparente, l'être humain peut percevoir des similitudes dans les deux compositions. Les similitudes relevées dans les mélodies de Ravel et de Debussy fournissent quelques exemples convaincants. La convergence la plus frappante entre ces deux interprétations musicales porte sur les points: ㆍLa mise en évidence du mouvement ascendant et descendant du poème: Debussy a utilisé l'accompagnement de piano dont le prélude dessine le mouvement ascendant et descendant. Ravel l'a rendu par la composition orchestrale restreinte. ㆍLa mise en évidence d'un point culminant au vers 5 (notamment la mise en relief sémantique et formelle de Fidèle): elle est accentuée au niveau du chant dans les deux musiques. ㆍLa tentative de transposition de la symétrie en miroir entre les deux parties: l'aperçu de cet aspect est plus discret, puisque les deux musiciens se basent pour l'essentiel sur la modulation harmonique. Le contraste entre la partie supérieure (monde d'air) et la partie inférieure (monde d'eau) est traduit par le contraste entre l'arpège et l'accord plaqué au niveau de l'accompagnement instrumental. ㆍLa mise en évidence d'une boucle du poème par la reprise du motif initial de l'accompagnement. Cependant, les différences apparaissent. Ravel a accentué la bipartition du poème, en introduisant une coupure radicale (un interlude de trois mesures) entre les deux parties du coup, sa musique paraît plus simple dans sa syntaxe, et masque quelque peu la complexité formelle du poème. Dans le cas de Debussy, qui a suivi l'inflexion syntaxique du poème, la tripartition de la forme de sonate superposée à la bipartition est mise en valeur. De plus, la tension entre l'aspiration vers l'idéal et la résistance qui est amorcée dès le vers 2 (Un automne jonché...) est rendue manifeste par l'intervention du piano qui contraste avec les vers 1 et 3 chantés a capella. Soulignons aussi la manière dont le piano évoque les éléments paysagistes donnés par le poème: par exemple, l'illustration du jet d'eau, des feuilles mortes, du reflet dans l'eau, etc. Enfin, quels que soient les écarts entre les deux interprétations, la sémantique du texte est conservée dans la mélodie de Ravel comme dans celle de Debussy, et plus encore, elle joue un rôle de guide dans l'interprétation symbolique des musiques en question. La musique contribue tout particulièrement à amplifier l'évocation par le biais de la composition formelle et de l'effet des forces physiques des timbres. Il est donc possible de confirmer le pouvoir infini d'évocation de la musique et de la poésie. Ce pouvoir est basé sur une cognition humaine capable de reconstituer des représentations poétiques et musicales à partir d'indices fragmentaires mis en œuvre, et prend donc en compte la part de liberté d'interprétation laissée à chaque individu.
참고문헌 (26)
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