조지 브러멀과 댄디즘에 대하여
Du Dandysme et de George Brummell, essai philosophique sur le dandysme
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초록
En 1845, Barbey d'Aurevilly publie un essai très confidentiel, Du Dandysme et de George Brummell. Ce petit livre est un texte fondamentale, parce qu'il est le premier à deviner la profondeur qui se cache derrière l'apparente frivolité d'un art de vivre fondé sur des riens. Dans ce livre, Bareby d'Aurevilly présente une théorie cohérente du dandysme qui comporte des précisions sur les conditions indispensables à la naissance du dandysme et une analyse de ses finalités, ainsi que des moyens mis en oeuvre pour les atteindre. La condition psychologique nécessaire à l'épanouissement du dandysme est la vanité. En s'opposant à l'opinion commune et àcelle des moralistes, Barbey en fait, dans son livre, un éloge qui n'est pas exempt de provocation ni du désir d'étonner. La vanité apparaît comme le sentiment exagéré de soi, le “pouvoir d'être soi” donné en spectacle à autrui. Or, le dandysme, même approfondi, n'existe que dans la relation à autrui. C'est tout le paradoxe qui l'habite. Face à autrui et “à l'esprit accoutumé au joug des règles”, le premier objectif du dandy est “de produire toujours l'imprévu” et de ne jamais correspondre à l'image que les autres se font de lui. Le deuxième objectif du dandy est de produire la beauté. Exerçant tout son génie à embellir sa vie et à façonner son personnage, le dandy est “un grand artiste à sa manière.” Le troisième objectif enfin est l'indépendance. Cette indépendance est étroitement liée à son individualisme et à son aptitude à inventer un personnage qui reste impénétrable. Pour atteindre ces objectifs, les armes dont dispose le dandy sont àla fois offensives et défensives. L'une de ses armes les plus efficaces et les plus nécessaires est certainement l'impassibilité, avec ses variantes : le sang-froid et l'affectation d'indifférence et de nonchalance. Arme offensive, le dandysme est aussi une arme défensive. Le dandy est sublime par son indifférence souveraine, sa supériorité, sa hauteur qui le préservent de la vulgarité. Pour être sublime, il cache l'inquiétude intérieur. Il veille, surveille, se surveille pour que rien ne le surprenne. Le dandy reste sur ses gardes. Selon Barbey d'Aurevilly,le calme des dandys n'est pas naturel ; mais c'est un masque. Enfin, Barbey d'Aurevilly suggère une comparaison avec l'androgyne. Le dandy a quelque chose d'antinaturel, d'androgyne,élément avec lequel il peut séduire infiniment. Les dandys y apparaissent en effet, comme des natures doubles et multiples, d'un sexe intellectuel indécis. Cette féminité, qui donne grâce chère àBarbey, est intimement liée à la force. La spécificité du dandysme réside précisément dans cette association de la grâce et de la force qui distingue le dandy des autres élégants.
Abstract
En 1845, Barbey d'Aurevilly publie un essai très confidentiel, Du Dandysme et de George Brummell. Ce petit livre est un texte fondamentale, parce qu'il est le premier à deviner la profondeur qui se cache derrière l'apparente frivolité d'un art de vivre fondé sur des riens. Dans ce livre, Bareby d'Aurevilly présente une théorie cohérente du dandysme qui comporte des précisions sur les conditions indispensables à la naissance du dandysme et une analyse de ses finalités, ainsi que des moyens mis en oeuvre pour les atteindre. La condition psychologique nécessaire à l'épanouissement du dandysme est la vanité. En s'opposant à l'opinion commune et àcelle des moralistes, Barbey en fait, dans son livre, un éloge qui n'est pas exempt de provocation ni du désir d'étonner. La vanité apparaît comme le sentiment exagéré de soi, le “pouvoir d'être soi” donné en spectacle à autrui. Or, le dandysme, même approfondi, n'existe que dans la relation à autrui. C'est tout le paradoxe qui l'habite. Face à autrui et “à l'esprit accoutumé au joug des règles”, le premier objectif du dandy est “de produire toujours l'imprévu” et de ne jamais correspondre à l'image que les autres se font de lui. Le deuxième objectif du dandy est de produire la beauté. Exerçant tout son génie à embellir sa vie et à façonner son personnage, le dandy est “un grand artiste à sa manière.” Le troisième objectif enfin est l'indépendance. Cette indépendance est étroitement liée à son individualisme et à son aptitude à inventer un personnage qui reste impénétrable. Pour atteindre ces objectifs, les armes dont dispose le dandy sont àla fois offensives et défensives. L'une de ses armes les plus efficaces et les plus nécessaires est certainement l'impassibilité, avec ses variantes : le sang-froid et l'affectation d'indifférence et de nonchalance. Arme offensive, le dandysme est aussi une arme défensive. Le dandy est sublime par son indifférence souveraine, sa supériorité, sa hauteur qui le préservent de la vulgarité. Pour être sublime, il cache l'inquiétude intérieur. Il veille, surveille, se surveille pour que rien ne le surprenne. Le dandy reste sur ses gardes. Selon Barbey d'Aurevilly,le calme des dandys n'est pas naturel ; mais c'est un masque. Enfin, Barbey d'Aurevilly suggère une comparaison avec l'androgyne. Le dandy a quelque chose d'antinaturel, d'androgyne,élément avec lequel il peut séduire infiniment. Les dandys y apparaissent en effet, comme des natures doubles et multiples, d'un sexe intellectuel indécis. Cette féminité, qui donne grâce chère àBarbey, est intimement liée à la force. La spécificité du dandysme réside précisément dans cette association de la grâce et de la force qui distingue le dandy des autres élégants.
참고문헌 (22)
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- CAMUS Albert, "L'homme révolté" (1951), Gallimard
- CARASSUS Emilien, "Le mythe du dandy" (1971), A.Colin
- CARASSUS Emilien, "Dandysme et aristocratie", Romantisme, 70, pp.25~37 (1990)
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- PREVOST John C., "Le Dandysme en France (1817-1839)" (1957), Droz
- SARTRE Jean-Paul, "Baudelaire" (1975), Gallimard
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