Les notions de vieillissement et de vieillesse dans la littérature contemporaine, première approche : Simone de Beauvoir
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초록
Frey Waxman a caractérisé un nouveau genre de fiction qu’elle appelle Reigfunsroman, le roman de la maturation, qu’elle oppose au Bildungsroman ou roman d’apprentissage. Cette théoricienne, avec d’autres féministes anglo-saxonnes, considèrent q ue c ’est S imone d e Beauvoir qui a été une pionnière dans l’étude du vieillissement et de la vieillesse chez la femme et que son oeuvre a permis de comprendre pourquoi l’on a ensuite vu certaines romancières des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et du Canada répondre au défi de l’essayiste française. Il est vrai que l’essai de de Beauvoir intitulé La vieillesse est aujourd’hui considéré comme une référence incontournable pour qui s’intéresse à la question des âges de la vie. Il serait à la vieillesse ce que Le deuxième sexe a été pour le développement du féminisme en France et peut-être plus encore aux Etats-Unis. Dans cet article, j’ai essayé de montrer à travers les ouvrages considérés comme autobiographiques l’évolution de ce questionnement chez Simone de Beauvoir alors qu’on sait qu’elle eut pendant très longtemps la vieillesse en horreur. Cette peur et ce rejet du vieillir féminin se comprend aisément si on analyse son rapport à la mort ancré à la philosophie existentialiste. Pour la philosophie sartrienne et pour Simone de Beauvoir ce qu’il faut d’abord noter c’est le caractère absurde de la mort. C’est un pur fait qui vient du dehors. La mort est aussi un scandale. Pendant très longtemps elle ne dissociera pas cette pensée de la mort de celle la vieillesse. Une lente maturation commencera à se produire quand elle prendra conscience alors que la vie de Sartre est menacée par la maladie, que la mort n’est plus seulement un scandale métaphysique, mais comme elle l’écrit “une qualité de nos artères” ; non plus seulement un néant, mais une présence intime. Après la mort de sa mère, elle écrira ce remarquable ouvrage intitulé Une mort très douce. Ce sera un pas important pour commencer à voir différemment non pas seulement la mort mais plus encore la vieillesse.
Abstract
Frey Waxman a caractérisé un nouveau genre de fiction qu’elle appelle Reigfunsroman, le roman de la maturation, qu’elle oppose au Bildungsroman ou roman d’apprentissage. Cette théoricienne, avec d’autres féministes anglo-saxonnes, considèrent q ue c ’est S imone d e Beauvoir qui a été une pionnière dans l’étude du vieillissement et de la vieillesse chez la femme et que son oeuvre a permis de comprendre pourquoi l’on a ensuite vu certaines romancières des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et du Canada répondre au défi de l’essayiste française. Il est vrai que l’essai de de Beauvoir intitulé La vieillesse est aujourd’hui considéré comme une référence incontournable pour qui s’intéresse à la question des âges de la vie. Il serait à la vieillesse ce que Le deuxième sexe a été pour le développement du féminisme en France et peut-être plus encore aux Etats-Unis. Dans cet article, j’ai essayé de montrer à travers les ouvrages considérés comme autobiographiques l’évolution de ce questionnement chez Simone de Beauvoir alors qu’on sait qu’elle eut pendant très longtemps la vieillesse en horreur. Cette peur et ce rejet du vieillir féminin se comprend aisément si on analyse son rapport à la mort ancré à la philosophie existentialiste. Pour la philosophie sartrienne et pour Simone de Beauvoir ce qu’il faut d’abord noter c’est le caractère absurde de la mort. C’est un pur fait qui vient du dehors. La mort est aussi un scandale. Pendant très longtemps elle ne dissociera pas cette pensée de la mort de celle la vieillesse. Une lente maturation commencera à se produire quand elle prendra conscience alors que la vie de Sartre est menacée par la maladie, que la mort n’est plus seulement un scandale métaphysique, mais comme elle l’écrit “une qualité de nos artères” ; non plus seulement un néant, mais une présence intime. Après la mort de sa mère, elle écrira ce remarquable ouvrage intitulé Une mort très douce. Ce sera un pas important pour commencer à voir différemment non pas seulement la mort mais plus encore la vieillesse.
참고문헌 (17)
- "Entretien avec Simone de Beauvoir"[URL]
- De Beauvoir, Simone, "Tous les hommes sont mortels" (1946), éditions Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "Le deuxième sexe" (1976), Folio essais
- De Beauvoir, Simone, "La force des choses(vol.1 et 2)éd" (1963), Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "Une mort très douce" (1964), éditions Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "Les belles images" (1966), éditions Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "La vieillesse" (1970), éditions Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "Tout compte fait" (1972), éd. Gallimard
- De Beauvoir, Simone, "La cérémonie des adieux, suivi de Entretiens avec Jean-Paul Sartre août-septembre 1974" (1981), éditions Gallimard
- Francis, Claude, "Simone de Beauvoir" (1992), edition Minerva
- Frey Waxman, Barbara, "From the Hearth to the Open Road – A Feminist Study of Aging in Contemporary Literature" (1990), Greenwood Press
- Keilhauer, Annette, "Vieillir féminin et écriture autobiographique" (2007), Presses universitaires Blaise Pascal
- Marianne Payot, "Pascal Bruckner Eternel galopin", Lire (1997)
- Moi, Toril, "Simone de Beauvoir – The Making of an Intellectual Woman" (2008), Oxford University Press
- Sartre, Jean-Paul, "L’être et le néant, essai d’ontologie phénomémologique" (1943), édition Tel Gallimard
- Tavoillot, Pierre-Henri, "L’idéal de la vieillesse moderne", Le Magazine Littéraire, numéro, (471) (2008)
- Woodward,Kathleen, "Simone de Beauvoir: Aging and its Discontents in The private Self : Theory and Practice of Women’s Autobiographical Writings" (1988), The University of North Carolina Press
