시몬 드 보부아르의 『매우 편안한 죽음』 에 나타난 모녀 관계의 재정립 과정
Le rétablissement de la relation entre mère et fille dans Une Mort très douce de Simone de Beauvoir
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초록
En 1964, Simone de Beauvoir a publié Une Mort très douce qui témoigne de l’itinéraire par lequel sa mère arrive à la mort. Cette œuvre, avec La Cérémonie des adieux parue en 1981 où elle retrace les dix dernières années de la vie de Sartre, montre bien la stratégie que Beauvoir adopte pour construire son autobiographie comme lieu littéraire d’une rencontre intersubjective avec les autres, en dressant les autres comme cosujet de son écriture autobiographique. L’une des œuvres exemplaires auxquelles l’auteur applique cette stratégie, c’est La Cérémonie des adieux que nous avons déjà analysée dans une étude précédente. Beauvoir s’y représente comme l’un des personnages principaux du récit en s’appropriant le vécu de son double Sartre, et en s’identifiant avec lui. Par conséquent, ses lecteurs parviennent à obtenir la possibilité de lire ce récit non seulement comme biographie de Sartre, mais aussi comme autobiographie de Beauvoir elle-même. Nous pouvons observer dans Une Mort très douce que Beauvoir fait sien le récit de sa mère de manière analogue. Ce qui est plus particulièrement remarquable, c’est que le corps s’offre comme moteur principal par lequel la distance entre Beauvoir et sa mère se brise et elles s’identifient l’une à l’autre. Depuis son enfance où Beauvoir a accepté, sans remise en question, l’idéologie patriarcale de la société bourgeoise, elle met l’homme et la femme dans l’ordre hiérarchique et n’accorde de valeur qu’au premier. Et elle arrive à voir dans sa mère une représentative de féminité inférieure, passive, incompétente et corporelle, et ne cache jamais tout le mépris que peut lui inspirer ce personnage. Son regard négatif face à sa mère et la féminité se prolonge jusqu’à l’âge adulte. Au contraire, dans Une Mort très douce, les sentiments qui dominent l’auteur sont la compassion et le regret par rapport à leur relation qui se disloque depuis longtemps ; c’est par la conscience renouvelée du corps de sa mère par Beauvoir que la communication sentimentale entre la fille et la mère est rendue possible. Surtout dès lors que la fille voit le sexe de la mère, toute la distance entre ces deux femmes diminue et elles commencent à se partager la douleur et la peur que la mère ressent face à sa mort. De plus, cette expérience permet à Beauvoir de renouveler sa connaissance négative à l’égard de la féminité. Ce fonctionnement du corps concrétise bien la potentialité politique qu’a le concept du corps beauvoirien, celle de briser la distance entre moi et autrui et de leur permettre d’établir la relation réciproque. Dans Le Deuxième Sexe, Beauvoir définit le corps comme « situation », autrement dit, comme expression totale de la situation existentielle d’un individu. Selon cette conceptualisation du corps, chaque individu distinct peut mieux appréhender la vie des autres et aboutir à une communication plus active entre eux, en se rendant capable de comprendre les expériences corporelles des autres. A la suite du Deuxième Sexe, Beauvoir représente de façon littéraire cette potentialité qu’a le corps en tant que situation dans Une Mort très douce. De plus, ce faisant, elle exprime encore une fois sa conviction que la tâche véritable des écrivains est de réaliser la communication intersubjective entre les individus, en leur donnant la possibilité de partager l’expérience des autres.
Abstract
En 1964, Simone de Beauvoir a publié Une Mort très douce qui témoigne de l’itinéraire par lequel sa mère arrive à la mort. Cette œuvre, avec La Cérémonie des adieux parue en 1981 où elle retrace les dix dernières années de la vie de Sartre, montre bien la stratégie que Beauvoir adopte pour construire son autobiographie comme lieu littéraire d’une rencontre intersubjective avec les autres, en dressant les autres comme cosujet de son écriture autobiographique. L’une des œuvres exemplaires auxquelles l’auteur applique cette stratégie, c’est La Cérémonie des adieux que nous avons déjà analysée dans une étude précédente. Beauvoir s’y représente comme l’un des personnages principaux du récit en s’appropriant le vécu de son double Sartre, et en s’identifiant avec lui. Par conséquent, ses lecteurs parviennent à obtenir la possibilité de lire ce récit non seulement comme biographie de Sartre, mais aussi comme autobiographie de Beauvoir elle-même. Nous pouvons observer dans Une Mort très douce que Beauvoir fait sien le récit de sa mère de manière analogue. Ce qui est plus particulièrement remarquable, c’est que le corps s’offre comme moteur principal par lequel la distance entre Beauvoir et sa mère se brise et elles s’identifient l’une à l’autre. Depuis son enfance où Beauvoir a accepté, sans remise en question, l’idéologie patriarcale de la société bourgeoise, elle met l’homme et la femme dans l’ordre hiérarchique et n’accorde de valeur qu’au premier. Et elle arrive à voir dans sa mère une représentative de féminité inférieure, passive, incompétente et corporelle, et ne cache jamais tout le mépris que peut lui inspirer ce personnage. Son regard négatif face à sa mère et la féminité se prolonge jusqu’à l’âge adulte. Au contraire, dans Une Mort très douce, les sentiments qui dominent l’auteur sont la compassion et le regret par rapport à leur relation qui se disloque depuis longtemps ; c’est par la conscience renouvelée du corps de sa mère par Beauvoir que la communication sentimentale entre la fille et la mère est rendue possible. Surtout dès lors que la fille voit le sexe de la mère, toute la distance entre ces deux femmes diminue et elles commencent à se partager la douleur et la peur que la mère ressent face à sa mort. De plus, cette expérience permet à Beauvoir de renouveler sa connaissance négative à l’égard de la féminité. Ce fonctionnement du corps concrétise bien la potentialité politique qu’a le concept du corps beauvoirien, celle de briser la distance entre moi et autrui et de leur permettre d’établir la relation réciproque. Dans Le Deuxième Sexe, Beauvoir définit le corps comme « situation », autrement dit, comme expression totale de la situation existentielle d’un individu. Selon cette conceptualisation du corps, chaque individu distinct peut mieux appréhender la vie des autres et aboutir à une communication plus active entre eux, en se rendant capable de comprendre les expériences corporelles des autres. A la suite du Deuxième Sexe, Beauvoir représente de façon littéraire cette potentialité qu’a le corps en tant que situation dans Une Mort très douce. De plus, ce faisant, elle exprime encore une fois sa conviction que la tâche véritable des écrivains est de réaliser la communication intersubjective entre les individus, en leur donnant la possibilité de partager l’expérience des autres.
참고문헌 (22)
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