Etude du mode du récit pour une relecture de La Chute d'Albert CAMUS
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초록
Pourquoi avoir choisi La Chute pour objet de recherche? Ce roman d'Albert Camus, paru en 1956, quatre ans avant sa mort, est peut-être l'un des plus méconnus dans l'ensemble de son oeuvre. D'ailleurs s'agit-il exactement d'un roman? Sa brièveté, son organisation laissent planer un doute quant à son genre. En effet, voici un homme, Clamence, ancien avocat parisien, qui se présente à un autre qui restera, lui, anonyme. Ils sont tous deux réunis dans un même bar, Mexico-City, à Amsterdam et Clamence commence, poliment mais sans grande gêne, à faire la conversation et à questionner son interlocuteur, qui semble se prêter aisément à ce jeu. Dès la deuxième journée de leur rencontre, cette entrevue devient une rétrospective de la vie de Clamence puis, très vite, un réquisitoire contre lui-même et les autres. Il n'y a pas d'action, pas d'événements marquants sinon dans le passé de Clamence. Seul est présent le décor, Amsterdam, et ce tête-à-tête où seul, tout au moins dans le texte, Clamence prend la parole. Bien étrange roman!Déjà cette ambiguïté intrigue, particulièrement lorsqu'on considère l'aspect formel de l'oeuvre. Mais, c'est peut-être aussi la personnalité de Clamence qui est en cause dans cette attirance. Il est un personnage fictif, et pourtant, il nous semble l'entendre avec sa verve et son autorité pour imposer ses idées. On oublie qu'il n'est que simple création. Cette illusion d'une présence si frappante, illusion purement littéraire, trouve ses fondements dans une technique littéraire, qui, parce qu‘elle est très bien utilisée, reste dissimulée à la fois par le personnage, par le récit et par les idées. C'est donc à cette technique que nous allons nous attacher. Comme livre de référence, nous prendrons l'ouvrage de narratologie de Gérard Genette, Figure III. Dans la perspective d'une étude formelle, on s'intéressera surtout au chapitre intitulé "Discours du Récit". Genette y élabore une méthode, une théorie du récit qu'il applique à l'oeuvre de Marcel Proust, A la Recherche du Temps Perdu. Il propose donc "une méthode d'analyse" qui selon lui est universelle et peut valoir pour toute oeuvre littéraire. Nous tenterons de faire de même et d'appliquer cette "grille" générale à La Chute. Particulièrement en étudiant "Mode du récit", nous verrons quel est le point de vue et la distance narrative du récit. Ce qui nous amènera à tirer des conclusions et à élaborer des hypothèses personnelles sur la nature réelle de La Chute.
Abstract
Pourquoi avoir choisi La Chute pour objet de recherche? Ce roman d'Albert Camus, paru en 1956, quatre ans avant sa mort, est peut-être l'un des plus méconnus dans l'ensemble de son oeuvre. D'ailleurs s'agit-il exactement d'un roman? Sa brièveté, son organisation laissent planer un doute quant à son genre. En effet, voici un homme, Clamence, ancien avocat parisien, qui se présente à un autre qui restera, lui, anonyme. Ils sont tous deux réunis dans un même bar, Mexico-City, à Amsterdam et Clamence commence, poliment mais sans grande gêne, à faire la conversation et à questionner son interlocuteur, qui semble se prêter aisément à ce jeu. Dès la deuxième journée de leur rencontre, cette entrevue devient une rétrospective de la vie de Clamence puis, très vite, un réquisitoire contre lui-même et les autres. Il n'y a pas d'action, pas d'événements marquants sinon dans le passé de Clamence. Seul est présent le décor, Amsterdam, et ce tête-à-tête où seul, tout au moins dans le texte, Clamence prend la parole. Bien étrange roman!Déjà cette ambiguïté intrigue, particulièrement lorsqu'on considère l'aspect formel de l'oeuvre. Mais, c'est peut-être aussi la personnalité de Clamence qui est en cause dans cette attirance. Il est un personnage fictif, et pourtant, il nous semble l'entendre avec sa verve et son autorité pour imposer ses idées. On oublie qu'il n'est que simple création. Cette illusion d'une présence si frappante, illusion purement littéraire, trouve ses fondements dans une technique littéraire, qui, parce qu‘elle est très bien utilisée, reste dissimulée à la fois par le personnage, par le récit et par les idées. C'est donc à cette technique que nous allons nous attacher. Comme livre de référence, nous prendrons l'ouvrage de narratologie de Gérard Genette, Figure III. Dans la perspective d'une étude formelle, on s'intéressera surtout au chapitre intitulé "Discours du Récit". Genette y élabore une méthode, une théorie du récit qu'il applique à l'oeuvre de Marcel Proust, A la Recherche du Temps Perdu. Il propose donc "une méthode d'analyse" qui selon lui est universelle et peut valoir pour toute oeuvre littéraire. Nous tenterons de faire de même et d'appliquer cette "grille" générale à La Chute. Particulièrement en étudiant "Mode du récit", nous verrons quel est le point de vue et la distance narrative du récit. Ce qui nous amènera à tirer des conclusions et à élaborer des hypothèses personnelles sur la nature réelle de La Chute.
참고문헌 (10)
- CAMUS Albert, "La Chute, col. Folio" (1980), Gallimard
- COOMBS IlONA, "Camus, homme de théâtre" (1968), Nizet
- FITCH Brian T., "Une voix qui se parle, qui nous parle, que nous parlons ou l'espace théâtral de La Chute, in Albert Camus 3 : Sur La Chute" (1970), Revue des Lettres Modernes
- FITCH Brian T., "Narcisse interpréete : La Chute comme modéle herméneutique, in Albert Camus 10 : Nouvelles approches" (1993), Revue des Lettres Modernes
- FORTIER, P., "Une lecture de Camus : La valeur des éléments descriptifs dans l'oeuvre romanesque" (1977), Klincksieck
- REUTER, Y., "Texte", idéologie dans La Chute de Camus, Paris, Minard, (Archives Albert Camus n 4), 1980
- SMETS, P-F., "La Chute, Un testament ambigu, Pièces pour un dossier inachevè, Paul-F, Bruxelles, Smets", ~ (1988)
- Dujardin Eduard, "Les Lauriers sont coupés, suivi de Le Monologue intérieur, Bulzoni duteur, Italie", ~ (1977)
- GENETTE Gérard, "Figure III" (1972), Seuil
- TODOROV Tzvetan, "Poétique de la Prose" (1971), Seuil
