서아프리카 구술매체의 의미와 현대성
Griot et culture orale en Afrique de l’Ouest
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초록
De nos jours, l’Afrique est qualifiée de « jeune continent ». Son grand capital constitué par ses ressources en matières premières et ses nombreuses terres inexploitées en fait une sorte de dernier-né à l’avenir prometteur. Pourtant cette désignation n’est guère appropriée, appliquée au « berceau de l’humanité » selon les découvertes paléontologiques des dernières décennies. De plus, le fait que ce continent qui se fonde sur une culture analphabète commence à se développer laisse à penser que les cultures africaines restent en friche, inachevées. Au fondement de ce préjugé, on peut trouver la fausse croyance au progrès continu des êtres humains, de la préhistoire à nos jours. Ce qui s’est développé n’est pas la culture ni l’intelligence humaines, mais les techniques et le confort qu’elles entraînent : l’holocauste durant la Seconde Guerre mondiale en donne une preuve horrifiante. Dans Tristes tropiques, Lévi-Strauss avait déjà insisté sur le fait que la culture africaine n’est pas celle qui manque d’alphabets mais celle qui a privilégié l’oralité. Selon lui, l’écriture n’est pas nécessaire aux tribus africaines qui ne vivent pas sous la houlette d’institutions structurées, contrôlées par un gouvernement. Le cas n’est pas exceptionnel : la Grèce antique en offre un autre exemple, où les gens n’utilisaient pas l’écriture, bien qu’elle ait été inventée depuis longtemps. On ne la considère pourtant pas comme une culture sous-developpée. Il faudrait donc respecter une écologie culturelle propre à chaque culture qui se structure de siècle en siècle. L’Occident colonisateur ne voulait pas comprendre les cultures africaines et a méprisé cette culture orale qui lui semblait non-scientifique et soumise aux superstitions. Il a refoulé leurs langues ainsi que leur esprit pour leur imposer la culture occidentale, décrétée modèle. Cette intrusion culturelle ravage les cultures africaines depuis le XIXe siècle. C’est là que l’on peut s’interroger : comment retrouver ces cultures africaines déformées, basées sur l’oralité ? Pour ce faire, nous avons essayé d’identifier une tendance à remettre en valeur le discours du Griot qui préserve depuis l’empire du Mali l’histoire du peuple, tel « un sac à paroles ». Le théoricien de la communication canadien Marshall McLuhan avait prévu, il y a déjà un demi-siècle, le proche retour d’une nouvelle ère de culture orale. La revalorisation du médium audile-tactile en Afrique de l’Ouest nous révèle à nouveau que l’écriture n’est qu’un médium parmi d’autres.
Abstract
De nos jours, l’Afrique est qualifiée de « jeune continent ». Son grand capital constitué par ses ressources en matières premières et ses nombreuses terres inexploitées en fait une sorte de dernier-né à l’avenir prometteur. Pourtant cette désignation n’est guère appropriée, appliquée au « berceau de l’humanité » selon les découvertes paléontologiques des dernières décennies. De plus, le fait que ce continent qui se fonde sur une culture analphabète commence à se développer laisse à penser que les cultures africaines restent en friche, inachevées. Au fondement de ce préjugé, on peut trouver la fausse croyance au progrès continu des êtres humains, de la préhistoire à nos jours. Ce qui s’est développé n’est pas la culture ni l’intelligence humaines, mais les techniques et le confort qu’elles entraînent : l’holocauste durant la Seconde Guerre mondiale en donne une preuve horrifiante. Dans Tristes tropiques, Lévi-Strauss avait déjà insisté sur le fait que la culture africaine n’est pas celle qui manque d’alphabets mais celle qui a privilégié l’oralité. Selon lui, l’écriture n’est pas nécessaire aux tribus africaines qui ne vivent pas sous la houlette d’institutions structurées, contrôlées par un gouvernement. Le cas n’est pas exceptionnel : la Grèce antique en offre un autre exemple, où les gens n’utilisaient pas l’écriture, bien qu’elle ait été inventée depuis longtemps. On ne la considère pourtant pas comme une culture sous-developpée. Il faudrait donc respecter une écologie culturelle propre à chaque culture qui se structure de siècle en siècle. L’Occident colonisateur ne voulait pas comprendre les cultures africaines et a méprisé cette culture orale qui lui semblait non-scientifique et soumise aux superstitions. Il a refoulé leurs langues ainsi que leur esprit pour leur imposer la culture occidentale, décrétée modèle. Cette intrusion culturelle ravage les cultures africaines depuis le XIXe siècle. C’est là que l’on peut s’interroger : comment retrouver ces cultures africaines déformées, basées sur l’oralité ? Pour ce faire, nous avons essayé d’identifier une tendance à remettre en valeur le discours du Griot qui préserve depuis l’empire du Mali l’histoire du peuple, tel « un sac à paroles ». Le théoricien de la communication canadien Marshall McLuhan avait prévu, il y a déjà un demi-siècle, le proche retour d’une nouvelle ère de culture orale. La revalorisation du médium audile-tactile en Afrique de l’Ouest nous révèle à nouveau que l’écriture n’est qu’un médium parmi d’autres.
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