아멜리 노통브의 『아버지 죽이기』에 나타난 신화의 차용
L’Appropriation des mythes dans Tuer le père d’Amélie Nothomb
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초록
La question de l’appropriation de la mythologie est un point de départ très important pour mieux comprendre Tuer le père, un roman d’Amélie Nothomb, paru en 2011. Tout d’abord le titre du roman nous fait penser au complexe d’Œdipe, formulé par Sigmund Freud. Et le récit semble refléter en effet l’essence de ce mythe. Or, pourquoi cette femme écrivain belge a-t-elle choisi un thème aussi banal pour sa nouvelle création ? Selon Amélie Nothomb qui est passée à l’émission «La Grande Librairie Saison 2011-2012» de France 5, le sujet du livre est «le bluff parfait». Elle nous en donne sa définition : «Le bluff parfait c'est créer un très grand tour de magie. J’emmène le lecteur avec moi, on crée quelque chose, une émotion s'installe et puis, tout à fait à la fin, on se rend compte qu'on était parti exactement dans la fausse direction parce que ça n'était pas du tout ça qui était en train de se raconter.» Cela veut dire que cette appropriation du mythe d’Œdipe pourrait être un subterfuge pour cacher la vraie intention de l’auteur. En effet, la mythologie ne devient-elle pas souvent dans la littérature un moyen étonnant afin de reproduire une nouvelle valeur artistique et philosophique ? En nous appuyant donc sur ce point de vue, nous analyserons les mythes appropriés par Tuer le père afin de dévoiler l’intention cachée de l’auteur. Cet article de recherche comporte trois axes de travail : «Pseudo-Œdipe», «Aimer, tuer et devenir un» et «Le Graal et la terre de feu». Dans la première partie nommée «Pseudo-Œdipe», nous analysons les comportements et l’état psychique de Joe Whip, le protagoniste du roman. Au premier regard, cet adolescent semble souffrir du complexe d’Œdipe. Mais nous comprendrons au bout de l’analyse que cette perception est erronée : ce n’est qu’un pseudo-Œdipe. Dans la deuxième partie de l’article, intitulée «Aimer, tuer et devenir un», nous essayons de saisir le sens profond de l’expression «tuer le père». Le résultat est que nous arrivons à constater un lien d’identité entre «tuer» et «aimer» dans le monde littéraire d’Amélie Nothomb. Chez elle, les fonctions de l’amour anthropophage correspondent à un fantasme d’identification avec l’autre. Ce fait montre une intertextualité avec l’enseignement de Jésus Christ : «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.» En fin de compte, cela peut être relié au miracle de la transsubstantiation. Dans la troisième partie, «Le Graal et la terre de feu», nous contemplons le symbolisme du «festival de Burning Man». Ce festival, qui est une version américaine du festival de Prométhée, se déroule dans le désert symbolisé par la terre de feu. Comme Bachelard le dit dans sa Psychanalyse du feu, le feu est une métaphore de l’amour fou. Ainsi, le désert d’un gigantesque cratère deviendra le territoire immense de la volupté, en évoquant l’image du Graal en tant que femme précieuse. À travers ces analyses, cet article démontre que Tuer le père est un roman de famille qui traite de la difficulté pour un adoléscent de devenir adulte, tout en montrant que le complexe déformé de Prométhée pourrait conduire l’adolescent sur une mauvaise pente. Il imagine un père fictif à respecter. Pourtant, il ignore et refuse son père réel en le considérant comme un être méprisable.
Abstract
La question de l’appropriation de la mythologie est un point de départ très important pour mieux comprendre Tuer le père, un roman d’Amélie Nothomb, paru en 2011. Tout d’abord le titre du roman nous fait penser au complexe d’Œdipe, formulé par Sigmund Freud. Et le récit semble refléter en effet l’essence de ce mythe. Or, pourquoi cette femme écrivain belge a-t-elle choisi un thème aussi banal pour sa nouvelle création ? Selon Amélie Nothomb qui est passée à l’émission «La Grande Librairie Saison 2011-2012» de France 5, le sujet du livre est «le bluff parfait». Elle nous en donne sa définition : «Le bluff parfait c'est créer un très grand tour de magie. J’emmène le lecteur avec moi, on crée quelque chose, une émotion s'installe et puis, tout à fait à la fin, on se rend compte qu'on était parti exactement dans la fausse direction parce que ça n'était pas du tout ça qui était en train de se raconter.» Cela veut dire que cette appropriation du mythe d’Œdipe pourrait être un subterfuge pour cacher la vraie intention de l’auteur. En effet, la mythologie ne devient-elle pas souvent dans la littérature un moyen étonnant afin de reproduire une nouvelle valeur artistique et philosophique ? En nous appuyant donc sur ce point de vue, nous analyserons les mythes appropriés par Tuer le père afin de dévoiler l’intention cachée de l’auteur. Cet article de recherche comporte trois axes de travail : «Pseudo-Œdipe», «Aimer, tuer et devenir un» et «Le Graal et la terre de feu». Dans la première partie nommée «Pseudo-Œdipe», nous analysons les comportements et l’état psychique de Joe Whip, le protagoniste du roman. Au premier regard, cet adolescent semble souffrir du complexe d’Œdipe. Mais nous comprendrons au bout de l’analyse que cette perception est erronée : ce n’est qu’un pseudo-Œdipe. Dans la deuxième partie de l’article, intitulée «Aimer, tuer et devenir un», nous essayons de saisir le sens profond de l’expression «tuer le père». Le résultat est que nous arrivons à constater un lien d’identité entre «tuer» et «aimer» dans le monde littéraire d’Amélie Nothomb. Chez elle, les fonctions de l’amour anthropophage correspondent à un fantasme d’identification avec l’autre. Ce fait montre une intertextualité avec l’enseignement de Jésus Christ : «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.» En fin de compte, cela peut être relié au miracle de la transsubstantiation. Dans la troisième partie, «Le Graal et la terre de feu», nous contemplons le symbolisme du «festival de Burning Man». Ce festival, qui est une version américaine du festival de Prométhée, se déroule dans le désert symbolisé par la terre de feu. Comme Bachelard le dit dans sa Psychanalyse du feu, le feu est une métaphore de l’amour fou. Ainsi, le désert d’un gigantesque cratère deviendra le territoire immense de la volupté, en évoquant l’image du Graal en tant que femme précieuse. À travers ces analyses, cet article démontre que Tuer le père est un roman de famille qui traite de la difficulté pour un adoléscent de devenir adulte, tout en montrant que le complexe déformé de Prométhée pourrait conduire l’adolescent sur une mauvaise pente. Il imagine un père fictif à respecter. Pourtant, il ignore et refuse son père réel en le considérant comme un être méprisable.
참고문헌 (24)
- "Tuer le père" (2011), Albin Michel
- "Métaphysique des tubes" (2000), Albin Michel
- "Attentat" (1997), Albin Michel
- "Stupeur et Tremblements, Le Livre de Poche" (1999), Albin Michel
- "Hygiène de l'assassin, Le Livre de Poche" (1992), Albin Michel
- 최정수, "아버지 죽이기" (2012), 열린책들
- AMANIEUX Laureline, "Amour, meurtre, et le langage, dans l’oeuvre d’Amélie Nothomb", L’Esprit Créateur, 45(1), pp.79~86 (2005), Johns Hopkins University Press
- JACCOMARD Hélène, "Le fabuleux destin d’Amélie Nothomb", L’Esprit Créateur, 42(4), pp.45~57 (2002), Johns Hopkins University Press
- LEE Mark D., "Les Identités d’Amélie Nothomb. De l’invention médiatique aux fantasmes originaires" (2010), Rodopi
- OBERHUBER Andrea, "Réécrire à l’ère du soupçon insidieux : Amélie Nothomb et le récit postmoderne", Études françaises, 40(1), pp.111~128 (2004)
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- BACHELARD Gaston, "La Psychanalyse du feu" (1949), Gallimard
- BARTHES Roland, "Mythologies" (1970), Éd. du Seuil
- CHKLOVSKI Victor, "Théorie de la littérature", pp.170~196 (1965), Éditions du Seuil
- DELCOURT Marie, "Œdipe ou la légende du conquérant" (1981), Gallimard
- De LIGNY Cécile, "La littérature française" (1992), Nathan
- FREUD Sigmund, "Totem et Tabou" (1947), Payot
- HONKO Lauri, "Theogony and Works and Days" (1988), Oxford University Press
- Louis Segond, "Le Nouveau Testament" (1977), Association Internationale des Gédéons
- LÉVI-STRAUSS Claude, "Anthropologie structurale" (1958), Plon
- "LE COMPLEXE DE PROMÉTHÉE OU SOUS LESIGNE DU FEU: Tyrannie et volonté de savoir chez Beckett"[URL]
- "De L'Anthropophagie chez les civilisés : un nouvel imaginaire de la violence physique dans les sociétés démocratiques contemporaines"[URL]
- 권명아, "가족이야기는 어떻게 만들어지는가" (2000), 책세상
- 미르치아 엘리아데, "세계종교사상사 1" (2005), 이학사
