발자크와 플로베르: 문학적 영향에 대한 불안
Balzac et Flaubert: l’angoisse contre l’influence littéraire
0
조회
0
다운로드
1
인용
0
참고문헌
키워드
초록
Quand Madame Bovary a été publié, les critiques et les lecteurs ont salué le jeune romancier comme un disciple ou un héritier de Balzac. Pourtant, Flaubert restait silencieux à l’égard de toutes ces comparaisons. Il n’a pas reconnu ouvertement l’influence de l’auteur de La Comédie humaine, ni revendiqué son originalité devant le public. Ce silence trahit certaine “angoisse” qu’il avait envers Balzac. A partir de Freud, Harold Bloom a élaboré une théorie de l’influence littéraire. Selon lui, le jeune éphèbe s’influence d’abord par le grand auteur qu’il admire. Mais ensuite, il commence à “méprendre” son maître et réécrit les œuvres de celui-ci pour qu’il s’échappe à l’angoisse de la disparition de son propre être. Flaubert a été surpris de voir surgir l’influence de Balzac dans Madame Bovary. Il y retrouve les phrases et les scènes presque identiques de Louis Lambert et Médecin de campagne, comme si il l’avait copié. Pour éviter cette influence involontaire, il étudie minutieusement les œuvres de Balzac et commence à méprendre son maître. Pour lui, le défaut majeur de Balzac est qu’il intervient personnellement dans ses œuvres. Pour le corriger, il réclame l’impersonnalité comme le principe de l’Art. Lorsqu’il a écrit Madame Bovary, l’influence de Balzac n’était pas forcée par ses amis, surtout, par Maxime Du Camp, le rédacteur de La Revue de Paris. Il lui a proposé d’écrire un roman réaliste selon le modèle du Cousin Pons et la Cousine Bette. Flaubert accepte la situation du champ littéraire de l’époque mais n’écrit pas par imitation. Comme le montre le manuscrit, Flaubert commence à composer d’abord selon le modèle balzacien, mais au fur et à mesure que la rédaction se développe, il efface les traces de son maître et laisse ainsi les trous dans le texte. Il élimine les explications explicites par les doxa, remplace les expressions rationnelles par “et” neutre, etc. Ainsi, dans le texte final, le lecteur peut revoir Balzac comme si on pouvait revoir dans le visage du jeune homme le visage de son père, à la fois identique et tout à fait nouveau.
Abstract
Quand Madame Bovary a été publié, les critiques et les lecteurs ont salué le jeune romancier comme un disciple ou un héritier de Balzac. Pourtant, Flaubert restait silencieux à l’égard de toutes ces comparaisons. Il n’a pas reconnu ouvertement l’influence de l’auteur de La Comédie humaine, ni revendiqué son originalité devant le public. Ce silence trahit certaine “angoisse” qu’il avait envers Balzac. A partir de Freud, Harold Bloom a élaboré une théorie de l’influence littéraire. Selon lui, le jeune éphèbe s’influence d’abord par le grand auteur qu’il admire. Mais ensuite, il commence à “méprendre” son maître et réécrit les œuvres de celui-ci pour qu’il s’échappe à l’angoisse de la disparition de son propre être. Flaubert a été surpris de voir surgir l’influence de Balzac dans Madame Bovary. Il y retrouve les phrases et les scènes presque identiques de Louis Lambert et Médecin de campagne, comme si il l’avait copié. Pour éviter cette influence involontaire, il étudie minutieusement les œuvres de Balzac et commence à méprendre son maître. Pour lui, le défaut majeur de Balzac est qu’il intervient personnellement dans ses œuvres. Pour le corriger, il réclame l’impersonnalité comme le principe de l’Art. Lorsqu’il a écrit Madame Bovary, l’influence de Balzac n’était pas forcée par ses amis, surtout, par Maxime Du Camp, le rédacteur de La Revue de Paris. Il lui a proposé d’écrire un roman réaliste selon le modèle du Cousin Pons et la Cousine Bette. Flaubert accepte la situation du champ littéraire de l’époque mais n’écrit pas par imitation. Comme le montre le manuscrit, Flaubert commence à composer d’abord selon le modèle balzacien, mais au fur et à mesure que la rédaction se développe, il efface les traces de son maître et laisse ainsi les trous dans le texte. Il élimine les explications explicites par les doxa, remplace les expressions rationnelles par “et” neutre, etc. Ainsi, dans le texte final, le lecteur peut revoir Balzac comme si on pouvait revoir dans le visage du jeune homme le visage de son père, à la fois identique et tout à fait nouveau.
참고문헌 (26)
- Flaubert, Gustave, "Œuvres de jeunesse" (2001), Gallimard
- Flaubert, Gustave, "Œuvres complètes, 2 vol" (1964), Seuil
- Flaubert, Gustave, "Correspondance, 5 vol" (1973), Gallimard
- Flaubert, Gustave, "Carnets de travail" (1988), Balland
- Flaubert, Gustave, "Correspondances" (2000), Flammarion
- Bardèche, Maurice, "Balzac et Flaubert", L'année Balzacienne, pp.9~29 (1976)
- Barthes, Roland, "Œuvres complètes, t. II", pp.1377~1383 (1994), Seuil
- Bourdieu, Pierre, "Les règles de l’art" (1992), Seuil
- Brix, Michel, "L'Attila du roman : Flaubert et les origines de la modernité littéraire" (2010), Honoré Champion
- Bruneau, Jean, "Les débuts littéraires de Gustave Flaubert" (1962), A. Colin
- Duchet, Claude, "Langage de Flaubert", pp.143~163 (1976), Lettres Modernes; Minard
- Gisèle Séginger, "Flaubert, lecteur de Balzac: L’Éducation sentimentale ou la réinvention du roman, In Balzac, Flaubert. La genèse de l’oeuvre et la question de l’interprétation", Global COE Program, International Conference Series No.2, Proceedings of the Second International Conference (2007)
- Gothot-Mersch, Claudine Gothot-Mersch, "Dictionnaire des littératures de langue française", pp.800~819 (1984), Bordas
- Sagnes, Guy, "Tentations balzaciennes dans le manuscrit de L’Éducation sentimentale", L'année Balzacienne, pp.53~64 (1981)
- Raitt, Alan, "Le Balzac de Flaubert", L'année Balzacienne, pp.335~361 (1991)
- Falconer, Graham, "Gustave Flaubert", pp.123~156 (1988), Minard
- Proust, Marcel, "Contre Sainte-Beuve" (1971), Gallimard
- Vial, André, "Flaubert, émule et disciple émancipé de Balzac: L'Éducation sentimentale", Revue d'Histoire littéraire de la France, (3), pp.233~263 (1948)
- Balzac, Honoré de, "La Comédie humaine" (1976), Gallimard
- Balzac, Honoré de, "Peau de Chagrin" (1831), Charles Gosselin
- Béguin, Albert, "Balzac lu et relu" (1965), Seuil
- Bloom, Harold, "The Anxiety of Influence" (1973), Oxford University Press
- Bloom, Harold, "A Map of Misreading" (1975), Oxford University Press
- Couleau-Maixent, Christèle, "Balzac : le roman de l'autorité. Un discours auctorial entre sérieux et ironie" (2007), H. Champion
- Du Camp, Maxime, "Souvenirs littéraires" (1994), Aubier
