‘죽음’과 ‘시적 현대성’ -비용, 보들레르, 랭보
La Mort et la modernité poétique - Villon, Baudelaire, Rimbaud
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La nouveauté du poète, ou la modernité poétique résulte de la lucidité de sa vision contemporaine. Villon, Baudelaire et Rimbaud mettent chacun à sa manière, le réalisme poétique en pratique dans le quotidien, d'où un croisement entre la poésie du moyen âge et la poésie moderne. Contrairement aux poètes qui faisaient de la mort un squelette impitoyable et monotone concernant tout un chacun sans aucune exception, Villon, un marginal, y puise une autre sorte de voix pleine d’humanité touchant nous tous, dans son Épitaphe, qu’on appelle aussi la ballade des pendus. En s’imaginant parmi les pendus, il atteint une profondeur sans illusion, tirée de la vie de tous les jours, un langage qui reflète la conscience personelle et dépasse la banalité de la mort. A la vue d'une affreuse charogne, Baudelaire, quant à lui, nous suggère la forme et l’essence divine de ses amours décomposés. Face à la mort, l’auteur du Fleurs du Mal ne tire jamais de leçon rebattue, telle que ‘memento mori’, ou ‘carpe diem’. Au contraire, il se plonge dans la méditation sur la poésie-même. Il reconnaît son propre destin de poète, la société hostile persécutant ce dernier et le culte de l’amour, en voyant un pendu au gibet à trois branches sur Cythère, l’île de Vénus. Mais, Baudelaire souhaite poursuivre cette douloureuse contemplation de son cœur et son corps sans dégoût. Dans son poème Bal des pendus, Rimbaud développe inversement la ballade de Villon. Pour lui, la danse des vivants n'est rien d'autre qu'une danse des morts. Il transforme un pendu inconnu, “le pavillon en viande saignante” en une allégorie extrême. Dans son poème Barbare, un pendu devient la destruction de l’homme. Les trois poètes, qui ont conçu d’une manière concrète la tragédie de leurs temps et le malheur personnel, ont su dévoiler aux lecteurs, ce qui n'était visible ni perceptible de cette manière et à ce niveau de conscience. Et c'est justement là que réside leur modernité poétique.
Abstract
La nouveauté du poète, ou la modernité poétique résulte de la lucidité de sa vision contemporaine. Villon, Baudelaire et Rimbaud mettent chacun à sa manière, le réalisme poétique en pratique dans le quotidien, d'où un croisement entre la poésie du moyen âge et la poésie moderne. Contrairement aux poètes qui faisaient de la mort un squelette impitoyable et monotone concernant tout un chacun sans aucune exception, Villon, un marginal, y puise une autre sorte de voix pleine d’humanité touchant nous tous, dans son Épitaphe, qu’on appelle aussi la ballade des pendus. En s’imaginant parmi les pendus, il atteint une profondeur sans illusion, tirée de la vie de tous les jours, un langage qui reflète la conscience personelle et dépasse la banalité de la mort. A la vue d'une affreuse charogne, Baudelaire, quant à lui, nous suggère la forme et l’essence divine de ses amours décomposés. Face à la mort, l’auteur du Fleurs du Mal ne tire jamais de leçon rebattue, telle que ‘memento mori’, ou ‘carpe diem’. Au contraire, il se plonge dans la méditation sur la poésie-même. Il reconnaît son propre destin de poète, la société hostile persécutant ce dernier et le culte de l’amour, en voyant un pendu au gibet à trois branches sur Cythère, l’île de Vénus. Mais, Baudelaire souhaite poursuivre cette douloureuse contemplation de son cœur et son corps sans dégoût. Dans son poème Bal des pendus, Rimbaud développe inversement la ballade de Villon. Pour lui, la danse des vivants n'est rien d'autre qu'une danse des morts. Il transforme un pendu inconnu, “le pavillon en viande saignante” en une allégorie extrême. Dans son poème Barbare, un pendu devient la destruction de l’homme. Les trois poètes, qui ont conçu d’une manière concrète la tragédie de leurs temps et le malheur personnel, ont su dévoiler aux lecteurs, ce qui n'était visible ni perceptible de cette manière et à ce niveau de conscience. Et c'est justement là que réside leur modernité poétique.
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