초현실주의 작품에 나타난 파리 공간의 역사성과 문학성 - 데스노스와 브르통의 작품을 중심으로
Historicité et littérarité des espaces parisiens dans les œuvres surréalistes - à partir de celles de Desnos et de Breton
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Dans les œuvres surréalistes, on trouve facilement des lieux et des monuments historiques de la ville de Paris. Cet article s’intéresse aux manières dont les écrivains surréalistes, notamment Desnos et Breton, représentent les sites parisiens dans leurs œuvres. Quand l’œuvre littéraire représente des lieux et des monuments historiques, elle peut en renforcer les significations déjà existantes, leur attribuer des significations nouvelles, et enfin produire des strates d’espace-texte complexe: espace qui se construit par destructions et reconstructions successives et forme comme un "palimpseste", un parchemin sur lequel on a maintes fois effacé et réécrit. Dans cet espace-texte s’entassent, sans distinction, différents temps et espaces, la réalité et la fiction. C’est un point de rencontre où se croisent, se superposent et se rencontrent la littérature et l’histoire. Les surréalistes errent jour et nuit dans les rues de Paris et les transforment par leur propre espace-texte. En se promenant dans la ville, ils se réjouissent de découvrir des signes insolites à travers le paysage quotidien, et de faire des rencontres imprévues. Les lieux de promenade ne sont pas pour eux ceux fixés par l’histoire, la morale et les coutumes. Ce sont les espaces de circulation, qui leur permettent de retourner vers eux-mêmes, vers leur inconscient et l’envers du monde. Les surréalistes expérimentent diverses manières de vider l’espace parisien de ses significations historiques et utilitaires, afin d’y verser leur propre histoire personnelle et d’y découvrir l’inconscient collectif et le merveilleux. Dans ce sens, aux yeux des surréalistes, Paris est avant tout un espace de transformation. Dans Quartier Saint-Merri (1936), poème de Robert Desnos, l’oreiller vendu par un marchand en plein air dans un quartier commercial redevient plumes, et celles-ci à leur tour se transforment en un oiseau qui s’envole et qui fait retentir son cri de liberté dans la nuit parisienne. Fréquemment, l’espace urbain devient organique. Dans Le Veilleur du Pont-au-Change (1942) de Desnos, ce pont qui est au cœur de Paris s’identifie au cœur du veilleur. Les deux cœurs superposés transfusent du sang et de l’espoir à tous ceux qui souffrent du nazisme, et à toutes les rues bloquées. De son côté, Breton transforme la Tour Saint-Jacques en tournesol chancelant dans deux poèmes : Tournesol (1923) et Vigilance (1932) ; l’héliotrope est ensuite représenté par le végétal nocturne qui "chancèle" pour se diriger vers le désir et l’amour personnel. Les noms de lieux urbains provoquent également des métamorphoses surréalistes. En général, les lieux et les monuments historiques de Paris portent des noms de grands hommes qualifiés historiquement. Par ailleurs, des activités spécifiques ont laissé leurs noms à des rues ou des quartiers où elles s’exerçaient. De tels noms indiquent immédiatement l’évènement historique, la signification religieuse, l’importance politique ou l’activité quotidienne et culturelle liés à ces lieux. Breton cherche à dépasser le contexte historique qui imprègne les noms de lieux parisiens, tout en soulignant l’ambiguïté phonétique et sémantique de certains d’entre eux. Dans la ville de Paris remodelée par Haussmann, on soulignait les réseaux et les courants urbains, on la divisait et la hiérarchisait. Mais les surréalistes, errant sans but dans ces mêmes lieux, attribuent des significations nouvelles et merveilleuses aux places désuètes, aux squares abandonnés, aux rues anonymes. En s’attardant sur les lieux de passage, ils en soulignent l’aspect symbolique, en tant que ce sont des lieux du présent permanent, qui permettent de nouvelles découvertes.
Abstract
Dans les œuvres surréalistes, on trouve facilement des lieux et des monuments historiques de la ville de Paris. Cet article s’intéresse aux manières dont les écrivains surréalistes, notamment Desnos et Breton, représentent les sites parisiens dans leurs œuvres. Quand l’œuvre littéraire représente des lieux et des monuments historiques, elle peut en renforcer les significations déjà existantes, leur attribuer des significations nouvelles, et enfin produire des strates d’espace-texte complexe: espace qui se construit par destructions et reconstructions successives et forme comme un "palimpseste", un parchemin sur lequel on a maintes fois effacé et réécrit. Dans cet espace-texte s’entassent, sans distinction, différents temps et espaces, la réalité et la fiction. C’est un point de rencontre où se croisent, se superposent et se rencontrent la littérature et l’histoire. Les surréalistes errent jour et nuit dans les rues de Paris et les transforment par leur propre espace-texte. En se promenant dans la ville, ils se réjouissent de découvrir des signes insolites à travers le paysage quotidien, et de faire des rencontres imprévues. Les lieux de promenade ne sont pas pour eux ceux fixés par l’histoire, la morale et les coutumes. Ce sont les espaces de circulation, qui leur permettent de retourner vers eux-mêmes, vers leur inconscient et l’envers du monde. Les surréalistes expérimentent diverses manières de vider l’espace parisien de ses significations historiques et utilitaires, afin d’y verser leur propre histoire personnelle et d’y découvrir l’inconscient collectif et le merveilleux. Dans ce sens, aux yeux des surréalistes, Paris est avant tout un espace de transformation. Dans Quartier Saint-Merri (1936), poème de Robert Desnos, l’oreiller vendu par un marchand en plein air dans un quartier commercial redevient plumes, et celles-ci à leur tour se transforment en un oiseau qui s’envole et qui fait retentir son cri de liberté dans la nuit parisienne. Fréquemment, l’espace urbain devient organique. Dans Le Veilleur du Pont-au-Change (1942) de Desnos, ce pont qui est au cœur de Paris s’identifie au cœur du veilleur. Les deux cœurs superposés transfusent du sang et de l’espoir à tous ceux qui souffrent du nazisme, et à toutes les rues bloquées. De son côté, Breton transforme la Tour Saint-Jacques en tournesol chancelant dans deux poèmes : Tournesol (1923) et Vigilance (1932) ; l’héliotrope est ensuite représenté par le végétal nocturne qui "chancèle" pour se diriger vers le désir et l’amour personnel. Les noms de lieux urbains provoquent également des métamorphoses surréalistes. En général, les lieux et les monuments historiques de Paris portent des noms de grands hommes qualifiés historiquement. Par ailleurs, des activités spécifiques ont laissé leurs noms à des rues ou des quartiers où elles s’exerçaient. De tels noms indiquent immédiatement l’évènement historique, la signification religieuse, l’importance politique ou l’activité quotidienne et culturelle liés à ces lieux. Breton cherche à dépasser le contexte historique qui imprègne les noms de lieux parisiens, tout en soulignant l’ambiguïté phonétique et sémantique de certains d’entre eux. Dans la ville de Paris remodelée par Haussmann, on soulignait les réseaux et les courants urbains, on la divisait et la hiérarchisait. Mais les surréalistes, errant sans but dans ces mêmes lieux, attribuent des significations nouvelles et merveilleuses aux places désuètes, aux squares abandonnés, aux rues anonymes. En s’attardant sur les lieux de passage, ils en soulignent l’aspect symbolique, en tant que ce sont des lieux du présent permanent, qui permettent de nouvelles découvertes.
참고문헌 (28)
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