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퐁주의 소나무 숲의 제작

La fabrique du bois de pins de Ponge

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Ponge est le poète des choses dont la connaissance profonde passe par l’élaboration des formules poétiques. Notre étude a pour but d’examiner comment Ponge fabrique « le bois de pins de paroles » à partir du bois de pins et quelle leçon il en tire. Le Carnet du Bois de pins est publié, avec six autres poèmes, dans un recueil intitulé La Rage de l’expression (1952). La « rage », c’est la colère et la passion du poète qui a ce besoin irrépressible de s’exprimer sur les choses mais contraint par un langage trop souvent imparfait. Aussi, ce poème est remarquable, parce qu’il annonce une forme nouvelle de publications : les « journaux poétiques ». Avec ces ouvrages comportant des réflexions sur la poésie, il change la notion de poème. Il ne s’agit plus du poème définitif, mais du poème indéterminé, du poème ouvert et pour ce faire, il recourt à la forme plus libre des « notes », du « carnet » ou du « cahier ». Si le poète rappelle à l’envie et de façon répétée les motifs de Vénus, déesse de l’amour, c’est que le bois de pins est saturé de son énergie créatrice : par son vent doux, son parfum discret ou quelque concert d’insectes, etc. Cet endroit de plaisir est comme le salon de coiffure de Vénus avec l’ampoule Phébus insérée : le poète imagine Vénus sortant de sa baignoire lacustre ou marine. Le bois est donc érotisé, plein de sensualité : il est le lieu de l’hédonisme épicurien. Une co-naissance de la nature et de l’homme s’y réalise. Le bois de pins est aussi comme une vaste cathédrale qui invite à la méditation. Mais ce temple ne promet aucune vie éternelle ; c’est un temple immanent où la mort même est affirmée comme la source de la vie. On remarque que l’écriture du poète suit le modèle de l’atomisme antique dans la partie « Formation d’un abcès poétique ». Ponge montre la possibilité de produire de nombreux poèmes par la permutation ad libitum des éléments indéformables d’un poème. Cette méthode n’est pas étrangère à la doctrine de l’atomisme des philosophes naturalistes de l’antiquité selon laquelle de nombreux choses sont crées par la combinaison des atomes en nombre fini. Dans la philosophie de Lucrèce, le mot elementa qui désigne les atomes signifie également les lettres. Cela veut dire que les choses et le texte suivent le même ordre. Les deux flèches entrecroisées dans le distique de l’introduction du poème, qui sous-entend la lecture libre, n’est pas sans rappeler le fameux clinamen, notion chère à Epicure, qui signifie le mouvement spontané des atomes dans le vide. Le peignoir de Vénus est tissé par le tissu sans sommeil, et l’expression « sans sommeil » rappelle encore une fois le motif de l’atomisme dans lequel aucun repos n’est accordé aux atomes ; ils produisent sans cesse des êtres nombreux. Aucun élément du bois ne demeure inerte. Dans le bois, la création sans trêve s’y réalise. Ponge redécouvre la nature en tant que lieu de repos et de méditation grâce au bois de pins et il en tire des leçons pour la vie en en créant des formules littéraires.

Abstract

Ponge est le poète des choses dont la connaissance profonde passe par l’élaboration des formules poétiques. Notre étude a pour but d’examiner comment Ponge fabrique « le bois de pins de paroles » à partir du bois de pins et quelle leçon il en tire. Le Carnet du Bois de pins est publié, avec six autres poèmes, dans un recueil intitulé La Rage de l’expression (1952). La « rage », c’est la colère et la passion du poète qui a ce besoin irrépressible de s’exprimer sur les choses mais contraint par un langage trop souvent imparfait. Aussi, ce poème est remarquable, parce qu’il annonce une forme nouvelle de publications : les « journaux poétiques ». Avec ces ouvrages comportant des réflexions sur la poésie, il change la notion de poème. Il ne s’agit plus du poème définitif, mais du poème indéterminé, du poème ouvert et pour ce faire, il recourt à la forme plus libre des « notes », du « carnet » ou du « cahier ». Si le poète rappelle à l’envie et de façon répétée les motifs de Vénus, déesse de l’amour, c’est que le bois de pins est saturé de son énergie créatrice : par son vent doux, son parfum discret ou quelque concert d’insectes, etc. Cet endroit de plaisir est comme le salon de coiffure de Vénus avec l’ampoule Phébus insérée : le poète imagine Vénus sortant de sa baignoire lacustre ou marine. Le bois est donc érotisé, plein de sensualité : il est le lieu de l’hédonisme épicurien. Une co-naissance de la nature et de l’homme s’y réalise. Le bois de pins est aussi comme une vaste cathédrale qui invite à la méditation. Mais ce temple ne promet aucune vie éternelle ; c’est un temple immanent où la mort même est affirmée comme la source de la vie. On remarque que l’écriture du poète suit le modèle de l’atomisme antique dans la partie « Formation d’un abcès poétique ». Ponge montre la possibilité de produire de nombreux poèmes par la permutation ad libitum des éléments indéformables d’un poème. Cette méthode n’est pas étrangère à la doctrine de l’atomisme des philosophes naturalistes de l’antiquité selon laquelle de nombreux choses sont crées par la combinaison des atomes en nombre fini. Dans la philosophie de Lucrèce, le mot elementa qui désigne les atomes signifie également les lettres. Cela veut dire que les choses et le texte suivent le même ordre. Les deux flèches entrecroisées dans le distique de l’introduction du poème, qui sous-entend la lecture libre, n’est pas sans rappeler le fameux clinamen, notion chère à Epicure, qui signifie le mouvement spontané des atomes dans le vide. Le peignoir de Vénus est tissé par le tissu sans sommeil, et l’expression « sans sommeil » rappelle encore une fois le motif de l’atomisme dans lequel aucun repos n’est accordé aux atomes ; ils produisent sans cesse des êtres nombreux. Aucun élément du bois ne demeure inerte. Dans le bois, la création sans trêve s’y réalise. Ponge redécouvre la nature en tant que lieu de repos et de méditation grâce au bois de pins et il en tire des leçons pour la vie en en créant des formules littéraires.

참고문헌 (22)

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  22. 퐁주 (프랑시스), "표현의 광란 La Rage de l’expression" (2000), 솔

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