퐁주의 감각의 시학: 시각적 사물에서 유희적 오브제로
La poétique de la sensation : la chose visible et l’objeu dans l’oeuvre de Francis Ponge
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초록
Francis Ponge est connu comme poète de la chose. Il consacre la plupart de sa vie à écrire sur les choses banales qu’on rencontre dans la vie quotidienne. L’écriture pongienne consiste principalement à métamorphoser l’image visuelle de la chose en l’objet sensoriel. Chez Ponge, l’aspect visible de la chose est négative, car la chose en tant qu’image visible est conçue comme un tyran qui domine tout le monde sans permettre la possibilité de communication. Ponge pratique ‘l’objeu’ en défaisant l’image de la chose par les mots. Cet article vise à étudier les caractéristiques de l’objet sensoriel tout particulièrement marqués dans les aliments tels que le pain, la figue, l’orange, la crevette, l’huître, etc. Pour élucider la poétique pongienne de l’objet, cet article se procèdera par les thèmes suivants : la mise en lumière de l’arrière-plan du “parti pris des choses”; la signification de la visibilité de la chose; la déconstruction de la surface visible de la chose; la transformation du ‘visible’ en ‘lisible’; la signification du matérialisme dans l’écriture pongienne à partir du rôle primordial des mots; ‘l’objeu’(terme néologique pongien qui réunit objet et jeu) et ‘l’objoie’(terme néologique pongien qui réunit objet et joie). La visibilité et la sensibilité sont les pairs qui vont avec la chose sans parole et l’objet exprimé par les mots. Dans la pratique de l’écriture pongienne qui transforme la chose muette en l’objet sensoriel, les mots sont les matériaux concrets du texte tout en jouant le rôle qui empêche l’écriture d’être enfermée dans la métaphysique et le lyrisme subjectif. La visibilité relève en effet de la problématique de la miésis dans la représentation littéraire. Et la mise en oeuvre de l’objet sensoriel par la déconstruction de l’image visible de la chose nous fait savoir que l’écriture pongienne réalise la dêconstuction du dualisme métaphysique traditionnel de la philosophie occidentale. La poétique de l’objet pongienne nous affirme que le texte est un tissage de signes et qu’il n’est autre qu’un acte de jeu effectuant ‘l’indécidabilité’ du sens au lieu de prétendre ‘vouloir signifier’. L’écriture pongienne se caractérise par la bonne distance entre mots et choses au lieu de s’agripper à la parfaite entente. Il s’agit d’un mouvement de dé-prise: la distanciation dans la proximité. D’où dérivent ‘l’objeu’ et ‘l’objoie’ qui se procurent comme “sapates”(la présence inouïe de l’objet fabriqué par les mots). Dans cette distanciation, il y a l’accord de la part de l’objet et en même temps de dessaisissement du sujet lui-même. Ce dessaisissement sera poussé jusqu’au point où l’auteur se détache de l’objet et de la forme même qui en résulte.
Abstract
Francis Ponge est connu comme poète de la chose. Il consacre la plupart de sa vie à écrire sur les choses banales qu’on rencontre dans la vie quotidienne. L’écriture pongienne consiste principalement à métamorphoser l’image visuelle de la chose en l’objet sensoriel. Chez Ponge, l’aspect visible de la chose est négative, car la chose en tant qu’image visible est conçue comme un tyran qui domine tout le monde sans permettre la possibilité de communication. Ponge pratique ‘l’objeu’ en défaisant l’image de la chose par les mots. Cet article vise à étudier les caractéristiques de l’objet sensoriel tout particulièrement marqués dans les aliments tels que le pain, la figue, l’orange, la crevette, l’huître, etc. Pour élucider la poétique pongienne de l’objet, cet article se procèdera par les thèmes suivants : la mise en lumière de l’arrière-plan du “parti pris des choses”; la signification de la visibilité de la chose; la déconstruction de la surface visible de la chose; la transformation du ‘visible’ en ‘lisible’; la signification du matérialisme dans l’écriture pongienne à partir du rôle primordial des mots; ‘l’objeu’(terme néologique pongien qui réunit objet et jeu) et ‘l’objoie’(terme néologique pongien qui réunit objet et joie). La visibilité et la sensibilité sont les pairs qui vont avec la chose sans parole et l’objet exprimé par les mots. Dans la pratique de l’écriture pongienne qui transforme la chose muette en l’objet sensoriel, les mots sont les matériaux concrets du texte tout en jouant le rôle qui empêche l’écriture d’être enfermée dans la métaphysique et le lyrisme subjectif. La visibilité relève en effet de la problématique de la miésis dans la représentation littéraire. Et la mise en oeuvre de l’objet sensoriel par la déconstruction de l’image visible de la chose nous fait savoir que l’écriture pongienne réalise la dêconstuction du dualisme métaphysique traditionnel de la philosophie occidentale. La poétique de l’objet pongienne nous affirme que le texte est un tissage de signes et qu’il n’est autre qu’un acte de jeu effectuant ‘l’indécidabilité’ du sens au lieu de prétendre ‘vouloir signifier’. L’écriture pongienne se caractérise par la bonne distance entre mots et choses au lieu de s’agripper à la parfaite entente. Il s’agit d’un mouvement de dé-prise: la distanciation dans la proximité. D’où dérivent ‘l’objeu’ et ‘l’objoie’ qui se procurent comme “sapates”(la présence inouïe de l’objet fabriqué par les mots). Dans cette distanciation, il y a l’accord de la part de l’objet et en même temps de dessaisissement du sujet lui-même. Ce dessaisissement sera poussé jusqu’au point où l’auteur se détache de l’objet et de la forme même qui en résulte.
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