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Une perspective d’avenir de la littérature algérienne de langue française au travers de son champ littéraire

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La littérature algérienne de langue française est-t-elle vouée à disparaître ou, au contraire, va-t-elle connaître un renouveau ? Telle est la question qui anime les spécialistes de cette littérature. Son déclin inévitable avait été annoncé par de nombreux écrivains maghrébins mais son « sursis » semble loin d’être arrivé à sa fin. Ce questionnement problématique est celui d’une étude relativement récente qui rappelle que le sort des littératures écrites dans les langues des colonisateurs reste souvent dans l’incertain au lendemain des indépendances. Notre article se fonde sur une approche pragmatique de la littérature. Nous considérons la littérature comme un dispositif communicationnel qui intègre à la fois l'auteur, le public et le support matériel du texte. Notre problématique de l’évolution de la littérature algérienne de langue française trouve ainsi sa dynamique dans les changements que connaissent les interactions entre ses principaux acteurs. Au lendemain de son indépendance, l’Algérie a été amputée d’une grande partie du support sociologique de sa vie intellectuelle et culturelle: la population comptait 93 % d’analphabètes, toute l’infrastructure éducative souffrait d’une extrême pauvreté et les intellectuels ne disposaient pas des moyens de faire connaître ses travaux. Conscient de l’urgence du défi, le gouvernement algérien lança un projet ambitieux d’alphabétisation, de création de bibliothèques et de maisons d’édition etc. Pourtant presque vingt ans après la mise en oeuvre de ce projet, le pays semblait toujours empêtré dans “ le marasme culturel ”. Le manque de ressources humaines était la principale cause de l’échec. Une nouvelle série de mesure en faveur de la lecture était prise en 1981 et a permis d’obtenir des résultats encourageants. Elle s’est, par ailleurs, accompagnée d’une augmentation sensible de la production livresque, bien que la situation, sur le terrain, ne permette pas encore de dire que « les livres sont mis à la portée de tous ». L’État algérien poursuit donc ses efforts non seulement dans la production des livres mais aussi dans leur diffusion. La plupart des oeuvre littéraire algériennes de langue française ont été publiées par des éditeurs français. Si la Société Nationale d’Édition et de Diffusion publie son premier roman en français dès l’année de sa création, en 1966, par la suite, elle n’a pas publié plus de dix ouvrages par an jusqu’au début des années 1990. Cette littérature fut défavorisée par rapport à la littérature de langue arabe qui profita de la politique officielle d’arabisation. Une grande partie de la production littéraire algérienne écrite en français continue à être publiée en France. Pourtant une évolution en faveur de la littérature en français se fait sentir avec « la réconciliation » culturelle avec la langue de l’ancien colonisateur depuis le milieu des années 1980. Il faut donc voir où va mener ce changement. L’éducation du peuple constituait un des domaines dans lequel l’État algérien s’est investi le plus en lui accordant 11% du budget national. En dépit du rythme de l’arabisation qui a quelque peu perturbé le fonctionnement de l’enseignement national, l’Algérie a réussi à atteindre un taux de 10% d’analphabètes chez les jeunes en 2002. Ceux qui savent lire ne sont cependant pas devenus les lecteurs. Les diverses statistiques montrent que le pays pourrait lire plus. Sa forte tradition orale, ainsi que certains facteurs sociologiques n’ont pas été favorables au développement de la lecture. L’intérêt « sérieux » que la jeune génération manifeste depuis deux décennies pour ce support matériel de sa vie intellectuelle fait espérer un avenir plutôt positif. Faute de statistiques, il est, pour l’instant, difficile de proposer une synthèse exhaustive sur le lectorat de la littérature algérienne de langue française. Une possibilité est d’essayer de comprendre sa situation à partir du nombre de parutions de titres littéraires et des observations critiques. On ne peut nier que le lectorat des oeuvres littéraires algériennes en français est, aujourd’hui, encore assez limité. L’élitisme, la tendance à l’introspection et à la recherche formelle sophistiquée qui caractérisent cette littérature peuvent être difficilement appréciés par la population. Cette littérature ne peut pas encore espérer un lectorat important. Mais tant que les francophones, leur nombre si réduits soit-il par la progression de l’arabisation, continuent de produire et d’apprécier cette littérature, elle continuera à faire partie de la culture algérienne et à l’animer.

Abstract

La littérature algérienne de langue française est-t-elle vouée à disparaître ou, au contraire, va-t-elle connaître un renouveau ? Telle est la question qui anime les spécialistes de cette littérature. Son déclin inévitable avait été annoncé par de nombreux écrivains maghrébins mais son « sursis » semble loin d’être arrivé à sa fin. Ce questionnement problématique est celui d’une étude relativement récente qui rappelle que le sort des littératures écrites dans les langues des colonisateurs reste souvent dans l’incertain au lendemain des indépendances. Notre article se fonde sur une approche pragmatique de la littérature. Nous considérons la littérature comme un dispositif communicationnel qui intègre à la fois l'auteur, le public et le support matériel du texte. Notre problématique de l’évolution de la littérature algérienne de langue française trouve ainsi sa dynamique dans les changements que connaissent les interactions entre ses principaux acteurs. Au lendemain de son indépendance, l’Algérie a été amputée d’une grande partie du support sociologique de sa vie intellectuelle et culturelle: la population comptait 93 % d’analphabètes, toute l’infrastructure éducative souffrait d’une extrême pauvreté et les intellectuels ne disposaient pas des moyens de faire connaître ses travaux. Conscient de l’urgence du défi, le gouvernement algérien lança un projet ambitieux d’alphabétisation, de création de bibliothèques et de maisons d’édition etc. Pourtant presque vingt ans après la mise en oeuvre de ce projet, le pays semblait toujours empêtré dans “ le marasme culturel ”. Le manque de ressources humaines était la principale cause de l’échec. Une nouvelle série de mesure en faveur de la lecture était prise en 1981 et a permis d’obtenir des résultats encourageants. Elle s’est, par ailleurs, accompagnée d’une augmentation sensible de la production livresque, bien que la situation, sur le terrain, ne permette pas encore de dire que « les livres sont mis à la portée de tous ». L’État algérien poursuit donc ses efforts non seulement dans la production des livres mais aussi dans leur diffusion. La plupart des oeuvre littéraire algériennes de langue française ont été publiées par des éditeurs français. Si la Société Nationale d’Édition et de Diffusion publie son premier roman en français dès l’année de sa création, en 1966, par la suite, elle n’a pas publié plus de dix ouvrages par an jusqu’au début des années 1990. Cette littérature fut défavorisée par rapport à la littérature de langue arabe qui profita de la politique officielle d’arabisation. Une grande partie de la production littéraire algérienne écrite en français continue à être publiée en France. Pourtant une évolution en faveur de la littérature en français se fait sentir avec « la réconciliation » culturelle avec la langue de l’ancien colonisateur depuis le milieu des années 1980. Il faut donc voir où va mener ce changement. L’éducation du peuple constituait un des domaines dans lequel l’État algérien s’est investi le plus en lui accordant 11% du budget national. En dépit du rythme de l’arabisation qui a quelque peu perturbé le fonctionnement de l’enseignement national, l’Algérie a réussi à atteindre un taux de 10% d’analphabètes chez les jeunes en 2002. Ceux qui savent lire ne sont cependant pas devenus les lecteurs. Les diverses statistiques montrent que le pays pourrait lire plus. Sa forte tradition orale, ainsi que certains facteurs sociologiques n’ont pas été favorables au développement de la lecture. L’intérêt « sérieux » que la jeune génération manifeste depuis deux décennies pour ce support matériel de sa vie intellectuelle fait espérer un avenir plutôt positif. Faute de statistiques, il est, pour l’instant, difficile de proposer une synthèse exhaustive sur le lectorat de la littérature algérienne de langue française. Une possibilité est d’essayer de comprendre sa situation à partir du nombre de parutions de titres littéraires et des observations critiques. On ne peut nier que le lectorat des oeuvres littéraires algériennes en français est, aujourd’hui, encore assez limité. L’élitisme, la tendance à l’introspection et à la recherche formelle sophistiquée qui caractérisent cette littérature peuvent être difficilement appréciés par la population. Cette littérature ne peut pas encore espérer un lectorat important. Mais tant que les francophones, leur nombre si réduits soit-il par la progression de l’arabisation, continuent de produire et d’apprécier cette littérature, elle continuera à faire partie de la culture algérienne et à l’animer.

참고문헌 (22)

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