『감정교육』L'Educ'sentime : 우울한 금전교육L'Educ'centime
L'Educ'sentime ou l'Educ'centime mélancolique
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초록
L'argent dans L'Education sentimentale a la même place que dans le monde balzacien : sa logique règne sur toutes les relations humaines à tel point que le désir d'argent constitue l'archétype même du désir. C'est une évidence. Cependant nous sentons que quelque chose dans ce roman, nommépar la postérité L'Educ'centime, échappe au monde de l'Argent-Dieu et le fuit. Notre étude vise à éclairer la provenance, la nature et la persistance de cette sensation. Frédéric se distingue fondamentalement des héros balzaciens par son inaction ; il ne se bat guère pour ou contre ce monde, il le subit ou se laisse porter par le cours des choses. La passivité, principal caractère de cet antihéros, le fait appartenir à "la race des déshérités", car dans le monde bourgeois le véritable héritier est l'homme d'action qui ne cesse de produire,d'accumuler et de faire circuler l'argent. La négligence et la nonchalance de Frédéric à l’égard de l'argent lui donnent un air généreux, mais cette générosité ne peut être tout à fait valorisée, puisqu'elle ne résulte pas de l'altruisme ou du désintéressement, mais du désoeuvrement et de la paresse,qui sont des attitudes négatives. En nous référant à l'interprétation que donne Agamben de l'acedia, mot latin désignant la paresse, nous essayons, en particulier à travers l'analyse de l'épisode des actions de houilles, de saisir la potentialité de l'acidiosus Frédéric, qui pourrait avoir de vrais biens avec lesquels l'argent n'a rien à voir et par lesquels le règne de l'argent s'estomperait, ainsi que son incapacité à concrétiser son potentiel, à faire de l'Amour ou de l'OEuvre qu'il rêve des réalités. Paradoxalement, Flaubert a besoin d’un héros paresseux pour que son roman devienne une machine de guerre contre le monde bourgeois, monde où la Vérité, d'après lui, n'existe pas en acte, où même les discours les plus révolutionnaires n'en dépassent pas l'horizon mais le consolident. Seul l'art peut montrer la Vérité et offrir une perception ou une conscience du monde non contaminées par la vision bourgeoise. L'ontologie de l'art flaubertien ressemble donc à celle de l'acedia, version médiévale de la mélancolie : dans le monde où la Vérité ne se trouve qu’en puissance, l'Art adopte la stratégie de la mélancolie qui fait surgir ce qu'on n'a jamais eu comme un objet perdu,percevoir ce qu'on ne peut représenter comme ce qui est impossible àreprésenter, et approcher allégoriquement ce dont on ne peut s'approcher. En prenant un être « incapable d'action » comme personnage principal,l'Education sentimentale illustre la manière d'être de l'Art, qui est négative,puisqu’il n'a rien à voir avec les valeurs bourgeoises comme le progrès, le développement, la morale, etc. C'est donc par le « style », en tant que «manière absolue de voir les choses » qui résulte de l’impersonnalité, que l'Education sentimentale fait résonner un autre monde que celui du bourgeois dont le succès commence et finit par l'argent. Et c'est au lecteur de tirer la « leçon » du roman, non pas seulement en lisant les lignes, mais en écoutant ce fameux « silence » où s'arrêtent tous les sens humains... trop humains.
Abstract
L'argent dans L'Education sentimentale a la même place que dans le monde balzacien : sa logique règne sur toutes les relations humaines à tel point que le désir d'argent constitue l'archétype même du désir. C'est une évidence. Cependant nous sentons que quelque chose dans ce roman, nommépar la postérité L'Educ'centime, échappe au monde de l'Argent-Dieu et le fuit. Notre étude vise à éclairer la provenance, la nature et la persistance de cette sensation. Frédéric se distingue fondamentalement des héros balzaciens par son inaction ; il ne se bat guère pour ou contre ce monde, il le subit ou se laisse porter par le cours des choses. La passivité, principal caractère de cet antihéros, le fait appartenir à "la race des déshérités", car dans le monde bourgeois le véritable héritier est l'homme d'action qui ne cesse de produire,d'accumuler et de faire circuler l'argent. La négligence et la nonchalance de Frédéric à l’égard de l'argent lui donnent un air généreux, mais cette générosité ne peut être tout à fait valorisée, puisqu'elle ne résulte pas de l'altruisme ou du désintéressement, mais du désoeuvrement et de la paresse,qui sont des attitudes négatives. En nous référant à l'interprétation que donne Agamben de l'acedia, mot latin désignant la paresse, nous essayons, en particulier à travers l'analyse de l'épisode des actions de houilles, de saisir la potentialité de l'acidiosus Frédéric, qui pourrait avoir de vrais biens avec lesquels l'argent n'a rien à voir et par lesquels le règne de l'argent s'estomperait, ainsi que son incapacité à concrétiser son potentiel, à faire de l'Amour ou de l'OEuvre qu'il rêve des réalités. Paradoxalement, Flaubert a besoin d’un héros paresseux pour que son roman devienne une machine de guerre contre le monde bourgeois, monde où la Vérité, d'après lui, n'existe pas en acte, où même les discours les plus révolutionnaires n'en dépassent pas l'horizon mais le consolident. Seul l'art peut montrer la Vérité et offrir une perception ou une conscience du monde non contaminées par la vision bourgeoise. L'ontologie de l'art flaubertien ressemble donc à celle de l'acedia, version médiévale de la mélancolie : dans le monde où la Vérité ne se trouve qu’en puissance, l'Art adopte la stratégie de la mélancolie qui fait surgir ce qu'on n'a jamais eu comme un objet perdu,percevoir ce qu'on ne peut représenter comme ce qui est impossible àreprésenter, et approcher allégoriquement ce dont on ne peut s'approcher. En prenant un être « incapable d'action » comme personnage principal,l'Education sentimentale illustre la manière d'être de l'Art, qui est négative,puisqu’il n'a rien à voir avec les valeurs bourgeoises comme le progrès, le développement, la morale, etc. C'est donc par le « style », en tant que «manière absolue de voir les choses » qui résulte de l’impersonnalité, que l'Education sentimentale fait résonner un autre monde que celui du bourgeois dont le succès commence et finit par l'argent. Et c'est au lecteur de tirer la « leçon » du roman, non pas seulement en lisant les lignes, mais en écoutant ce fameux « silence » où s'arrêtent tous les sens humains... trop humains.
참고문헌 (16)
- Flaubert, "L'Éducation sentimentale, In GF" (1985), Flammarion
- Flaubert, "Correspondance, In Pléiade”: vol Ⅱ, 1980; vol Ⅲ, 1991; vol Ⅴ, 2007" (2007), Gallimard
- 진인혜, "감정교육" (2011), 나남
- Agamben, Giorgio, "Stanze, Parole et fantasme dans la culture occidentale" (1998), Rivage poche
- Barthes, Roland, "Le plaisir du texte" (1973), Seuil
- Bem, Jeanne, "Le texte traversé" (1991), Honoré Champion
- Bourdieu, Pierre, "Les règles de l'art" (1992), Seuil
- De Biasi, "Une manière spéciale de vivre" (2009), Grasset
- Dufour, Philippe, "Le roman est un songe" (2010), Seuil
- Fedida, "L' Absence, In foli" (1978), Gallimard
- Genette, Gérard, "Silence de Flaubert" (1966), Seuil
- Leclerc, Yvan, "L'Education sentimentale" (1997), PUF
- Miranda, Luis de, "Une vie nouvelle est-elle possible?, In Deleuze et les lignes" (2009), Nous
- Ranciere, Jacques, "Politique de la littérature" (2007), Galilée
- Rousset, Jean, "Madame Bovary ou Livre sur rien, In Forme et Signification" (1970), José Corti
- 김홍중, "멜랑콜리와 모더니티:문화적 모더니티의 세계감(世界感) 분석", 한국사회학, 40(3), pp.1~31 (2006), 한국사회학회
