퐁주와 라모 − 음악적 조화의 미학
Ponge et Rameau : l’esthétique de l’harmonie musicale
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초록
La relation entre Ponge et la musique n’a pas suffisamment été explorée jusqu’à présent. Notre étude a pour but de rechercher les points de rapprochement entre la préoccupation du langage chez Ponge et celle de l’harmonie de Rameau afin d’en extraire l’esthétique commune. Ponge s’intéresse dès son enfance à la musique grâce à l’éducation musicale que ses parents lui offrent. Il aime Rameau ; il est son musicien préféré. D'ailleurs, Rameau est comparable à son grand maître Malherbe. Si Rameau intéresse Ponge, c’est parce qu’il intègre les qualités si particulièrement ‘françaises’ que sont l’inventivité, l’audace, la vertu de modération tout en gardant un esprit plein de rigueur pour élaborer voire renouveler son art. Rameau accompagne aussi ses pratiques artistiques de réflexions théoriques, ce qui le fait tout autant considérer comme un philosophe ou un savant. La musique de Rameau serait dans la lignée de l’harmonie musicale de la Grèce Antique. Il se considère aussi comme un descendant spirituel de Rameau, parce qu’il partage, avec lui, la perspective du monde reposant sur l’harmonie musicale. De ce point de vue, la moindre chose fait entendre la musica mundana. Cette musique n’a rien à voir avec celle de Pascal provenant de l’affreux silence de l’univers, parce qu’elle se produit parmi les choses concrètes. Elle donne la consolation musicale. En effet, Rameau a composé toute une série de pièces de clavecin portant des titres banals comme « Le rappel des oiseaux », « La villageoise », « Le lardon », « La boiteuse », « La poule ». La recherche de l’harmonie chez Rameau correspondrait à celle de l’épaisseur du langage chez Ponge, parce que la verticalité de l’harmonie, fondée sur des sons harmoniques, rejoint celle du langage établie sur l’axe paradigmatique des mots. En recourant à des observations scientifiques et à l’imagination, Ponge entend faire sonner les mots pour qu’ils puissent produire des sens divers. Le mot pré dans La Fabrique du Pré fournit un bon exemple. Ponge rejoint Rameau en ce qu’ils valorisent, tous les deux, la mesure et l’équilibre dans l’art. Il compare cet équilibre à l’action de tendre la lyre. Ni excès, ni manque ne peut produire la musique harmonieuse. Selon Ponge, Rameau est un musicien maniant la mesure et l’équilibre, parce qu’il compose, tel l’escargot qui fabrique sa maison de coquille pour son propre corps, les pièces musicales bien ajustées à l’homme. Son existence elle-même est une oeuvre d’art au même titre que ses pièces musicales, dans la mesure où il sait garder ses équilibres. Il en est de même pour l’existence d’autres artistes que Ponge apprécie comme Bach, Mallarmé, Chardin et Braque.
Abstract
La relation entre Ponge et la musique n’a pas suffisamment été explorée jusqu’à présent. Notre étude a pour but de rechercher les points de rapprochement entre la préoccupation du langage chez Ponge et celle de l’harmonie de Rameau afin d’en extraire l’esthétique commune. Ponge s’intéresse dès son enfance à la musique grâce à l’éducation musicale que ses parents lui offrent. Il aime Rameau ; il est son musicien préféré. D'ailleurs, Rameau est comparable à son grand maître Malherbe. Si Rameau intéresse Ponge, c’est parce qu’il intègre les qualités si particulièrement ‘françaises’ que sont l’inventivité, l’audace, la vertu de modération tout en gardant un esprit plein de rigueur pour élaborer voire renouveler son art. Rameau accompagne aussi ses pratiques artistiques de réflexions théoriques, ce qui le fait tout autant considérer comme un philosophe ou un savant. La musique de Rameau serait dans la lignée de l’harmonie musicale de la Grèce Antique. Il se considère aussi comme un descendant spirituel de Rameau, parce qu’il partage, avec lui, la perspective du monde reposant sur l’harmonie musicale. De ce point de vue, la moindre chose fait entendre la musica mundana. Cette musique n’a rien à voir avec celle de Pascal provenant de l’affreux silence de l’univers, parce qu’elle se produit parmi les choses concrètes. Elle donne la consolation musicale. En effet, Rameau a composé toute une série de pièces de clavecin portant des titres banals comme « Le rappel des oiseaux », « La villageoise », « Le lardon », « La boiteuse », « La poule ». La recherche de l’harmonie chez Rameau correspondrait à celle de l’épaisseur du langage chez Ponge, parce que la verticalité de l’harmonie, fondée sur des sons harmoniques, rejoint celle du langage établie sur l’axe paradigmatique des mots. En recourant à des observations scientifiques et à l’imagination, Ponge entend faire sonner les mots pour qu’ils puissent produire des sens divers. Le mot pré dans La Fabrique du Pré fournit un bon exemple. Ponge rejoint Rameau en ce qu’ils valorisent, tous les deux, la mesure et l’équilibre dans l’art. Il compare cet équilibre à l’action de tendre la lyre. Ni excès, ni manque ne peut produire la musique harmonieuse. Selon Ponge, Rameau est un musicien maniant la mesure et l’équilibre, parce qu’il compose, tel l’escargot qui fabrique sa maison de coquille pour son propre corps, les pièces musicales bien ajustées à l’homme. Son existence elle-même est une oeuvre d’art au même titre que ses pièces musicales, dans la mesure où il sait garder ses équilibres. Il en est de même pour l’existence d’autres artistes que Ponge apprécie comme Bach, Mallarmé, Chardin et Braque.
참고문헌 (13)
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- Francis Ponge, "Preuves et épreuves (Actes du Colloque, 3 juin 1999)", Université Jean Moulin Lyon 3, ~ (2002)
- Gateau (Jean-Charles), "Le « Parti pris des choses » suivi de « Proêmes » de Francis Ponge" (1997), Gallimard
- Gleize (Jean-Marie), "Lectures de Pièces de Francis Ponge. Les mots et les choses" (1988), Belin
- Kintzler (Catherine), "Rameau et les philosophes des Lumières, in Cahiers Musique Culture", Radio France-La Documentation française, ~ (1981)
- Francis Ponge, , Le Magazine Littéraire, (260) (1988)
- Lucrèce, "De la Nature" (1990), Les belles lettres
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- Ponge (Francis, "OEuvres complètes, Tome I, Bibliothèque de la Pléiade", Gallimard (1999)
- Ponge (Francis), "OEuvres complètes, Tome II, Bibliothèque de la Pléiade" (2002), Gallimard
