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시몬 드 보부아르의 『타인의 피』 : 자기기만 개념에 대한 윤리적 재해석

Le Sang des autres de Simone de Beauvoir : réinterprétation morale du concept de mauvaise foi

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Cette étude a pour objectif d’examiner comment se concrétise dans Le Sang des autres l’intention de Simone de Beauvoir de démontrer l’interrelation entre l’ontologie et la morale de l’existence. D’abord, dans Pyrrhus et Cinéas, publié un an avant la parution de ce roman, elle a tenté de le faire dans le cadre plus ou moins abstrait, c’est-à-dire philosophique. Par contre, l’auteur traite, dans le dernier, ce sujet à travers des expériences concrètes vécues par les personnages au sein des événements historiques qui se sont passés réellement en France environ le Deuxième Guerre Mondiale. Par conséquent, elle a réussi à y le réaliser en tant que question qui se lie à la vie réelle. Dans cette oeuvre romanesque, elle concrétise ce sujet autour du problème de “mauvaise foi”, concept que, dans L’Être et le néant, Sartre définit dans le cadre ontologique comme désir d’exister sur le mode de l’en-soi pour échapper à l’angoisse existentielle, inévitablement vécue par l’homme en tant qu’être-pour-soi, qui doit toujours être sur le mode du n’être-pas. Selon la logique sartrienne, il est impossible de couper totalement court à l’angoisse, parce qu’elle est “la conscience d’être son propre avenir sur le mode du n’être-pas”; on imagine dés lors que la mauvaise foi ne pourra, elle aussi, jamais être évitée, revenant sans cesse essayer de contrer l’angoisse. C’est pourquoi on peut dire que la mauvaise foi, selon Sartre, devient donc fatale, de même que l’angoisse. Fondamentalement, par rapport à ce concept, la position de Beauvoir n’est pas différente de celle de Sartre. Cependant, elle ne cesse de l’accepter sans condition, mais saisit ce concept de façon morale, en l’identifiant à celle d’inauthenticité. Ce fait nous montre que notre auteur, au contraire de Sartre, considère cet état, mauvaise foi, comme ce qui pourrait être surmonté par des efforts morales de l’homme. Le Sang des autres est sa première oeuvre littéraire où se concrétise la volonté beauvoirienne de parler d’une possibilité morale de surmonter la mauvaise foi. Surtout le changement dans la connaissance de l’existence, vécue par les deux personnages principaux, Jean Blomart et Hélène Bertrand au sein de la guerre, réalise bien la position de l’auteur qui considère la mauvaise foi comme ce qui pourrait être surmontée. A travers leur parcours, qui peut se résumer par le passage de l’illusion du solipsisme à la reconnaissance de l’existence en tant qu’“homme généreux”, Beauvoir affirme non seulement que pourrait être surmontée la mauvaise foi, mais aussi que la morale de l’existence, proposée par elle, n’est pas celle qui apporte des solutions ou détermine la direction de la vie, mais celle qui veut aider l’homme à assumer la condition ambiguë de son existence, ce faisant, demande à l’homme de prendre la responsabilité de sa liberté ainsi que celle des autres.

Abstract

Cette étude a pour objectif d’examiner comment se concrétise dans Le Sang des autres l’intention de Simone de Beauvoir de démontrer l’interrelation entre l’ontologie et la morale de l’existence. D’abord, dans Pyrrhus et Cinéas, publié un an avant la parution de ce roman, elle a tenté de le faire dans le cadre plus ou moins abstrait, c’est-à-dire philosophique. Par contre, l’auteur traite, dans le dernier, ce sujet à travers des expériences concrètes vécues par les personnages au sein des événements historiques qui se sont passés réellement en France environ le Deuxième Guerre Mondiale. Par conséquent, elle a réussi à y le réaliser en tant que question qui se lie à la vie réelle. Dans cette oeuvre romanesque, elle concrétise ce sujet autour du problème de “mauvaise foi”, concept que, dans L’Être et le néant, Sartre définit dans le cadre ontologique comme désir d’exister sur le mode de l’en-soi pour échapper à l’angoisse existentielle, inévitablement vécue par l’homme en tant qu’être-pour-soi, qui doit toujours être sur le mode du n’être-pas. Selon la logique sartrienne, il est impossible de couper totalement court à l’angoisse, parce qu’elle est “la conscience d’être son propre avenir sur le mode du n’être-pas”; on imagine dés lors que la mauvaise foi ne pourra, elle aussi, jamais être évitée, revenant sans cesse essayer de contrer l’angoisse. C’est pourquoi on peut dire que la mauvaise foi, selon Sartre, devient donc fatale, de même que l’angoisse. Fondamentalement, par rapport à ce concept, la position de Beauvoir n’est pas différente de celle de Sartre. Cependant, elle ne cesse de l’accepter sans condition, mais saisit ce concept de façon morale, en l’identifiant à celle d’inauthenticité. Ce fait nous montre que notre auteur, au contraire de Sartre, considère cet état, mauvaise foi, comme ce qui pourrait être surmonté par des efforts morales de l’homme. Le Sang des autres est sa première oeuvre littéraire où se concrétise la volonté beauvoirienne de parler d’une possibilité morale de surmonter la mauvaise foi. Surtout le changement dans la connaissance de l’existence, vécue par les deux personnages principaux, Jean Blomart et Hélène Bertrand au sein de la guerre, réalise bien la position de l’auteur qui considère la mauvaise foi comme ce qui pourrait être surmontée. A travers leur parcours, qui peut se résumer par le passage de l’illusion du solipsisme à la reconnaissance de l’existence en tant qu’“homme généreux”, Beauvoir affirme non seulement que pourrait être surmontée la mauvaise foi, mais aussi que la morale de l’existence, proposée par elle, n’est pas celle qui apporte des solutions ou détermine la direction de la vie, mais celle qui veut aider l’homme à assumer la condition ambiguë de son existence, ce faisant, demande à l’homme de prendre la responsabilité de sa liberté ainsi que celle des autres.

참고문헌 (14)

  1. Simone de Beauvoir, "Le Sang des autres" (1972), Gallimard
  2. Simone de Beauvoir, "La Force de l’âge" (1960), Gallimard
  3. Simone de Beauvoir, "Pour une morale de l’ambiguïté suivi de Pyrrhus et Cinéas, coll. Folio Essais" (2003), Gallimard
  4. Simone de Beauvoir, "L’existentialisme et la sagesse des nations" (2008), Gallimard
  5. Maurice Blanchot, "La part du feu", pp.188~203 (1949), Gallimard
  6. Colin Davis, "Simone de Bequvoir’s Le Sang des autres and the ethics of failure", The Modern Language Review, 93(1), pp.35~47 (1998), Modern Humanities Research Association
  7. Kimberly Hutchings, "de Beauvoir and the Ambiguous Ethics of Political Violence", dans Hypatia, 22(3), pp.111~132 (2007)
  8. Gilbert Joseph, "Une si douce Occupation : Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, 1940-1944" (1991), A. Michel
  9. Eva Lundgren-Gothlin, "Sexe et existence : La philosophie de Simon de Beauvoir, traduit de l’anglais par Mchiel Kail et Marie Ploux" (2001), Michalon
  10. Donovan Miyaski, "La violence politique comme mauvaise foi dans Le Sang des autres", (Re)Découvrir l’oeuvre de Simone de Beauvoir, Du Deuxième Sexe à La Cérémonie des adieux, actes du colloque tenu à l’université Paris 7 à l’occasion du centenaire de Simone de beauvoir, pp.407~413 (2008), Le Bord de l’eau
  11. Françoise Rétif, "Simone de Beauvoir : l’autre en miroir, l’Harmattan, coll. «Bibliothèque du féminisme" (1998)
  12. Jean-Paul Sartre, "L’Être et le Néant : essai d’ontologie phénoménologique, coll. Bibliothèque des idées" (1980), Gallimard
  13. Ashley King Scheu, "Living with the other’s pain : the ethical implications of Mitsein in Simone de Beauvoir’s Le sang des autres", Romance Quarterly, 59(4), pp.257~268 (2012)
  14. Ursula Tidd, "Simone de Beauvoir, coll. Routledge critical thinker" (2004), Routledge

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