윤리적 실존주의의 관점에서 본 타인의 살해 의미 -시몬 드 보부아르의『초대받은 여자』를 중심으로-
La signification du meurtre d'autrui au point de vue de l'existentialisme moral -autour de L'Invitée de Simone de Beauvoir-
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초록
Simone de Beauvoir a publié sa première oeuvre romanesque, L'Invitée, en 1943. Elle l'a écrite en s'inspirant des angoisses et conflits réels qu'elle a vécus au sein de la relation triangulaire entre elle-mê̂me, Jean-Paul Sartre et une jeune fille qui s'appelle Olga Kosakievicz. Les trois personnages de cette oeuvre, Françoise, Pierre et Xavière sont mis en jeu dans une relation triangulaire ; Françoise voit sa relation amoureuse avec Pierre bouleversée par l'entrée en scène de cette jeune femme, Xavière. A partir de ces moments, des conflits â̂pres se produisent entre eux. Ces expériences conflictuelles vécues par les trois personnages, comme l'avoue Beauvoir elle-mê̂me, reflètent bien celles de l'auteur. Par conséquent, de nombreux lecteurs sont tentés de lire cette oeuvre comme un simple récit autobiographique de Beauvoir, ou portent leur attention seulement sur la description vivante des conflits entre les personnages. Nous nous intéressons au contraire à la question morale qui se rapporte à la réalisation de la coexistence avec autrui. En ce sens, ce qui attire fortement notre attention, c'est le rô̂le joué par Xavière : briseuse des illusions mystifiantes par lesquelles est captivée Françoise, ainsi que motrice qui la conduit à accepter autrui comme condition indéniable et indispensable de l'existence. Dès sa première apparition, nous pouvons confirmer que Françoise est hantée par le double désir mystifiant : le désir de se dresser comme sujet unique dans le monde et celui d'échapper avec facilité à l'angoisse existentielle en menant son existence dans l'ombre d'autrui. L'apparition de Xavière qui se présente devant Françoise comme un indéniable sujet libre et autonome et qui l'arrache à l'abri offert par Pierre brise simultanément les deux désirs mystifiants de cette dernière ; Françoise qui vit en "conscience-Kitsch" reconnaî̂t progressivement le visage noir mais réel de l'existence, mais veut fuir devant cette réalité cruelle en faisant un choix fondé sur la mauvaise foi : une soumission unilatérale à l’autorité de Xavière ; dès lors, elle est dégradée en chose inerte qui ne se sent plus libre, influencée par la volonté de Xavière. Cependant, plus Françoise se soumet à Xavière, plus elle se trouve confrontée aux exigences plus sévères de Xavière qui veut anéantir totalement son ê̂tre. En face de ce manace, Françoise choisit enfin de tuer Xavière et de retourner au passé où le désir du solipsisme la dominait. L'existentialisme de Beauvoir peut se définir avant tout comme «existentialisme moral» qui nous demande sans cesse de reconnaî̂tre que la véritable relation entre les ê̂tres humains se fonde sur le principe de «réciprocité». Selon Beauvoir, comme tous les hommes sont libres et que nous devons mener notre existence dans la relation avec les autres, il nous faut accepter que la liberté de chacun se lie l'une à l'autre et notre ê̂tre ne se réalise qu'en choisissant d'ê̂tre en danger devant les libertés étrangères et divisées qui s'emparent de nous. Dans ce cadre de l'existentialisme moral beauvoirien, le meutre de Xavière par Françoise représente le mauvais choix fait par un individu qui renonce totalement à se mettre en relation réciproque, c'est-à-dire morale, avec les autres. A travers ce choix de Françoise, Beauvoir souligne la nécessité de coexister avec les autres dans la réciprocité.
Abstract
Simone de Beauvoir a publié sa première oeuvre romanesque, L'Invitée, en 1943. Elle l'a écrite en s'inspirant des angoisses et conflits réels qu'elle a vécus au sein de la relation triangulaire entre elle-mê̂me, Jean-Paul Sartre et une jeune fille qui s'appelle Olga Kosakievicz. Les trois personnages de cette oeuvre, Françoise, Pierre et Xavière sont mis en jeu dans une relation triangulaire ; Françoise voit sa relation amoureuse avec Pierre bouleversée par l'entrée en scène de cette jeune femme, Xavière. A partir de ces moments, des conflits â̂pres se produisent entre eux. Ces expériences conflictuelles vécues par les trois personnages, comme l'avoue Beauvoir elle-mê̂me, reflètent bien celles de l'auteur. Par conséquent, de nombreux lecteurs sont tentés de lire cette oeuvre comme un simple récit autobiographique de Beauvoir, ou portent leur attention seulement sur la description vivante des conflits entre les personnages. Nous nous intéressons au contraire à la question morale qui se rapporte à la réalisation de la coexistence avec autrui. En ce sens, ce qui attire fortement notre attention, c'est le rô̂le joué par Xavière : briseuse des illusions mystifiantes par lesquelles est captivée Françoise, ainsi que motrice qui la conduit à accepter autrui comme condition indéniable et indispensable de l'existence. Dès sa première apparition, nous pouvons confirmer que Françoise est hantée par le double désir mystifiant : le désir de se dresser comme sujet unique dans le monde et celui d'échapper avec facilité à l'angoisse existentielle en menant son existence dans l'ombre d'autrui. L'apparition de Xavière qui se présente devant Françoise comme un indéniable sujet libre et autonome et qui l'arrache à l'abri offert par Pierre brise simultanément les deux désirs mystifiants de cette dernière ; Françoise qui vit en "conscience-Kitsch" reconnaî̂t progressivement le visage noir mais réel de l'existence, mais veut fuir devant cette réalité cruelle en faisant un choix fondé sur la mauvaise foi : une soumission unilatérale à l’autorité de Xavière ; dès lors, elle est dégradée en chose inerte qui ne se sent plus libre, influencée par la volonté de Xavière. Cependant, plus Françoise se soumet à Xavière, plus elle se trouve confrontée aux exigences plus sévères de Xavière qui veut anéantir totalement son ê̂tre. En face de ce manace, Françoise choisit enfin de tuer Xavière et de retourner au passé où le désir du solipsisme la dominait. L'existentialisme de Beauvoir peut se définir avant tout comme «existentialisme moral» qui nous demande sans cesse de reconnaî̂tre que la véritable relation entre les ê̂tres humains se fonde sur le principe de «réciprocité». Selon Beauvoir, comme tous les hommes sont libres et que nous devons mener notre existence dans la relation avec les autres, il nous faut accepter que la liberté de chacun se lie l'une à l'autre et notre ê̂tre ne se réalise qu'en choisissant d'ê̂tre en danger devant les libertés étrangères et divisées qui s'emparent de nous. Dans ce cadre de l'existentialisme moral beauvoirien, le meutre de Xavière par Françoise représente le mauvais choix fait par un individu qui renonce totalement à se mettre en relation réciproque, c'est-à-dire morale, avec les autres. A travers ce choix de Françoise, Beauvoir souligne la nécessité de coexister avec les autres dans la réciprocité.
참고문헌 (14)
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