알베르 카뮈의 『이방인』 한국어 번역본들에 대한 문체론적 고찰
Considération stylistique sur les traductions coréennes de L’Étranger d’Albert Camus
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초록
Il existe bien des traductions coréennes de L’Étranger d’Albert Camus depuis la première apparition en 1953 dans le pays. L’œuvre est en effet considérée majeure parmi les romans modernes français ; tout particulièrement en Corée où il n’était pas rare de trouver des traductions qui ne se souciaient guère des droits d’auteur. La première tentative fut celle de Lee Whi-Young (이휘영). Elle fut la plus populaire et donc la plus consultée. Elle servira d’ailleurs de base aux futurs travaux des autres traducteurs qui la remanieront, voire la corrigeront. Kim Wha-Young (김화영), en particulier, spécialiste d’Albert Camus, a accompli en une dizaine d’années un grand projet de traduction vers le coréen des œuvres complètes d’Albert Camus pour les éditions Chaeksesang (책세상). Cette version de L’Étranger a été, a-t-il dit, aussi remaniée avec l’aide des précédentes tentatives, et corrigée en considération de changements linguistiques modernes du parler coréen. Cependant, d’autres nouvelles traductions sont apparues depuis quelques années par les traducteurs de la nouvelle génération dans le cadre de la collection de la littérature mondiale de quelques maisons d’éditions. On peut, par exemple citer celles de Kim Ye-Ryong (김예령) et Lee Kie-Un (이기언), spécialistes de l’auteur, et les comparer entre elles. Mais ces diverses versions révèlent certains désaccords avec les précédentes et en même temps quelques confusions au niveau des éléments fondamentaux dans les procédés traductologiques. C’est surtout celle de Lee Jeong-Seo (이정서) qui a fait couler beaucoup d’encre car elle comportait de nombreuses notes acerbes pleines d’ironie fustigeant les précédentes versions dont celles de Kim Wha-Young, reconnue pourtant pendant un certain temps pour sa qualité. Mais en considérant en détail les facteurs élémentaires dans les traductions comme le mot, les éléments grammaticaux et les différences culturelles du point de vue stylistique, on peut y trouver bien des points obscures et des fautes et erreurs ainsi que des décalages de style. Tout d’abord, au niveau du mot, presque toutes les versions se différencient dans la transcription des noms propres, dans l’appellation du statut et des titres mais également dans la transcription en parallèle en caractère chinois. Ensuite, quant aux éléments grammaticaux caractéristiques de l’œuvre comme le pronom personnel, le temps et le discours indirecte libre, il existe beaucoup de points relativement hétérogènes qui ne sont pas nécessairement dus à la différence de style et goût des traducteurs. En somme, bien qu’il y ait des traits intraduisibles entre le français et le coréen, on doit reconnaître la présence d’éléments et de parties maladroites dans les traductions actuelles. La version de Lee Jeong-Seo dernièrement apparue et prétendue la plus fidèle et sincère à l’œuvre mérite une mention spéciale par son déguisement de la réalité via une foisonnante rhétorique dans le prologue et aux notes garnies toutes personnelles n’apportant au final que des informations facultatives. On y décèle des maladresses ressemblant fortement à un simple recopiage pour ne pas dire plagiat des versions précédentes, principalement inspirée par celle de Kim Wha-Young. En conclusion, traduire L’Étranger reste toujours attractive par ses phrases claires et ses images naturelles qui s’y dégagent, mais en même temps complexe de par tous ses aspects paradoxaux : des phrases simples et un sentiment obscure, une progression linéaire dans une réflexion atemporelle, un récit court et un discours inachevé, etc. Par ses traits, on serait toujours tenter de lire et faire lire le texte en examinant chaque version pour établir un modèle de base applicable en classe de langue et en littérature française en Corée. Toutefois, il reste indispensable avant toute chose de suivre le texte à la lettre pour constater les éléments de stylistique et leurs effets de sens. Car c’est avec cette approche stylistique directe et sèche qu’il est possible d’arriver aux limites de la traduction. Et c’est là aussi qu’intervient la méthode grammaire-traduction à l’appui de la lecture stylistique comme une approche pertinente pour l’enseignement de la langue et littérature étrangères.
Abstract
Il existe bien des traductions coréennes de L’Étranger d’Albert Camus depuis la première apparition en 1953 dans le pays. L’œuvre est en effet considérée majeure parmi les romans modernes français ; tout particulièrement en Corée où il n’était pas rare de trouver des traductions qui ne se souciaient guère des droits d’auteur. La première tentative fut celle de Lee Whi-Young (이휘영). Elle fut la plus populaire et donc la plus consultée. Elle servira d’ailleurs de base aux futurs travaux des autres traducteurs qui la remanieront, voire la corrigeront. Kim Wha-Young (김화영), en particulier, spécialiste d’Albert Camus, a accompli en une dizaine d’années un grand projet de traduction vers le coréen des œuvres complètes d’Albert Camus pour les éditions Chaeksesang (책세상). Cette version de L’Étranger a été, a-t-il dit, aussi remaniée avec l’aide des précédentes tentatives, et corrigée en considération de changements linguistiques modernes du parler coréen. Cependant, d’autres nouvelles traductions sont apparues depuis quelques années par les traducteurs de la nouvelle génération dans le cadre de la collection de la littérature mondiale de quelques maisons d’éditions. On peut, par exemple citer celles de Kim Ye-Ryong (김예령) et Lee Kie-Un (이기언), spécialistes de l’auteur, et les comparer entre elles. Mais ces diverses versions révèlent certains désaccords avec les précédentes et en même temps quelques confusions au niveau des éléments fondamentaux dans les procédés traductologiques. C’est surtout celle de Lee Jeong-Seo (이정서) qui a fait couler beaucoup d’encre car elle comportait de nombreuses notes acerbes pleines d’ironie fustigeant les précédentes versions dont celles de Kim Wha-Young, reconnue pourtant pendant un certain temps pour sa qualité. Mais en considérant en détail les facteurs élémentaires dans les traductions comme le mot, les éléments grammaticaux et les différences culturelles du point de vue stylistique, on peut y trouver bien des points obscures et des fautes et erreurs ainsi que des décalages de style. Tout d’abord, au niveau du mot, presque toutes les versions se différencient dans la transcription des noms propres, dans l’appellation du statut et des titres mais également dans la transcription en parallèle en caractère chinois. Ensuite, quant aux éléments grammaticaux caractéristiques de l’œuvre comme le pronom personnel, le temps et le discours indirecte libre, il existe beaucoup de points relativement hétérogènes qui ne sont pas nécessairement dus à la différence de style et goût des traducteurs. En somme, bien qu’il y ait des traits intraduisibles entre le français et le coréen, on doit reconnaître la présence d’éléments et de parties maladroites dans les traductions actuelles. La version de Lee Jeong-Seo dernièrement apparue et prétendue la plus fidèle et sincère à l’œuvre mérite une mention spéciale par son déguisement de la réalité via une foisonnante rhétorique dans le prologue et aux notes garnies toutes personnelles n’apportant au final que des informations facultatives. On y décèle des maladresses ressemblant fortement à un simple recopiage pour ne pas dire plagiat des versions précédentes, principalement inspirée par celle de Kim Wha-Young. En conclusion, traduire L’Étranger reste toujours attractive par ses phrases claires et ses images naturelles qui s’y dégagent, mais en même temps complexe de par tous ses aspects paradoxaux : des phrases simples et un sentiment obscure, une progression linéaire dans une réflexion atemporelle, un récit court et un discours inachevé, etc. Par ses traits, on serait toujours tenter de lire et faire lire le texte en examinant chaque version pour établir un modèle de base applicable en classe de langue et en littérature française en Corée. Toutefois, il reste indispensable avant toute chose de suivre le texte à la lettre pour constater les éléments de stylistique et leurs effets de sens. Car c’est avec cette approche stylistique directe et sèche qu’il est possible d’arriver aux limites de la traduction. Et c’est là aussi qu’intervient la méthode grammaire-traduction à l’appui de la lecture stylistique comme une approche pertinente pour l’enseignement de la langue et littérature étrangères.
참고문헌 (20)
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- Albert Camus, "L’Étranger" (2005), texte intégral + dossier par Mériam Korichi, folioplus classiques
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- Molinié, G., "Éléments de stylistique française" (1986), Puf
- Sartre, J.-P., "Explication de « l’Étranger », Situations I" (1947), Gallimard
- Soignet, M., "Le français juridique" (2012), Hachette
- 정지영, "동아프라임 불한사전" (1998), 두산동아
- 이휘영, "엣센스불한사전" (1986), 민중서림
