뮈세의 『세기아의 고백』에 나타나는 아버지상
Les figures paternelles dans La confession d’un enfant du siècle d’Alfred de Musset
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초록
L’aporie où se trouve l’écriture de La confession d’un enfant du siècle de Musset consiste dans le fait que l’acte d’énonciation de confession a du mal à trouver le destinataire authentique. Tandis que Saint Augustin a pour son destinataire des Confessions le Père au ciel, Octave vit, depuis le Siècle des Lumières, dans un monde où Dieu n’est plus. Les enfants du siècle qui se voulaient fils de la Révolution et de l’Empire ont vu périr leur père Napoléon qu’ils croyaient immortel, alors que Gœthe et Byron qui sont venus en France avec le sourire paternel ne leur ont laissé que l’amertume de la désillusion. L’absence du père a entraî̂né la disparition de la Loi paternelle et l’aggravation du mal du siècle. A la nouvelle de la maladie de son père, Octave est retourné dans son pays natal pour ne trouver que son père mort. Le père est absent dans la patrie qui signifie littéralement le pays du père, et à sa place il n’y a que sa métonymie dégradée; désormais le carnet laissé par son père a servi de guide à Octave quand il voulait devenir comme son père. Il en va de mê̂me pour Desgenais qui lui a servi de guide en lui prê̂chant quelques règles du jeu de la société mondaine; il est un père dégradé dans une société dégradée. En s’appropriant le contenu du carnet, Octave s’est enfermé dans un monde imaginaire, dans lequel il est lié à Brigitte dans une relation œdipienne. Pour se nourrir de jalousie, Octave confère tantô̂t à Dalens le statut du père imaginaire, tantô̂t à Smith celui du fils imaginaire, et il occupe tour à tour les cases actantielles de fils ou de père. A la différence de Saint Augustin dont le pèlerinage de confession le ramène à son Père auquel il s’identifiera, l’égarement d’Octave causé par l’absence du Père lui fait recourir aux figures paternelles dégradées pour construire son identité. Las de s’identifier aux pères absents ou dégradés qui ne lui ont donné aucun repère, il est devenu lui-mê̂me un père pour se distancier de son double qu’il était. C’est à ce dernier qu’il s’adresse à la fin du texte comme destinataire. La confession est un dialogue avec l’Autre en soi. La quê̂te du père était pour Octave la quê̂te de cet Autre qui assumerait le rô̂le du destinataire du dialogue. Mais sa confession ne parvient pas à trouver un destinataire du dialogue et se réduit à un monologue stérile. Là résident l’aporie de sa confession et la racine de sa maladie.
Abstract
L’aporie où se trouve l’écriture de La confession d’un enfant du siècle de Musset consiste dans le fait que l’acte d’énonciation de confession a du mal à trouver le destinataire authentique. Tandis que Saint Augustin a pour son destinataire des Confessions le Père au ciel, Octave vit, depuis le Siècle des Lumières, dans un monde où Dieu n’est plus. Les enfants du siècle qui se voulaient fils de la Révolution et de l’Empire ont vu périr leur père Napoléon qu’ils croyaient immortel, alors que Gœthe et Byron qui sont venus en France avec le sourire paternel ne leur ont laissé que l’amertume de la désillusion. L’absence du père a entraî̂né la disparition de la Loi paternelle et l’aggravation du mal du siècle. A la nouvelle de la maladie de son père, Octave est retourné dans son pays natal pour ne trouver que son père mort. Le père est absent dans la patrie qui signifie littéralement le pays du père, et à sa place il n’y a que sa métonymie dégradée; désormais le carnet laissé par son père a servi de guide à Octave quand il voulait devenir comme son père. Il en va de mê̂me pour Desgenais qui lui a servi de guide en lui prê̂chant quelques règles du jeu de la société mondaine; il est un père dégradé dans une société dégradée. En s’appropriant le contenu du carnet, Octave s’est enfermé dans un monde imaginaire, dans lequel il est lié à Brigitte dans une relation œdipienne. Pour se nourrir de jalousie, Octave confère tantô̂t à Dalens le statut du père imaginaire, tantô̂t à Smith celui du fils imaginaire, et il occupe tour à tour les cases actantielles de fils ou de père. A la différence de Saint Augustin dont le pèlerinage de confession le ramène à son Père auquel il s’identifiera, l’égarement d’Octave causé par l’absence du Père lui fait recourir aux figures paternelles dégradées pour construire son identité. Las de s’identifier aux pères absents ou dégradés qui ne lui ont donné aucun repère, il est devenu lui-mê̂me un père pour se distancier de son double qu’il était. C’est à ce dernier qu’il s’adresse à la fin du texte comme destinataire. La confession est un dialogue avec l’Autre en soi. La quê̂te du père était pour Octave la quê̂te de cet Autre qui assumerait le rô̂le du destinataire du dialogue. Mais sa confession ne parvient pas à trouver un destinataire du dialogue et se réduit à un monologue stérile. Là résident l’aporie de sa confession et la racine de sa maladie.
참고문헌 (12)
- Alfred de Musset, "OEuvres complètes en prose" (1960), Bibliothèque de la Pléiade, Editions Gallimard
- Alfred de Musset, "Théâtre complet, Paris" (1990), Bibliothèque de la Pléiade, Editions Gallimard
- Alfred de Musset, "La confession d’un enfant du siècle" (1973), Editions Gallimard
- Véronique Bartoli, "Les énigmes du moi, Saint Augustin, Les confessions, Musset, Lorenzaccio, Leiris, l’Âge d’homme" (2008), Ellipses
- Gilles Castagnès, "Littératures n.61. Musset un romantique né classique", pp.87~102 (2009), Presses Universitaires du Mirail
- Alain Heyvaert, "La transparence et l’indicible dans l’oeuvre d’Alfred de Musset" (1994), Klincksieck
- Henri Lefebvre, "Musset" (1970), L’Arche
- Bernard Masson, "Le masque, le double et la personne dans quelques comédies et proverbes", Revue des sciences humaines, (108), pp.551~572 (1962)
- Robert J. O’Connell, "St. Augustine’s Confessions, the odyssey of soul" (1989), Fordham University Press
- Martine Reid, "La confession selon Musset", Littérature, (67), pp.53~72 (1987)
- Paul Ricoeur, "Soi-même comme un autre" (1990), Editions du Seuil
- Jean-Yves Tadié, I, "Introduction à la vie littéraire du XIXe siècle" (1984), Bordas
