『랑제 공작부인』과 1832년 이후 발자크의 정치관
La Duchesse de Langeais et la Pensée politique de Balzac après 1832
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La Duchesse de Langeais est connu pour être un roman de vengeance que Balzac a écrit après son échec amoureux avec la marquise de Castries. Il est vrai que son amour pour elle était le motif principal du roman. Cependant, il a également une importance politique non négligeable, du fait que l’auteur y exprime sa pensée politique après sa “conversion légitimiste”. Pour commencer notre étude, nous avons d’abord parcouru les pas politiques de Balzac depuis 1830. Au moment de la Révolution de juillet, Balzac participait au journalisme littéraire et faisait partie de l’équipe libérale de littérateurs et d’artistes groupés autour d’Emile Girardin. Mais il se gardait d’écrire des articles dans les revues politiques soit royaliste, soit libérale et se tenait à distance des partis politiques. Cependant, Balzac qui paraissait indifférent aux activités politiques, finit par s’engager lors de l’élection générale de juin 1831. Il ne parvient pas à ses fins, mais il comprend alors la nécessité d’adhérer à un parti qui peut le soutenir. Le voilà donc converti en légitimiste vers la fin de l’année 1831. Ce n’est donc pas madame de Castries qui l’a influencé directement pour sa conversion. Mais il est certain que Balzac déployait des activités de plus en plus importantes dans le parti légitimiste au cours de l’année 1832 où il fréquentait cette femme et son oncle, le duc de Fitz-James, un des chefs du parti. Or, entre sa pensée politique et celle de ses alliés légitimistes, il y une différence fondamentale. Tout d’abord Balzac exprime son admiration pour Napoléon, le grand ennemi des royalistes. Ensuite, il insiste sur l’erreur qu’a commise la Restauration de s’opposer aux résultats de 1789 et aux idées qu’a produites la Révolution. Enfin, il prétend établir un plan politique se confortant aux idées nouvelles de l’époque. Comme on le voit, son légitimisme n’est pas orthodoxe. Sa conversion serait donc une sorte de stratégie politique. Par conséquent, il n’est pas étonnant que plusieurs de ses articles aient été refusés par les rédacteurs de la revue légitimiste, comme Le Rénovateur. Il voyait s’éloigner ses espoirs d’élection générale et éprouvait une gê̂ne à se sentir un instrument entre les mains du parti. C’est pourquoi il aspirait à exposer sa pensée politique personnelle plus librement. Dès ce moment, il songeait à faire connaître sa pensée politique et sociale à un public plus large que celui des revues de quelque parti, au public de ses romans qui s’accroissait depuis quelques années. La Duchesse de Langeais est donc un des romans représentatifs qui trahissent son intention d’exprimer sa pensée politique tout en gardant son indépendance à l’égard de son parti. Une grande partie du deuxième chapitre intitulé <l’Amour dans le paroisse Saint-Thomas-d’Aquin>, est consacrée à une longue dissertation sur les fautes commises par l’aristocratie française sous la Restauration. Ces pages qui paraissent peu nécessaires à la trame du récit, pouvant même nuire à son intérê̂t dramatique, sont pourtant les pages les plus intéressantes, parce qu’elles manifestent l’intention ferme de l’auteur d’utiliser sa production littéraire pour exposer sa pensée politique et sociale. La duchesse de Langeais, “le type le plus complet de la nature de sa caste”, représente le faubourg Saint-Germain sous la Restauration qui n’a pas duré longtemps par manque de consistance. A cô̂té d’elle, le marquis de Montriveau, son amant, est le fils de la Révolution et de l’Empire de Napoléon. Fort, courageux, sauvage, énergique, ce soldat de Bonaparte qui s’aventurait en Afrique pour la recherche scientifique, avait une certaine célébrité dans la société parisienne. Si Madame de Langeais se résout à conquérir cet homme, c’est parce qu’elle sait que son aventure avec ce grand homme la distraira de sa vie aristocratique si ennuyeuse. Or, la distance entre les deux amants est aussi grande que celle entre l’aristocratie du faubourg Saint-Germain et le soldat de l’Empire napoléonien. Par conséquent, il leur est impossible de se réunir. La différence entre eux est surtout marquée dans leur débat politique. La duchesse insiste sur le rô̂le de la religion pour la politique et le général critique les erreurs de l’aristocratie qui refuse le résultat de la Révolution. Or, l’opinion politique de la duchesse et celle du général, toutes deux, représentent la pensée politique de Balzac lui-même. La lecture de La Duchesse de Langeais nous confirme que, malgré sa déclaration de légitimiste, son idée politique n’exclut pas une vue historique progressiste basée sur le libéralisme. C’est ainsi qu’il n’existe pas de décalage réel entre le Balzac de 1830 et celui de 1834. Il est vrai qu’il refuse l’égalité, qu’il accepte les classes sociales, qu’il réclame une monarchie absolue gouvernée par un grand homme, mais il continue à critiquer les fautes de l’aristocratie anachronique sous la Restauration, à admirer Napoléon, à maintenir le résultat de la Révolution et à exiger d’adapter un plan politique à l’esprit nouveau de l’époque. Enfin, il n’a pas changé. Il voulait surtout dépasser tous les partis politiques par son arme personnelle, qui n’est autre que la littérature. A partir de 1833-1834, il abandonne la politique, il abandonne le journalisme, et il se concentre sur la production littéraire. Il manifeste ses préoccupations d’ordre social et politique sur un plan littéraire, indépendamment et librement. C’est à ce moment-là, que son idée grandiose d’attribuer une unité dans toutes ses oeuvres est née. Cette idée révélatrice annonce ainsi la naissance de la Comédie humaine.
Abstract
La Duchesse de Langeais est connu pour être un roman de vengeance que Balzac a écrit après son échec amoureux avec la marquise de Castries. Il est vrai que son amour pour elle était le motif principal du roman. Cependant, il a également une importance politique non négligeable, du fait que l’auteur y exprime sa pensée politique après sa “conversion légitimiste”. Pour commencer notre étude, nous avons d’abord parcouru les pas politiques de Balzac depuis 1830. Au moment de la Révolution de juillet, Balzac participait au journalisme littéraire et faisait partie de l’équipe libérale de littérateurs et d’artistes groupés autour d’Emile Girardin. Mais il se gardait d’écrire des articles dans les revues politiques soit royaliste, soit libérale et se tenait à distance des partis politiques. Cependant, Balzac qui paraissait indifférent aux activités politiques, finit par s’engager lors de l’élection générale de juin 1831. Il ne parvient pas à ses fins, mais il comprend alors la nécessité d’adhérer à un parti qui peut le soutenir. Le voilà donc converti en légitimiste vers la fin de l’année 1831. Ce n’est donc pas madame de Castries qui l’a influencé directement pour sa conversion. Mais il est certain que Balzac déployait des activités de plus en plus importantes dans le parti légitimiste au cours de l’année 1832 où il fréquentait cette femme et son oncle, le duc de Fitz-James, un des chefs du parti. Or, entre sa pensée politique et celle de ses alliés légitimistes, il y une différence fondamentale. Tout d’abord Balzac exprime son admiration pour Napoléon, le grand ennemi des royalistes. Ensuite, il insiste sur l’erreur qu’a commise la Restauration de s’opposer aux résultats de 1789 et aux idées qu’a produites la Révolution. Enfin, il prétend établir un plan politique se confortant aux idées nouvelles de l’époque. Comme on le voit, son légitimisme n’est pas orthodoxe. Sa conversion serait donc une sorte de stratégie politique. Par conséquent, il n’est pas étonnant que plusieurs de ses articles aient été refusés par les rédacteurs de la revue légitimiste, comme Le Rénovateur. Il voyait s’éloigner ses espoirs d’élection générale et éprouvait une gê̂ne à se sentir un instrument entre les mains du parti. C’est pourquoi il aspirait à exposer sa pensée politique personnelle plus librement. Dès ce moment, il songeait à faire connaître sa pensée politique et sociale à un public plus large que celui des revues de quelque parti, au public de ses romans qui s’accroissait depuis quelques années. La Duchesse de Langeais est donc un des romans représentatifs qui trahissent son intention d’exprimer sa pensée politique tout en gardant son indépendance à l’égard de son parti. Une grande partie du deuxième chapitre intitulé <l’Amour dans le paroisse Saint-Thomas-d’Aquin>, est consacrée à une longue dissertation sur les fautes commises par l’aristocratie française sous la Restauration. Ces pages qui paraissent peu nécessaires à la trame du récit, pouvant même nuire à son intérê̂t dramatique, sont pourtant les pages les plus intéressantes, parce qu’elles manifestent l’intention ferme de l’auteur d’utiliser sa production littéraire pour exposer sa pensée politique et sociale. La duchesse de Langeais, “le type le plus complet de la nature de sa caste”, représente le faubourg Saint-Germain sous la Restauration qui n’a pas duré longtemps par manque de consistance. A cô̂té d’elle, le marquis de Montriveau, son amant, est le fils de la Révolution et de l’Empire de Napoléon. Fort, courageux, sauvage, énergique, ce soldat de Bonaparte qui s’aventurait en Afrique pour la recherche scientifique, avait une certaine célébrité dans la société parisienne. Si Madame de Langeais se résout à conquérir cet homme, c’est parce qu’elle sait que son aventure avec ce grand homme la distraira de sa vie aristocratique si ennuyeuse. Or, la distance entre les deux amants est aussi grande que celle entre l’aristocratie du faubourg Saint-Germain et le soldat de l’Empire napoléonien. Par conséquent, il leur est impossible de se réunir. La différence entre eux est surtout marquée dans leur débat politique. La duchesse insiste sur le rô̂le de la religion pour la politique et le général critique les erreurs de l’aristocratie qui refuse le résultat de la Révolution. Or, l’opinion politique de la duchesse et celle du général, toutes deux, représentent la pensée politique de Balzac lui-même. La lecture de La Duchesse de Langeais nous confirme que, malgré sa déclaration de légitimiste, son idée politique n’exclut pas une vue historique progressiste basée sur le libéralisme. C’est ainsi qu’il n’existe pas de décalage réel entre le Balzac de 1830 et celui de 1834. Il est vrai qu’il refuse l’égalité, qu’il accepte les classes sociales, qu’il réclame une monarchie absolue gouvernée par un grand homme, mais il continue à critiquer les fautes de l’aristocratie anachronique sous la Restauration, à admirer Napoléon, à maintenir le résultat de la Révolution et à exiger d’adapter un plan politique à l’esprit nouveau de l’époque. Enfin, il n’a pas changé. Il voulait surtout dépasser tous les partis politiques par son arme personnelle, qui n’est autre que la littérature. A partir de 1833-1834, il abandonne la politique, il abandonne le journalisme, et il se concentre sur la production littéraire. Il manifeste ses préoccupations d’ordre social et politique sur un plan littéraire, indépendamment et librement. C’est à ce moment-là, que son idée grandiose d’attribuer une unité dans toutes ses oeuvres est née. Cette idée révélatrice annonce ainsi la naissance de la Comédie humaine.
참고문헌 (19)
- Honoré de Balzac, "La Duchesse de Langeais, Edition établie et annotée par Roger Fortassier in La Comédie humaine" (1977), Gallimard
- Honoré de Balzac, "La Duchesse de Langeais" (1988), GF Flammarion
- Honoré de Balzac, "Ferragus, établi et annoté par Roger Fortassier in La Comédie humaine" (1977), Gallimard
- Honoré de Balzac, "Dezesperance d’amour, in Contes drolatiques", pp.414~422 (1921), Librairie Garnier Frères
- Honoré de Balzac, "Médecin de campagne, in La Comédie humaine" (1966)
- Honoré de Balzac, "Correspondance I (1809-1835)" (2006), Gallimard
- Honoré de Balzac, "Le Rénovateur, Tome II", pp.153~163 (1832), Au bureau du Rénovateur
- Honoré de Balzac, "Le Rénovateur, Tome I", pp.26~30 (1832), Au bureau du Rénovateur
- Honoré de Balzac, "Le Rénovateur, Tome II", pp.66~72 (1832), Au bureau du Rénovateur
- Honoré de Balzac, "Lettre à Madame Hanska (1832-1844)" (1990), Robert Laffont
- Pierre Barbéris, "Une Mythologie réaliste" (1971), Larousse
- Anne-Marie Baron, "La Duchesse de Langeais ou la coquetterie du narrateur", Le Courrier balzacien, (34), pp.5~17 (1989)
- Roland Chollet, "De Dezesperance d’amour à La Duchesse de Langeais", L’Année balzacienne, pp.93~120 (1965)
- Bernard Guyon, "La Pensée politique et sociale de Balzac" (1967), Armand Colin
- Michaël Tilby, "La Duchesse de Langeais en livraisons : Balzac et L’Echo de la Jeune France", L’Année balzacienne, pp.259~282 (2008)
- 이동렬, "발자크 문학의 이념적 성격", 인문논총, 23, pp.45~63 (1990), 서울대학교 인문학연구원
- 이철의, "『시골의사』에 나타난 주인공의 현실 인식", 불어불문학연구, 25, pp.195~214 (1990), 한국불어불문학회
- 이철의, "탈정치 혹은 작가의 권리청원 –발자크의 ‘1830년의 전환’에 대한 한 해석", 어문학연구, 8, pp.1~19 (1999), 상명대학교 어문학연구소
- 이철의, "역사에 대한 회의와 소설의 기다림 –『파리 통신』의 문제의식", 한국프랑스학논집, 29, pp.209~239 (2000), 한국프랑스학회
