사랑의 담론, 혹은 신뢰의 딜레마 - 『클레브 공 부인』을 중심으로
Le discours d’amour ou le dilemme de confiance autour de La Princesse de Clèves
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초록
La princesse de Clèves est aimée de son mari en même temps que de son amant, M. de Nemours. Mais La Princesse de Clèves a la particularité de ne pas permettre la réalisation de l’amour entre deux personnes qui s’aiment. Nous pouvons dire que le seul amour possible, c’est l’amour impossible, car Mme de Clèves choisit d’aimer sans être aimée. Nous nous demandons pourquoi elle renonce à l’amour charnel et sur quoi est fondé son amour. Nous croyons que son amour est fondé sur la morale léguée par sa mère. Pour comprendre cette exigence éthique, nous avons introduit la notion de la ‘confiance’ dont nous retenons trois caractéristiques : la confiance permet avant tout de parler des secrets entre deux amoureux ; ensuite, elle apparaît comme une promesse de n'aimer personne d’autre que celui ou celle à qui on avoue des secrets ; et enfin, elle est liée à la politique. Dès que l’amour comme confiance s'avère être inséparablement lié à la vanité politique, la confiance commence à détruire l’amour après avoir uni deux personnes qui s'aiment. Ce que nous baptisons le dilemme de la confiance. Ce dilemme nous amène à considérer l'amour de Mme de Clèves comme un don : chez elle, l’amour n'est possible que lorsqu’il est un acte gratuit, c'est-à-dire sans espoir de recevoir aucune récompense. A côté de cet amour, celui de M. de Nemours apparaît comme une conquête narcissique et celui de M. de Clèves comme de la jalousie. De ces trois divergences d'amour vient ce “quelque chose à souhaiter au-delà de sa possession”. Cela rend l'amour insatisfaisant et impossible. L’amour comme don se réalise sous la forme de la retraite définitive que Mme de Clèves a prise après l'aveu célèbre devant M. de Nemours. Etant donné que la confiance demande l'aveu des secrets à ceux qu’on aime, la retraite paraît être son contraire. Nous en tirons trois conséquences remarquables : d'abord, l’aveu retarde la réalisation d’amour ; ensuite, la retraite signifie moins le renoncement de l’amour que la reprise du contrôle de soi ; elle permet à Mme de Clèves de jouir du plaisir solitaire. La retraite nous fait comprendre que dans la cour d’Henri II, la seule façon de garder l'amour est de disparaître, car la confiance nie l’amour. Nous pouvons constater que le dilemme de la confiance rend l’amour impossible et que de cette impossibité nait le discours d’amour.
Abstract
La princesse de Clèves est aimée de son mari en même temps que de son amant, M. de Nemours. Mais La Princesse de Clèves a la particularité de ne pas permettre la réalisation de l’amour entre deux personnes qui s’aiment. Nous pouvons dire que le seul amour possible, c’est l’amour impossible, car Mme de Clèves choisit d’aimer sans être aimée. Nous nous demandons pourquoi elle renonce à l’amour charnel et sur quoi est fondé son amour. Nous croyons que son amour est fondé sur la morale léguée par sa mère. Pour comprendre cette exigence éthique, nous avons introduit la notion de la ‘confiance’ dont nous retenons trois caractéristiques : la confiance permet avant tout de parler des secrets entre deux amoureux ; ensuite, elle apparaît comme une promesse de n'aimer personne d’autre que celui ou celle à qui on avoue des secrets ; et enfin, elle est liée à la politique. Dès que l’amour comme confiance s'avère être inséparablement lié à la vanité politique, la confiance commence à détruire l’amour après avoir uni deux personnes qui s'aiment. Ce que nous baptisons le dilemme de la confiance. Ce dilemme nous amène à considérer l'amour de Mme de Clèves comme un don : chez elle, l’amour n'est possible que lorsqu’il est un acte gratuit, c'est-à-dire sans espoir de recevoir aucune récompense. A côté de cet amour, celui de M. de Nemours apparaît comme une conquête narcissique et celui de M. de Clèves comme de la jalousie. De ces trois divergences d'amour vient ce “quelque chose à souhaiter au-delà de sa possession”. Cela rend l'amour insatisfaisant et impossible. L’amour comme don se réalise sous la forme de la retraite définitive que Mme de Clèves a prise après l'aveu célèbre devant M. de Nemours. Etant donné que la confiance demande l'aveu des secrets à ceux qu’on aime, la retraite paraît être son contraire. Nous en tirons trois conséquences remarquables : d'abord, l’aveu retarde la réalisation d’amour ; ensuite, la retraite signifie moins le renoncement de l’amour que la reprise du contrôle de soi ; elle permet à Mme de Clèves de jouir du plaisir solitaire. La retraite nous fait comprendre que dans la cour d’Henri II, la seule façon de garder l'amour est de disparaître, car la confiance nie l’amour. Nous pouvons constater que le dilemme de la confiance rend l’amour impossible et que de cette impossibité nait le discours d’amour.
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