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알비 십자군 시대의 페르 카르드날 풍자시에 대한 연구

Étude sur les sirventès de Peire Cardenal dans la période albigeoise.

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Les troubadours composent des sirventès, chants de sirven (serviteur), pour célébrer les mérites de leur maî̂tre et dénigrer les opposants de ce dernier. A l’époque médiévale, le sieventès est le moyen le plus efficace de propagande. Ce genre atteint à l’apogée à la période de la croisade contre les albigeois, en faisant naître Peire Cardenal, le plus grand des troubadours du XIIIe siècle. Ce poète satirique manifeste dans ses sirventès son hostilité envers des envahisseurs français et des clercs puissants, responsables de la croisade albigeoise. Comme ses sirventès sont des poémes de circonstance inspirés par des affaires actuelles, nous tentons de considérer le contexte social, politique et religieux dont ils sont nés. Pour cela, nous allons observer les sirventès de Peire Cardenal en suivant l’ordre des événements de l’époque : le début de la croisade, le concile de Latran, la ligue de l’Occitanie et l’Inquisition. Au début de la croisade, Peire Cardenal critique d’une façon virulente les évêques, les légats qui, en prêchant, ont conduit des croisés à massacrer des civiles : « Tel qui s’orne d’une couronne et porte blanc vêtement vole, trahit, ment, tue et empoisonne. » (19, vv. 25-26, 29-30) ; « En mangeant, il tua son aïeul et un enfant de son seigneur. » (16, 56-57) Après le quatrième concile du Latran qui a destitué Raimon Ⅵ et élu Simon de Montfort comme maître de Toulouse, le poète se lamente ainsi : « Fausseté et démesure ont livré bataille contre vérité et droiture et fausseté l’a emporté. » (17, vv. 1-4) Il déprécie les Français, « buveurs », desquels sort le mal qui déferle sur la société. En revanche, il exalte le comte de Toulouse dont « la valeur est si grande qu’elle embellit le monde entier. » (17, vv. 39-40) Après la mort de Simon de Montfort, la situation de guerre devient défavorable aux croisées. Pour sortir de cette crise, le pape conseille à Louis Ⅷ de participer à la guerre. Juste avant l’invasion d’Avignon par l’armée du roi, Peire Cardenale s’adresse aux Méridionaux de se liguer contre les Français. « Que Marseille, Arles et Avignon tiennent là-bas une seule route et que Carpentras et Cavaillon, Valence et Die, Vienne et le mont Pipet et le Donjon prennent pour roi le plus excellent. » (15, vv. 11-12, 16) Ensuite il loue le comte jeune, Raimon Ⅶ : « tout comme l’eau sort de la fontaine, de lui naît chevalerie. » (15, vv. 43-44) Malgré tous ces éfforts, le traité de paix est conclu en 1229, ce qui signifie la fin de l’autonomie occitane. Peu après, à Toulouse, s’établit le tribunal de l’Inquisition pour extirper les hérétiques. Le poète invente alors un portrait très négatif de l’Inquisiteur dominicain : gros mangeur, gros buveur, bonimenteur, simoniaque, hypocrite, paillard. Dans ses poèmes anticléricals et antifrançais, nous pouvons ainsi trouver l’esprit de la civilisation occitane, détruite et disparue par les armes. « Car, dit Simone Weil, c’est l’esprit même d’une civilisation qui s’exprime dans les tableaux qu’en donnent ses poètes. »

Abstract

Les troubadours composent des sirventès, chants de sirven (serviteur), pour célébrer les mérites de leur maî̂tre et dénigrer les opposants de ce dernier. A l’époque médiévale, le sieventès est le moyen le plus efficace de propagande. Ce genre atteint à l’apogée à la période de la croisade contre les albigeois, en faisant naître Peire Cardenal, le plus grand des troubadours du XIIIe siècle. Ce poète satirique manifeste dans ses sirventès son hostilité envers des envahisseurs français et des clercs puissants, responsables de la croisade albigeoise. Comme ses sirventès sont des poémes de circonstance inspirés par des affaires actuelles, nous tentons de considérer le contexte social, politique et religieux dont ils sont nés. Pour cela, nous allons observer les sirventès de Peire Cardenal en suivant l’ordre des événements de l’époque : le début de la croisade, le concile de Latran, la ligue de l’Occitanie et l’Inquisition. Au début de la croisade, Peire Cardenal critique d’une façon virulente les évêques, les légats qui, en prêchant, ont conduit des croisés à massacrer des civiles : « Tel qui s’orne d’une couronne et porte blanc vêtement vole, trahit, ment, tue et empoisonne. » (19, vv. 25-26, 29-30) ; « En mangeant, il tua son aïeul et un enfant de son seigneur. » (16, 56-57) Après le quatrième concile du Latran qui a destitué Raimon Ⅵ et élu Simon de Montfort comme maître de Toulouse, le poète se lamente ainsi : « Fausseté et démesure ont livré bataille contre vérité et droiture et fausseté l’a emporté. » (17, vv. 1-4) Il déprécie les Français, « buveurs », desquels sort le mal qui déferle sur la société. En revanche, il exalte le comte de Toulouse dont « la valeur est si grande qu’elle embellit le monde entier. » (17, vv. 39-40) Après la mort de Simon de Montfort, la situation de guerre devient défavorable aux croisées. Pour sortir de cette crise, le pape conseille à Louis Ⅷ de participer à la guerre. Juste avant l’invasion d’Avignon par l’armée du roi, Peire Cardenale s’adresse aux Méridionaux de se liguer contre les Français. « Que Marseille, Arles et Avignon tiennent là-bas une seule route et que Carpentras et Cavaillon, Valence et Die, Vienne et le mont Pipet et le Donjon prennent pour roi le plus excellent. » (15, vv. 11-12, 16) Ensuite il loue le comte jeune, Raimon Ⅶ : « tout comme l’eau sort de la fontaine, de lui naît chevalerie. » (15, vv. 43-44) Malgré tous ces éfforts, le traité de paix est conclu en 1229, ce qui signifie la fin de l’autonomie occitane. Peu après, à Toulouse, s’établit le tribunal de l’Inquisition pour extirper les hérétiques. Le poète invente alors un portrait très négatif de l’Inquisiteur dominicain : gros mangeur, gros buveur, bonimenteur, simoniaque, hypocrite, paillard. Dans ses poèmes anticléricals et antifrançais, nous pouvons ainsi trouver l’esprit de la civilisation occitane, détruite et disparue par les armes. « Car, dit Simone Weil, c’est l’esprit même d’une civilisation qui s’exprime dans les tableaux qu’en donnent ses poètes. »

참고문헌 (23)

  1. LAVAUD René, "Poésies complètes du troubadour Peire Cardenal (1180-1278)" (1957), Privat
  2. LEVY Emil, "Petit Dictionnaire Provençale-Français" (1909), Carl Winter
  3. RAYNOUARD Français-Just-Marie, "Grammaire romane ou grammaire de la langue des troubadours" (1816), Firmin Didot
  4. ROMIEU Maurice, "La lenga del trobar, Precis de gramatica d’occitan ancian" (1999), Presses universitaires de Bordeaux
  5. ANGLADE Joseph, "Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influences" (1919), Librairie Armand Colin
  6. AURELL Martin, "La vielle et l’épée : troubadours et politique en Provence au XIIIe siècle" (1989), Aubier Montaigne
  7. BRUNEL-LOBRICHON Geneviève, "Au temps des troubadours, XIIe-XIIIe siècles" (1997), Hachette
  8. CASSIGNOL Etienne, "France d’oïl contre France d’oc, la première guerre franco-française" (2006), La compagnie littéraire
  9. DUBY Georges, "Le moyen âge" (1987), Hachette
  10. DUBY Georges, "Mâle moyen âge" (1988), Flammarion
  11. GOUGAUD Henri, "Poèmes politiques des troubadours" (1974), Bélibaste
  12. GOUGAUD Henri, "Chanson de la croisade albigeoise" (1989), Librairie générale française
  13. HASENOHR G, "Dictionnaire des lettres françaises, le moyen âge" (1992), Fayard
  14. JEANROY Alfred, "La poésie lyrique des troubadours, 2 vol" (1934), Privat
  15. LOMENEC’H Gérard, "Aliénor d’Aquitaine et les troubadours" (1997), Editions Sud Ouest
  16. MARROU Henri-Iréné, "Les troubadours" (1971), Seuil
  17. MAYER Paul, "La chanson de la croisade contre les albigeois, 2 vol" (1875), Librairie Renouard
  18. NELLI René, "L’érotique des troubadours" (1963), Privat
  19. NELLI René, "Les cathares du languedoc au XIIIesiècle" (1995), Hachette
  20. RAGUIN Marjolaine, "Lorsque la poésie fait le souverain : Étude sur la chanson de la croisade albigeoise" (2015), Honoré champion
  21. THIOLIER-MÉJEAN Suzanne, "L’archet et le lutrin, enseignement et foi dans la poésie médiévale d’oc" (2008), L’Harmattan
  22. WEIL Simone, "Écrits historiques et politiques" (1960), Gallimard
  23. ZERNER-CHARDAVOINE Monique, "La croisade albigeoise" (1979), Gallimard

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