트루바두르 시에 나타난 ‘핀아무르’의 문학적 표현과 사회적 의미 - 기욤 9세에서 베르나르 드 방타두르까지
Les expressions littéraires de la fin'amor et ses significations sociales chez les troubadours : de Guillaume Ⅸ à Bernard de Ventadour
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Nous examinerons, dans cette étude, un processus de formation de la fin'amor troubadouresque, en analysant des cansos des troubadours : de Guillaume Ⅸ à Bernard de Ventadour. Et nous y ajouterons brièvement une signification sociale à l'égard de cet amour pur, nous référant à Georges Duby. Guillaume Ⅸ, le premier troubadour, écrivait à ses débuts des poèmes libertins, grivois, misogynes, mais plus tard, il parvient à célébrer un amour plus épuré, plus idéalisé : soumission à la dame, galanterie, joie d'amour. Nous pouvons ainsi dire qu'il a ébauché un code de la fin'amor. Ce thème de soumission à la dame n'a pourtant pas la mê̂me signification chez les troubadours qui lui succèdent. Tandis que Guillaume Ⅸ se soumet à la dame comme une sorte de jeu galant, ceux-là vouent respectueusement leur passion platonique envers une dame inaccessible de haut rang. C'est Cercamon qui donne l'image la plus complète de la fin'amor : un éloge de la beauté de la dame, une timidité excessive en sa presence, un service loyal durable, un désir pour des faveurs semi-charnelles, semi-platoniques. La fin'amor de Cercamon se veut sage, mesurée et quelque peu socialisée. Jaufré Rudel porte d'emblée la fin'amor à la hauteur spirituelle. Presque tous ses poèmes sont consacrés à une dame lointaine. Dans Lanquan li jorn son lonc en may, il répète sans cesse amor de lonh en changeant des articles et des démonstratifs. Plus la dame est éloignée, plus elle sera idéalisée et finement aimée. Bernard de Ventadour est considéré comme le représentant le plus éminent de la canso troubadouresque classique. Son univers poétique a deux grands pô̂les autour desquels il gravite : la joie et la douleur, qui correspondent aux deux états d'â̂me contradictoires de la fin'amor. Or, dans une étape suivante se produit une synthèse dialéctique : une douce douleur. Chez lui, l'amour demeure plutô̂t dans le désir même, à savoir, dans la joie du désir que dans la joie de l'assouvissement. D'après Georges Duby, la fin'amor est un jeu éducatif où «les jeunes», des hommes sans épouse légitime, maîtrisent leurs pulsions et leurs sentiments. La fin'amor leur apprenait à servir, servir étant le devoir du bon vassal. En effet, c'était l'amour du prince que les jeunes aspiraient à s'acquérir, tout en servant son épouse. Nous pouvons en trouver quelques exemples dans les œuvres poétiques des troubadours. Certains poètes appellent souvent leur dame mi dons. Le senhal masculin aussi provient de l'assimilation de la suzeraine au suzerain. Le service de fin'amor, c'était ainsi une réplique du service vassalique. Tout cela nous conduit à affirmer que cette idéologie de fin'amor entraî̂nait, au Ⅻe siècle, à l'évolution de la sensibilité, ce qui contribuait, par ailleurs, à la sublimation et à l'idéalisation de l'amour.
Abstract
Nous examinerons, dans cette étude, un processus de formation de la fin'amor troubadouresque, en analysant des cansos des troubadours : de Guillaume Ⅸ à Bernard de Ventadour. Et nous y ajouterons brièvement une signification sociale à l'égard de cet amour pur, nous référant à Georges Duby. Guillaume Ⅸ, le premier troubadour, écrivait à ses débuts des poèmes libertins, grivois, misogynes, mais plus tard, il parvient à célébrer un amour plus épuré, plus idéalisé : soumission à la dame, galanterie, joie d'amour. Nous pouvons ainsi dire qu'il a ébauché un code de la fin'amor. Ce thème de soumission à la dame n'a pourtant pas la mê̂me signification chez les troubadours qui lui succèdent. Tandis que Guillaume Ⅸ se soumet à la dame comme une sorte de jeu galant, ceux-là vouent respectueusement leur passion platonique envers une dame inaccessible de haut rang. C'est Cercamon qui donne l'image la plus complète de la fin'amor : un éloge de la beauté de la dame, une timidité excessive en sa presence, un service loyal durable, un désir pour des faveurs semi-charnelles, semi-platoniques. La fin'amor de Cercamon se veut sage, mesurée et quelque peu socialisée. Jaufré Rudel porte d'emblée la fin'amor à la hauteur spirituelle. Presque tous ses poèmes sont consacrés à une dame lointaine. Dans Lanquan li jorn son lonc en may, il répète sans cesse amor de lonh en changeant des articles et des démonstratifs. Plus la dame est éloignée, plus elle sera idéalisée et finement aimée. Bernard de Ventadour est considéré comme le représentant le plus éminent de la canso troubadouresque classique. Son univers poétique a deux grands pô̂les autour desquels il gravite : la joie et la douleur, qui correspondent aux deux états d'â̂me contradictoires de la fin'amor. Or, dans une étape suivante se produit une synthèse dialéctique : une douce douleur. Chez lui, l'amour demeure plutô̂t dans le désir même, à savoir, dans la joie du désir que dans la joie de l'assouvissement. D'après Georges Duby, la fin'amor est un jeu éducatif où «les jeunes», des hommes sans épouse légitime, maîtrisent leurs pulsions et leurs sentiments. La fin'amor leur apprenait à servir, servir étant le devoir du bon vassal. En effet, c'était l'amour du prince que les jeunes aspiraient à s'acquérir, tout en servant son épouse. Nous pouvons en trouver quelques exemples dans les œuvres poétiques des troubadours. Certains poètes appellent souvent leur dame mi dons. Le senhal masculin aussi provient de l'assimilation de la suzeraine au suzerain. Le service de fin'amor, c'était ainsi une réplique du service vassalique. Tout cela nous conduit à affirmer que cette idéologie de fin'amor entraî̂nait, au Ⅻe siècle, à l'évolution de la sensibilité, ce qui contribuait, par ailleurs, à la sublimation et à l'idéalisation de l'amour.
참고문헌 (27)
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- MAROL Jean-Claude, "Amour libéré" (1998), Dervy
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