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라마르틴느의 이상화된 사랑

L’amour idéalisé chez Lamartine

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초록

On sait que Julie (Mme Charles) a joué un rôle considérable dans la création littéraire de Lamartine : s’il ne l’avait pas rencontrée au lac du Bourget, il ne nous aurait pas laissé ses Méditations poétiques du moins telles que nous les avons aujourd’hui. Qui est cette femme pour lui ? Quelle est la conception de l’amour qu’il exprime à travers cette rencontre? La tradition littéraire et le contexte historique, quel rôle ont-ils joué dans cette histoire d’amour et dans cette façon de l’exprimer? Toutes ces questions, ce sont des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article. Invocation est un des rares poèmes où le poète parle uniquement et d’une manière assez directe de sa bien-aimée qu’est Julie. Il l’y appelle continuellement sous différents noms : «Habitante du ciel, passagère en ces lieux», «fille de la terre, ou du divin séjour», «Soeur des anges». Ce qu’il veut exprimer par ces appellations est sans équivoque : elle n’appartient pas à ce monde, elle n’est pas une femme, mais plutôt une divinité. Une telle idéalisation est confirmée dans Raphaël, roman paru beaucoup plus tard après la mort de sa bien-aimée. Les raisons de cette idéalisation doivent être plurielles. Dans l’état amoureux, l’homme a tendance à valoriser l’objet de son amour. Mais des raisons plus profondes doivent être cherchées dans la vie intérieure particulière de Lamartine, voici une phrase qui la résume : «mes courses sans but ; mon retour sans espoir dans la maison paternelle ; les mélancolies dont j’étais dévoré ; le désir de mourir ; le désenchantement de tout : enfin la langueur physique, résultat de la lassitude de l’âme». Il faut y ajouter la crise de foi qu’il traverse dans sa jeunesse sous l’influence des philosophes du XVIIIe siècle, notamment Voltaire. Toutes ces inquiétudes, tous ces malaises demandent une solution qu’il cherchera dans l’amour. Dans cette logique, plus l’amour sera idéalisé, mieux il répondra aux besoins psychologiques et métaphysiques du poète. C'est précisément Julie qui, en devenant une sorte de déesse, console la douleur de son coeur, satisfait sa soif d’absolu. Mais Julie ne se borne pas à remplir ces fonctions négatives, elle lui fournit l’occasion de faire l'expérience de la transcendance. C'est à travers elle qu’il devine l’infini, c'est aussi par elle qu’il parviendra à croire à l’immortalité de l’âme. En un mot, pour Lamartine elle est une expérience de l’absolu. Il n’est donc pas étonnant que cet amour finisse par devenir un chemin vers Dieu. L’idéalisation de la femme n’est pas une invention du romantisme. C’est une longue tradition littéraire qui remonte jusqu’au Moyen âge. Mais on peut dire qu’à l’époque romantique, elle renaît en se renouvelant avec plus d'intimité, plus de nécessité et plus de sincérité. Les facteurs historiques agissent inévitablement sur son évolution. Il faut situer dans ce contexte l’amour idéalisé par Lamartine : tout en continuant l'héritage des troubadours, l’écrivain le modifie à la mesure du temps.

Abstract

On sait que Julie (Mme Charles) a joué un rôle considérable dans la création littéraire de Lamartine : s’il ne l’avait pas rencontrée au lac du Bourget, il ne nous aurait pas laissé ses Méditations poétiques du moins telles que nous les avons aujourd’hui. Qui est cette femme pour lui ? Quelle est la conception de l’amour qu’il exprime à travers cette rencontre? La tradition littéraire et le contexte historique, quel rôle ont-ils joué dans cette histoire d’amour et dans cette façon de l’exprimer? Toutes ces questions, ce sont des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article. Invocation est un des rares poèmes où le poète parle uniquement et d’une manière assez directe de sa bien-aimée qu’est Julie. Il l’y appelle continuellement sous différents noms : «Habitante du ciel, passagère en ces lieux», «fille de la terre, ou du divin séjour», «Soeur des anges». Ce qu’il veut exprimer par ces appellations est sans équivoque : elle n’appartient pas à ce monde, elle n’est pas une femme, mais plutôt une divinité. Une telle idéalisation est confirmée dans Raphaël, roman paru beaucoup plus tard après la mort de sa bien-aimée. Les raisons de cette idéalisation doivent être plurielles. Dans l’état amoureux, l’homme a tendance à valoriser l’objet de son amour. Mais des raisons plus profondes doivent être cherchées dans la vie intérieure particulière de Lamartine, voici une phrase qui la résume : «mes courses sans but ; mon retour sans espoir dans la maison paternelle ; les mélancolies dont j’étais dévoré ; le désir de mourir ; le désenchantement de tout : enfin la langueur physique, résultat de la lassitude de l’âme». Il faut y ajouter la crise de foi qu’il traverse dans sa jeunesse sous l’influence des philosophes du XVIIIe siècle, notamment Voltaire. Toutes ces inquiétudes, tous ces malaises demandent une solution qu’il cherchera dans l’amour. Dans cette logique, plus l’amour sera idéalisé, mieux il répondra aux besoins psychologiques et métaphysiques du poète. C'est précisément Julie qui, en devenant une sorte de déesse, console la douleur de son coeur, satisfait sa soif d’absolu. Mais Julie ne se borne pas à remplir ces fonctions négatives, elle lui fournit l’occasion de faire l'expérience de la transcendance. C'est à travers elle qu’il devine l’infini, c'est aussi par elle qu’il parviendra à croire à l’immortalité de l’âme. En un mot, pour Lamartine elle est une expérience de l’absolu. Il n’est donc pas étonnant que cet amour finisse par devenir un chemin vers Dieu. L’idéalisation de la femme n’est pas une invention du romantisme. C’est une longue tradition littéraire qui remonte jusqu’au Moyen âge. Mais on peut dire qu’à l’époque romantique, elle renaît en se renouvelant avec plus d'intimité, plus de nécessité et plus de sincérité. Les facteurs historiques agissent inévitablement sur son évolution. Il faut situer dans ce contexte l’amour idéalisé par Lamartine : tout en continuant l'héritage des troubadours, l’écrivain le modifie à la mesure du temps.

참고문헌 (10)

  1. Baudelaire, "OEuvres complètes I" (1975), Gallimard
  2. Burney (Pierre), "L'amour" (1984), PUF
  3. Guillemin (Henri), "Lamartine" (1987), seuil
  4. Lamartine, "OEuvres poétiques (Bibliothéque de la Pléiade)" (1963), Gallimard
  5. Lamartine, "Raphaël" (1990), Ed. du Roher
  6. 1808-1915, "Correspondance Lamartine-Virieu", pp.1987, Lamartine
  7. Lecercle (J.-L.), "L'amour" (1991), Bordas
  8. Rimbaud, "OEuvres" (1987), Garnier
  9. Stendhal, "De l'amour" (1969), Gallimard
  10. Viallaneix (Paul), "Lamartine, Le livre du centenaire" (1971), Flammarion

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