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프랑스문화정책 50년 : 문화 민주화를 중심으로

50 ans de la politique culturelle de la France : autour de la démocratisation culturelle

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Depuis la création du Ministère de la Culture et de la Communication en 1959, les politiques culturelles se sont développées à partir d'un objectif de démocratisation culturelle. Envisagée par le biais de la diffusion des oeuvres artistiques, la démocratisation était conçue comme une extension vers des publics éloignés des sources culturelles pour des raisons physiques, psychologiques ou sociologiques. Alors comment donner accès à la culture au plus grand nombre? Le temps, la gratuité et la médiation suffisent-ils pour attirer le public? Malgré son impact positif sur le plan géographique et institutionnel, l'accroissement de l'offre culturelle s'est avéré avoir un effet contraire à ce que l’on en attendait: l'augmentation de la consommation de ceux qui avaient déjà accès à la culture. Les faibles résultats des politiques de démocratisation culturelle, considérés comme un échec total par beaucoup, ont remis en question l'efficacité générale de ces actions. Si l'effort de démocratisation a échoué, parmi foule de raisons, c'est parce que l'on a négligé l'éducation artistique en restant enfermé dans une vision étroite et élitaire de l'art; que l'on est plus ou moins fatigué des institutions culturelles vieillottes qui oublient les conditions sociales de réception de l'art; et que le ministère de la culture et de la communication n'a pas su « communiquer » avec la télévision, étant donné que les Français passent plus de 3 heures par jour devant l'écran. D'où la nécessité d'ajouter une véritable politique de démocratie culturelle, mouvement du bas vers le haut, à la politique de démocratisation culturelle, mouvement du haut vers le bas. Il est, certes, louable de reconnaître la diversité culturelle portée par chaque citoyen, de le faire participer aux activités culturelles, de réhabiliter les cultures minoritaires, de soutenir les activités telles que les métiers de l'art, les arts de la rue, etc., et, en somme, de faire « bouger » l'ordre social immuable des pratiques culturelles. Néanmoins, la démocratie culturelle peut favoriser l'amateurisme au lieu de l'exigence artistique, des pratiques au lieu de la création en confondant l'art avec la satisfaction multiforme de chacun, et, surtout, en restant dans le social au lieu de garder l'âme artistique. Encore une nouvelle impasse! Aujourd'hui, le cycle Malraux-Lang touche à sa fin. La culture a besoin d'une politique publique en faveur de la transmission du patrimoine culturel et de la création contemporaine. Mais cette fois, il conviendra de veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public et aux changements de société en évitant le populisme et le commercialisme; assurer des politiques d'éducation artistique et culturelle à l'école et développer des activités de formation continue à l’attention du public tout au long de la vie; et apprendre à gérer les formes émergentes. Ainsi, en conclusion, il vaudrait mieux faire converger les deux démarches complémentaires, démocratie culturelle et démocratisation culturelle.

Abstract

Depuis la création du Ministère de la Culture et de la Communication en 1959, les politiques culturelles se sont développées à partir d'un objectif de démocratisation culturelle. Envisagée par le biais de la diffusion des oeuvres artistiques, la démocratisation était conçue comme une extension vers des publics éloignés des sources culturelles pour des raisons physiques, psychologiques ou sociologiques. Alors comment donner accès à la culture au plus grand nombre? Le temps, la gratuité et la médiation suffisent-ils pour attirer le public? Malgré son impact positif sur le plan géographique et institutionnel, l'accroissement de l'offre culturelle s'est avéré avoir un effet contraire à ce que l’on en attendait: l'augmentation de la consommation de ceux qui avaient déjà accès à la culture. Les faibles résultats des politiques de démocratisation culturelle, considérés comme un échec total par beaucoup, ont remis en question l'efficacité générale de ces actions. Si l'effort de démocratisation a échoué, parmi foule de raisons, c'est parce que l'on a négligé l'éducation artistique en restant enfermé dans une vision étroite et élitaire de l'art; que l'on est plus ou moins fatigué des institutions culturelles vieillottes qui oublient les conditions sociales de réception de l'art; et que le ministère de la culture et de la communication n'a pas su « communiquer » avec la télévision, étant donné que les Français passent plus de 3 heures par jour devant l'écran. D'où la nécessité d'ajouter une véritable politique de démocratie culturelle, mouvement du bas vers le haut, à la politique de démocratisation culturelle, mouvement du haut vers le bas. Il est, certes, louable de reconnaître la diversité culturelle portée par chaque citoyen, de le faire participer aux activités culturelles, de réhabiliter les cultures minoritaires, de soutenir les activités telles que les métiers de l'art, les arts de la rue, etc., et, en somme, de faire « bouger » l'ordre social immuable des pratiques culturelles. Néanmoins, la démocratie culturelle peut favoriser l'amateurisme au lieu de l'exigence artistique, des pratiques au lieu de la création en confondant l'art avec la satisfaction multiforme de chacun, et, surtout, en restant dans le social au lieu de garder l'âme artistique. Encore une nouvelle impasse! Aujourd'hui, le cycle Malraux-Lang touche à sa fin. La culture a besoin d'une politique publique en faveur de la transmission du patrimoine culturel et de la création contemporaine. Mais cette fois, il conviendra de veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public et aux changements de société en évitant le populisme et le commercialisme; assurer des politiques d'éducation artistique et culturelle à l'école et développer des activités de formation continue à l’attention du public tout au long de la vie; et apprendre à gérer les formes émergentes. Ainsi, en conclusion, il vaudrait mieux faire converger les deux démarches complémentaires, démocratie culturelle et démocratisation culturelle.

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