랭보의 「나쁜 피 Mauvais sang」의 선택과 ‘비겁 lâcheté’
‘Lâcheté’et décision dans Mauvais sang de Rimbaud
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초록
On a tendance à ne pas apprécier suffisamment le seul livre publié par Rimbaud, Une saison en enfer. La difficulté textuelle au niveau de l’écriture empêche de lire les confessions du faux locuteur qui est passé pour mort mais qui en réalité ne l'est pas. En fait, la construction elliptique du récit empêche également de lire une écriture infernale. Pourtant on lit ici l’ironie, la contradiction incohérente. Il est difficile de suivre toutes les sections d’Une saison en enfer. Pourtant, la pseudo-mort du locuteur Je permet d’accéder à l’immense mensonge spirituel et existentiel de ce je au plus près de la mort, à l’enfer. Dans ce contexte Mauvais sang conduit le locuteur à la fausse mort, pour entrer en enfer, mais totalement vivant. Pourquoi ? Dans ce Mauvais sang, que veut-t-il dire cet adjectif “mauvais” ? Il n’incarne pas simplement le mal chrétien mais désigne la méchanceté qui annonce le malheur. Dans l’histoire que le locuteur a rattrapée il y a toujours transhistoriquement “la race inférieure” c’est-à-dire le peuple. Dans Mauvais sang ainsi que toute Une saison en enfer, il y a donc des morts pour lesquels le locuteur lui aussi est descendu dans le monde des enfers et dont il a déploré l’innocence. Quand sa voix est étouffée sur ou sous “un oreiller” (Nuit de l’enfer), il ne peut pas dire ce qu'il a aperçu, ce que sont devenus “les fantômes”, parce que ces morts innocents seront parfaitement oubliés dans l’indifférence absolue. Ce qui est essentiel dans Mauvais sang, ce n’est pas le choix de la mort comme martyre ou combattant mais plutôt pour le moment celui plus honteux de “la race qui chantait dans le supplice”. Nous lisons dans ce livre le chant pour les morts, en pensant aux morts de la Commune plutôt qu'à l’angoisse religieuse et personnelle de la mort. Nous sommes persuadé que l’hypothèse de la mort de la Commune peut éclairer certaines difficultés de la lecture d’Une saison en enfer, à travers la mort des innocents et la pseudo-mort du locuteur ainsi que la lâcheté des vivants, y compris le locuteur dans Mauvais sang. Ce locuteur qui se sent coupable, car il n’est pas mort comme ceux “en face du peloton d’exécution”. Il semblerait que commence là le vrai enfer du locuteur d’Une saison en enfer.
Abstract
On a tendance à ne pas apprécier suffisamment le seul livre publié par Rimbaud, Une saison en enfer. La difficulté textuelle au niveau de l’écriture empêche de lire les confessions du faux locuteur qui est passé pour mort mais qui en réalité ne l'est pas. En fait, la construction elliptique du récit empêche également de lire une écriture infernale. Pourtant on lit ici l’ironie, la contradiction incohérente. Il est difficile de suivre toutes les sections d’Une saison en enfer. Pourtant, la pseudo-mort du locuteur Je permet d’accéder à l’immense mensonge spirituel et existentiel de ce je au plus près de la mort, à l’enfer. Dans ce contexte Mauvais sang conduit le locuteur à la fausse mort, pour entrer en enfer, mais totalement vivant. Pourquoi ? Dans ce Mauvais sang, que veut-t-il dire cet adjectif “mauvais” ? Il n’incarne pas simplement le mal chrétien mais désigne la méchanceté qui annonce le malheur. Dans l’histoire que le locuteur a rattrapée il y a toujours transhistoriquement “la race inférieure” c’est-à-dire le peuple. Dans Mauvais sang ainsi que toute Une saison en enfer, il y a donc des morts pour lesquels le locuteur lui aussi est descendu dans le monde des enfers et dont il a déploré l’innocence. Quand sa voix est étouffée sur ou sous “un oreiller” (Nuit de l’enfer), il ne peut pas dire ce qu'il a aperçu, ce que sont devenus “les fantômes”, parce que ces morts innocents seront parfaitement oubliés dans l’indifférence absolue. Ce qui est essentiel dans Mauvais sang, ce n’est pas le choix de la mort comme martyre ou combattant mais plutôt pour le moment celui plus honteux de “la race qui chantait dans le supplice”. Nous lisons dans ce livre le chant pour les morts, en pensant aux morts de la Commune plutôt qu'à l’angoisse religieuse et personnelle de la mort. Nous sommes persuadé que l’hypothèse de la mort de la Commune peut éclairer certaines difficultés de la lecture d’Une saison en enfer, à travers la mort des innocents et la pseudo-mort du locuteur ainsi que la lâcheté des vivants, y compris le locuteur dans Mauvais sang. Ce locuteur qui se sent coupable, car il n’est pas mort comme ceux “en face du peloton d’exécution”. Il semblerait que commence là le vrai enfer du locuteur d’Une saison en enfer.
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