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식민주의, 언어, ‘프랑스어권’ 흑아프리카

Le colonialisme, le langage, l’Afrique noire “francophone”

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Des appellations comme Afrique “francophone” ou Afrique “anglophone”, etc., posent le problème de l’héritage colonial. Néanmoins si nous appelons souvent “l’Afrique noire francophone”, des pays anciennement colonisés par la France, situés dans la région subsaharienne, c’est au moins partiellement pour la raison que les pays en question se regroupent dans le secteur “francophone”. C'est de leur propre initiative, après la décolonisation, qu’est fondée l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). D’ailleurs, presque tous les pays de cette région donnent à la langue française le statut de langue officielle, bien que le nombre de locuteurs du français y reste très faible. L’Organisation de la Francophonie affiche son but comme la défense de la “diversité culturelle et linguistique” contre la monopole de l’anglais dans le monde entier. Pourtant, il nous semble que l’idéologie de la “francophonie” tente de défendre les privilèges anciens du français qui a été contraint de céder à l’anglais son statut de langue internationale. De plus, la situation linguistique des pays d’Afrique francophone montre que cette même idéologie s’élève tout autant contre les revendications des minorités quant à leur propre droit linguistique fondamental. Au lieu des langues autochtones africaines, c’est le français qui y est imposé comme la langue de l’administration et de l’éducation. En faveur de ce statut du français comme langue officielle, des gouvernements africains mettent en avant des raisons comme la facilité de communication, la possibilité plus grande de prendre place dans la communauté internationale et l’anticipation des avantages économiques. La multiplicité des langues autochtones et le taux d’analphabétisme très haut justifient ce choix. Mais d’un autre côté, il y a de fortes oppositions à ce statut inversé du français et des langues africaines. D’une part, on constate le fait que le statut officiel du français n’a que peu de relations avec son usage par la population. La francophonie de l’Afrique subsaharienne semble ê̂tre dû̂e à la francisation linguistique de certaines couches sociales, qui partagent depuis l’ère de la colonisation la conviction mythique de la “clarté française” et de la “mission civilisatrice” associée à la langue française. D’autre part, certains s’opposent à la domination linguistique dans la perspective du nationalisme ou du post-colonialisme. Parce qu’ils considèrent leur langue comme fondement de l’identité nationale et intermédiaire de la culture traditionnelle, certains revendiquent le soutien et le développement des langues africaines. Deux tentatives représentatives de cette démarche ont été la politique linguistique pour la décolonisation culturelle de Guinée, et le mouvement “Kàddu” de Sénégal contre la dépendance à la France mené par le gouvernement de Senghor. Mais l’échec de ces deux tentatives a montré plusieurs problèmes difficiles autour de la domination linguistique. Entre le rejet total de la langue colonisatrice ou sa réappropriation pour s’exprimer, les débats continuent.

Abstract

Des appellations comme Afrique “francophone” ou Afrique “anglophone”, etc., posent le problème de l’héritage colonial. Néanmoins si nous appelons souvent “l’Afrique noire francophone”, des pays anciennement colonisés par la France, situés dans la région subsaharienne, c’est au moins partiellement pour la raison que les pays en question se regroupent dans le secteur “francophone”. C'est de leur propre initiative, après la décolonisation, qu’est fondée l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). D’ailleurs, presque tous les pays de cette région donnent à la langue française le statut de langue officielle, bien que le nombre de locuteurs du français y reste très faible. L’Organisation de la Francophonie affiche son but comme la défense de la “diversité culturelle et linguistique” contre la monopole de l’anglais dans le monde entier. Pourtant, il nous semble que l’idéologie de la “francophonie” tente de défendre les privilèges anciens du français qui a été contraint de céder à l’anglais son statut de langue internationale. De plus, la situation linguistique des pays d’Afrique francophone montre que cette même idéologie s’élève tout autant contre les revendications des minorités quant à leur propre droit linguistique fondamental. Au lieu des langues autochtones africaines, c’est le français qui y est imposé comme la langue de l’administration et de l’éducation. En faveur de ce statut du français comme langue officielle, des gouvernements africains mettent en avant des raisons comme la facilité de communication, la possibilité plus grande de prendre place dans la communauté internationale et l’anticipation des avantages économiques. La multiplicité des langues autochtones et le taux d’analphabétisme très haut justifient ce choix. Mais d’un autre côté, il y a de fortes oppositions à ce statut inversé du français et des langues africaines. D’une part, on constate le fait que le statut officiel du français n’a que peu de relations avec son usage par la population. La francophonie de l’Afrique subsaharienne semble ê̂tre dû̂e à la francisation linguistique de certaines couches sociales, qui partagent depuis l’ère de la colonisation la conviction mythique de la “clarté française” et de la “mission civilisatrice” associée à la langue française. D’autre part, certains s’opposent à la domination linguistique dans la perspective du nationalisme ou du post-colonialisme. Parce qu’ils considèrent leur langue comme fondement de l’identité nationale et intermédiaire de la culture traditionnelle, certains revendiquent le soutien et le développement des langues africaines. Deux tentatives représentatives de cette démarche ont été la politique linguistique pour la décolonisation culturelle de Guinée, et le mouvement “Kàddu” de Sénégal contre la dépendance à la France mené par le gouvernement de Senghor. Mais l’échec de ces deux tentatives a montré plusieurs problèmes difficiles autour de la domination linguistique. Entre le rejet total de la langue colonisatrice ou sa réappropriation pour s’exprimer, les débats continuent.

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