어긋난 언어, 뒤틀린 역사 - 쿠루마Kourouma의 『모네, 모독과 도전Monnè, outrages et défis』
Ecart des langues, distorsion de l'Histoire - Monnè, outrages et défis d'A. Kourouma
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초록
Monnè, outrages et défis, le titre du deuxième roman d'Ahmadou Kourouma est ambigu et embarrassant. Monnè n'est pas un mot de la langue française, mais un mot malinké. Il y a donc, dans ce titre, une incompatibilité et une infraction. Le titre annonce un malentendu, une confusion, un conflit que le texte comprend. Le texte est parsemé de mots malinké, ce qui provoque la confusion dans la lecture. Parfois, l'auteur ne commente pas les mots malinké et dans ce cas, le lecteur serait en désarroi devant ces mots étrangers. Cependant, il arrive souvent que l'auteur ne laisse pas son lecteur désemparé en face des mots inconnus. C'est ainsi que les mots malinké sont suivis d'une explication sous forme d'apposition ou mise entre parenthèse. Cette glose est quelquefois reprise dans une phrase entière. La confusion est aussi causée par le terme imprononçable. Les mots français qui, mal prononcés par les analphabètes(les Noirs), subissent une altération phonétique telle qu'ils perdent leur sens originaux. Par exemple, les prestataires, terme imprononçable pour les Noirs, devenu pratat : Faiderbe->Fadarba, Allemands->Allamas, liberte-> nabata, etc. Quant à l'incompréhension, le rôle du interprète est le plus déterminant. Soumaré, interprète principal du texte, ne se montre pas disponible à la traduction et à une compréhension des volontés de l'une ou de l'autre partie. Par sa traduction volontairement infidèle, les mots changent de signification, déforment le message initial du locuteur jusqu'à le rendre obscur et illogique pour l'interlocuteur. Soumaré module la conversation entre colonisateur et colonisé à son gré. Grâce à sa mauvaise traduction, le pays de Soba évite la guerre contre les Blancs et garde sa paix précaire. Mais ici commencent les monnew (forme plurielle de monnè) de l'Afrique. Les Blancs dominent complètement l'Afrique.
Abstract
Monnè, outrages et défis, le titre du deuxième roman d'Ahmadou Kourouma est ambigu et embarrassant. Monnè n'est pas un mot de la langue française, mais un mot malinké. Il y a donc, dans ce titre, une incompatibilité et une infraction. Le titre annonce un malentendu, une confusion, un conflit que le texte comprend. Le texte est parsemé de mots malinké, ce qui provoque la confusion dans la lecture. Parfois, l'auteur ne commente pas les mots malinké et dans ce cas, le lecteur serait en désarroi devant ces mots étrangers. Cependant, il arrive souvent que l'auteur ne laisse pas son lecteur désemparé en face des mots inconnus. C'est ainsi que les mots malinké sont suivis d'une explication sous forme d'apposition ou mise entre parenthèse. Cette glose est quelquefois reprise dans une phrase entière. La confusion est aussi causée par le terme imprononçable. Les mots français qui, mal prononcés par les analphabètes(les Noirs), subissent une altération phonétique telle qu'ils perdent leur sens originaux. Par exemple, les prestataires, terme imprononçable pour les Noirs, devenu pratat : Faiderbe->Fadarba, Allemands->Allamas, liberte-> nabata, etc. Quant à l'incompréhension, le rôle du interprète est le plus déterminant. Soumaré, interprète principal du texte, ne se montre pas disponible à la traduction et à une compréhension des volontés de l'une ou de l'autre partie. Par sa traduction volontairement infidèle, les mots changent de signification, déforment le message initial du locuteur jusqu'à le rendre obscur et illogique pour l'interlocuteur. Soumaré module la conversation entre colonisateur et colonisé à son gré. Grâce à sa mauvaise traduction, le pays de Soba évite la guerre contre les Blancs et garde sa paix précaire. Mais ici commencent les monnew (forme plurielle de monnè) de l'Afrique. Les Blancs dominent complètement l'Afrique.
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