La modernité de la poésie française du XXe siècle autour des notions <présence> et <immédiateté>
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Dans la poésie moderne française, notamment du XXe siècle, le regard des poètes semble se diriger le plus souvent vers les instants fragiles du quotidien, sans ambition métaphysique ni volonté emblématique, comme chez les poètes de l’ontologie. Les petits faits quotidiens y sont consignés avec émotion et modestie. C’est un lyrisme sans emphase, plutôt sur le mode mineur, toujours dans la conscience de la fragilité de la voix, conscient aussi de la critique par laquelle il est passé. En ce sens, la poésie moderne française accorde une place majeure à l'image non univoque (fortuite, insolite, fragmentaire, répétitive, etc.) qui est un de ses traits distinctifs les plus importants. Par là on voit que l'image dans la poésie moderne est mise au service d'une opposition à la logique du discursif, typique de la poésie moderne et celle qu'on met le plus longtemps à traduire en langage pratique, recelant «une dose énorme de contradiction apparente», ce que Breton considère comme caractéristique du texte «contemporain». Les images surréalistes, par exemple, visent la création d'une représentation originale, qui se veut éloignée du domaine référentiel et vraisemblable. Avec cette tendance poétique, ce qui est essentiel pour la poésie moderne française, c'est le lien entre les traits poétiques contemporains et les concepts de « l’immédiateté » et « la présence ». L'importance de ces concepts, surtout dans le cadre du mouvement poétique, n'a pas été suffisamment explorée; cependant, on pense que cela peut résumer l'essentiel des idées et de la démarche de la poésie contemporaine, même si leur rôle n'a pas été explicité dans les textes théoriques liés à la poésie. Ainsi, par exemple, le désir qui relève de l’immédiateté, apparaît comme immédiat par opposition à la censure de la raison ; sa dynamique, indissociable de l'inconscient, se manifeste en tant qu'évidence qui précède l'élaboration logique de la pensée; elle peut être perçue comme une voix du corps, comme un signal issu directement de l'être profond du moi ; elle est fondée sur le vécu immédiat d'une évidence par laquelle l'homme et le monde se trouvent être d'accord originairement. La diversité des explorations poétiques au XXe siècle nous permet d’envisager bien des séquences : elles pourraient choisir de porter leur attention sur un seul objet, comme le vers, ou la rime ; elles pourraient aussi prendre en considération la variété des formes et interroger lors de chaque séance le rapport établi entre les moyens et les fins. Elles auraient la possibilité soit de se centrer sur des arts poétiques, soit de faire alterner études de poèmes et lecture des discours critiques tenus par les poètes de la modernité. Enfin, dans les poèmes contemporains, la forme de l'écriture est fragmentée, spatialisée et visualisée, ce qui est un des traits de la modernité poétique. De ce fait, avec les concepts de « l’immédiateté » et « la présence », en dépit du danger qui consisterait à tout éliminer, cette tendance, aussi bien précaire que consistante, va devenir une sorte de tradition poétique moderne.
Abstract
Dans la poésie moderne française, notamment du XXe siècle, le regard des poètes semble se diriger le plus souvent vers les instants fragiles du quotidien, sans ambition métaphysique ni volonté emblématique, comme chez les poètes de l’ontologie. Les petits faits quotidiens y sont consignés avec émotion et modestie. C’est un lyrisme sans emphase, plutôt sur le mode mineur, toujours dans la conscience de la fragilité de la voix, conscient aussi de la critique par laquelle il est passé. En ce sens, la poésie moderne française accorde une place majeure à l'image non univoque (fortuite, insolite, fragmentaire, répétitive, etc.) qui est un de ses traits distinctifs les plus importants. Par là on voit que l'image dans la poésie moderne est mise au service d'une opposition à la logique du discursif, typique de la poésie moderne et celle qu'on met le plus longtemps à traduire en langage pratique, recelant «une dose énorme de contradiction apparente», ce que Breton considère comme caractéristique du texte «contemporain». Les images surréalistes, par exemple, visent la création d'une représentation originale, qui se veut éloignée du domaine référentiel et vraisemblable. Avec cette tendance poétique, ce qui est essentiel pour la poésie moderne française, c'est le lien entre les traits poétiques contemporains et les concepts de « l’immédiateté » et « la présence ». L'importance de ces concepts, surtout dans le cadre du mouvement poétique, n'a pas été suffisamment explorée; cependant, on pense que cela peut résumer l'essentiel des idées et de la démarche de la poésie contemporaine, même si leur rôle n'a pas été explicité dans les textes théoriques liés à la poésie. Ainsi, par exemple, le désir qui relève de l’immédiateté, apparaît comme immédiat par opposition à la censure de la raison ; sa dynamique, indissociable de l'inconscient, se manifeste en tant qu'évidence qui précède l'élaboration logique de la pensée; elle peut être perçue comme une voix du corps, comme un signal issu directement de l'être profond du moi ; elle est fondée sur le vécu immédiat d'une évidence par laquelle l'homme et le monde se trouvent être d'accord originairement. La diversité des explorations poétiques au XXe siècle nous permet d’envisager bien des séquences : elles pourraient choisir de porter leur attention sur un seul objet, comme le vers, ou la rime ; elles pourraient aussi prendre en considération la variété des formes et interroger lors de chaque séance le rapport établi entre les moyens et les fins. Elles auraient la possibilité soit de se centrer sur des arts poétiques, soit de faire alterner études de poèmes et lecture des discours critiques tenus par les poètes de la modernité. Enfin, dans les poèmes contemporains, la forme de l'écriture est fragmentée, spatialisée et visualisée, ce qui est un des traits de la modernité poétique. De ce fait, avec les concepts de « l’immédiateté » et « la présence », en dépit du danger qui consisterait à tout éliminer, cette tendance, aussi bien précaire que consistante, va devenir une sorte de tradition poétique moderne.
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