안느 에베르의 『카무라스카』: 또 다른 자아의 불가능
Kamouraska d'Anne Hébert : impossibilité d'ê̂tre une autre
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초록
Kamouraska est peut-ê̂tre le plus intéressant des romans d'Anne Hébert, grâ̂ce à la variation de la narration et la beauté ambivalente des images. Pourtant, nous trouvons la vie d'Elisabeth, héroï̈ne du roman, contraste avec la beauté formelle de l'oeuvre. Nous avons supposé que l'échec de sa vie n'est pas sans rapport avec son discours interieur: "Je dis 《je》et je suis une autre.", parce qu'elle aurait mené une autre vie si elle avait voulu ê̂tre une autre à proprement parler. Mais elle est toujours restée dans une vie protectrice au lieu de chercher, si l'on dit à la sartrienne, un ê̂tre-pour-soi pour le dépassement dialectique du soi. Donc, nous avons analysé l'échec de l'héroï̈ne sur deux aspects : soi aliéné et absence de la conscience de soi. D'une part, il s'agit du soi aliéné de l'héroï̈ne. Elle vit une vie d'autrui ne sachant ê̂tre sujet d'elle-mê̂me. Elle s'établit dans le conformisme, préférant une vie tranquille suivant la norme et la coutume, bien qu'elle se montre sarcastique et révoltante intérieurement pour l'éducation, la religion et le mariage. Ainsi se déroulent son éducation familiale, sa vie religieuse et son mariage sans qu'elle n'ait ni ardeur ni foi ni amour. Ensuite, elle joue la comédie en créant sa fausse apparence d'une femme modèle qui trompe non seulement les autres mais aussi elle-mê̂me par une sorte d'autosuggestion. Et puis nous trouvons la plupart des personnages de Kamouraska sont en proie à la mort comme autrui dominant. Par exemple, Elisabeth, Antoine et George sont tous obsédés par la mort, de sorte que leur désir de vivre se réduit à un désir de se détruire soi-mê̂me. D'autre part, nous pouvons remarquer l'absence de l'établissement de la conscience de soi chez l'héroï̈ne. Elle suppose toujours que son moi et sa vie doivent ê̂tre ailleurs. Mais sa supposition ne parvient à créer ni un nouveau moi ni une nouvelle vie, tout en restant une simple négation de sa réalité. Ensuite, elle n'assume aucune responsabilité du meurtre d'Antoine, son mari. Elle rejette sa responsabilité sur sa servante et mê̂me sur George, son amant. Ainsi se révèle faux et fictif son amour pour son amant d'autant plus qu'elle lui devient étrangère après le meurtre de son mari par lui. Finalement s'avère le fait qu'Elisabeth ne peut pas concevoir son altérité. C'est que malgré la technique de la narration variante qui change de point du vue tels que je, Mme Rolland (elle) , vous, nous ne pouvons trouver aucun effort de la part d'Elisabeth pour créer un autre moi par la négation interne de son moi. Elle ne vit que de sa mauvaise foi. En conclusion, Elisabeth échoue à ê̂tre une autre à cause de l'aliénation de son moi et l'immaturité de la conscience de soi. De là vient qu'elle ne peut pas dépasser son trauma psychique qui a été produit dans son milieu familial. Anne Hébert, auteure de Kamouraska a dit qu'Elisabeth est une femme profondément détruite. Mais notre analyse montre qu'elle n'est pas une victime de la situation socio-historique du Québec de la première moitié du XIXe siècle. Elle montre simplement la tragédie d'une certaine Québécoise à cette époque-là. Le malheur d'Elisabeth a résulté de son moi aliéné et de sa vie passive qui étaient fermés et ne créaient pas une altérité positive pour elle.
Abstract
Kamouraska est peut-ê̂tre le plus intéressant des romans d'Anne Hébert, grâ̂ce à la variation de la narration et la beauté ambivalente des images. Pourtant, nous trouvons la vie d'Elisabeth, héroï̈ne du roman, contraste avec la beauté formelle de l'oeuvre. Nous avons supposé que l'échec de sa vie n'est pas sans rapport avec son discours interieur: "Je dis 《je》et je suis une autre.", parce qu'elle aurait mené une autre vie si elle avait voulu ê̂tre une autre à proprement parler. Mais elle est toujours restée dans une vie protectrice au lieu de chercher, si l'on dit à la sartrienne, un ê̂tre-pour-soi pour le dépassement dialectique du soi. Donc, nous avons analysé l'échec de l'héroï̈ne sur deux aspects : soi aliéné et absence de la conscience de soi. D'une part, il s'agit du soi aliéné de l'héroï̈ne. Elle vit une vie d'autrui ne sachant ê̂tre sujet d'elle-mê̂me. Elle s'établit dans le conformisme, préférant une vie tranquille suivant la norme et la coutume, bien qu'elle se montre sarcastique et révoltante intérieurement pour l'éducation, la religion et le mariage. Ainsi se déroulent son éducation familiale, sa vie religieuse et son mariage sans qu'elle n'ait ni ardeur ni foi ni amour. Ensuite, elle joue la comédie en créant sa fausse apparence d'une femme modèle qui trompe non seulement les autres mais aussi elle-mê̂me par une sorte d'autosuggestion. Et puis nous trouvons la plupart des personnages de Kamouraska sont en proie à la mort comme autrui dominant. Par exemple, Elisabeth, Antoine et George sont tous obsédés par la mort, de sorte que leur désir de vivre se réduit à un désir de se détruire soi-mê̂me. D'autre part, nous pouvons remarquer l'absence de l'établissement de la conscience de soi chez l'héroï̈ne. Elle suppose toujours que son moi et sa vie doivent ê̂tre ailleurs. Mais sa supposition ne parvient à créer ni un nouveau moi ni une nouvelle vie, tout en restant une simple négation de sa réalité. Ensuite, elle n'assume aucune responsabilité du meurtre d'Antoine, son mari. Elle rejette sa responsabilité sur sa servante et mê̂me sur George, son amant. Ainsi se révèle faux et fictif son amour pour son amant d'autant plus qu'elle lui devient étrangère après le meurtre de son mari par lui. Finalement s'avère le fait qu'Elisabeth ne peut pas concevoir son altérité. C'est que malgré la technique de la narration variante qui change de point du vue tels que je, Mme Rolland (elle) , vous, nous ne pouvons trouver aucun effort de la part d'Elisabeth pour créer un autre moi par la négation interne de son moi. Elle ne vit que de sa mauvaise foi. En conclusion, Elisabeth échoue à ê̂tre une autre à cause de l'aliénation de son moi et l'immaturité de la conscience de soi. De là vient qu'elle ne peut pas dépasser son trauma psychique qui a été produit dans son milieu familial. Anne Hébert, auteure de Kamouraska a dit qu'Elisabeth est une femme profondément détruite. Mais notre analyse montre qu'elle n'est pas une victime de la situation socio-historique du Québec de la première moitié du XIXe siècle. Elle montre simplement la tragédie d'une certaine Québécoise à cette époque-là. Le malheur d'Elisabeth a résulté de son moi aliéné et de sa vie passive qui étaient fermés et ne créaient pas une altérité positive pour elle.
참고문헌 (17)
- Anne Hébert, "Kamouraska" (1970), Seuil
- Bishop (Neil B.), "Anne Hébert, son oeuvre, leurs exils" (1993), Presses Universitaires de Bordeaux
- Brochu (André), "Anne Hébert, Le secret de vie et de mort" (2003), Les Presses de l'Université d'Ottawa
- Emond (Maurice), "La femme à la fenetre" (1984), Les Presses de l'Université Laval
- Garant (France Nazaire), "Eve et le cheval de grève" (1988), CRELIQ, Université Laval
- Harvey (Robert), "Une écriture de La Passion" (1982), Hurtubise HMH
- Paterson (Janet M.), "Architexture romanesque" (1985), l'Université d'Ottawa
- "Anne Hébert en revue" (2006), Presses de l'Université du Québec
- "Anne Hébert, parcours d'une oeuvre" (1997), L'Hexagone
- "Les Cahiers Anne Hébert 1" (1999), FIDES
- "Les Cahiers Anne Hébert 2" (2000), FIDES
- Biron (Michel), "Histoire de la littérature québécoise" (2007), Boréal
- Bourneuf (Roland), "L'univers du roman" (1975), P.U.F.
- Hamblet (Edwin), "La littérature canadienne francophone" (1987), Hatier
- Levinas (Emmanuel), "Altérité et transcendance" (1995), Fata Morgana
- Royer (Jean), "Romanciers québécois" (1991), L'Hexagone
- Sartre (Jean-Paul), "L'etre et le néant" (1943), Gallimard
