파스칼적 주제의 현대적 변용 : 알베르 카뮈의 시지프 신화를 중심으로
Les Métamorphoses modernes des sujets pascaliens : Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus
1
조회
0
다운로드
6
인용
0
참고문헌
키워드
초록
L'influence que Pascal a exercé sur toute une génération d'écrivains, oùl'on pourrait ranger quelques écrivains chrétiens comme Mauriac, Green et quelques écrivains athées comme Sartre et Malraux, est plus diffuse que directe. Il est vrai par exemple que les citations directes que Camus tire des Pensées ne sont pas fréquentes. Pourtant «Camus est bien le fils séculariséd'Augustin et de Pascal».30)Notre propos est de montrer que Le Mythe de Sysiphe de Camus où les sujets classiques―Dieu, homme, monde―sont éclairés à travers le sentiment particulier de l'écrivain, est étroitement lié à ceux des Pensées de Pascal. Dans Le Mythe de Sysiphe apparaît tout ce que Camus doit au climat pascalien où il y a le sentiment d'une existence tragique, déchirée entre la mort et «épaisseur et étrangeté du monde». Des principaux concepts des Pensées, Camus retient le pathétique effort pour regarder le destin de l'être humain dans les yeux. Face aux «puissances trompeuses» de l'homme, Pascal ne les critique pas mais pénètre leur autre tour dans la logique pascalienne du «renversement du pour au contre». Pascal essaie avant tout un élargissement de perspective, à travers le renversement de perspective. Pascal ne choisit pas l'abolition mais le dépassement d'une vision unilatérale, dont le caractère partiel est une marque de fausseté. Pour Pascal la vérité n'est accessible que dans l'accord des contrariétés. Comme Pascal, Camus assimile la véritéet la vie. Mais la seule vérité à laquelle il aspire est d'accroître la disponibilité de l'homme au détriment de l'espoir et de l'avenir. Le même «feu», la même «joie» que Pascal garde devant Dieu attache Camus sans Dieu, sur la terre. Camus n'a pas seulement accepté la lucidité pascalienne mais en fait l'objet de sa recherche passionnée. Devant la mort et l'irrationnel,c'est-à-dire devant l'absurde, il s'y rattache : «Dès l'instant où la notion [de l'absurde] se transforme en tremplin d'éternité, elle n'est plus liée à la lucidité humaine. L'absurde n'est plus cette évidence que l'homme constate sans y consentir.»31)Enfin Sisyphe devient comme le roseau pensant de Pascal, supérieur àson destin, à cette heure-là qui «est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur», c'est-à-dire à cette heure qui est celle de la conscience. La recherche de Sisyphe n'est plus la promesse de repos. Elle la refuse par le «goût de la lutte gratuite», la «complaisance au risque» et le «retour à la conscience» hors du sommeil quotidien. Dans Le Mythe de Sysiphe, on peut affirmer que Camus renverse les termes même de l'analyse pascalienne. Pour Pascal, s'il y a une espérance tragique au-delà de l'ennui,de la vanité, du déchirement et du divorce, pour Camus, cette espérance est la forme la plus haute du divertissement.
Abstract
L'influence que Pascal a exercé sur toute une génération d'écrivains, oùl'on pourrait ranger quelques écrivains chrétiens comme Mauriac, Green et quelques écrivains athées comme Sartre et Malraux, est plus diffuse que directe. Il est vrai par exemple que les citations directes que Camus tire des Pensées ne sont pas fréquentes. Pourtant «Camus est bien le fils séculariséd'Augustin et de Pascal».30)Notre propos est de montrer que Le Mythe de Sysiphe de Camus où les sujets classiques―Dieu, homme, monde―sont éclairés à travers le sentiment particulier de l'écrivain, est étroitement lié à ceux des Pensées de Pascal. Dans Le Mythe de Sysiphe apparaît tout ce que Camus doit au climat pascalien où il y a le sentiment d'une existence tragique, déchirée entre la mort et «épaisseur et étrangeté du monde». Des principaux concepts des Pensées, Camus retient le pathétique effort pour regarder le destin de l'être humain dans les yeux. Face aux «puissances trompeuses» de l'homme, Pascal ne les critique pas mais pénètre leur autre tour dans la logique pascalienne du «renversement du pour au contre». Pascal essaie avant tout un élargissement de perspective, à travers le renversement de perspective. Pascal ne choisit pas l'abolition mais le dépassement d'une vision unilatérale, dont le caractère partiel est une marque de fausseté. Pour Pascal la vérité n'est accessible que dans l'accord des contrariétés. Comme Pascal, Camus assimile la véritéet la vie. Mais la seule vérité à laquelle il aspire est d'accroître la disponibilité de l'homme au détriment de l'espoir et de l'avenir. Le même «feu», la même «joie» que Pascal garde devant Dieu attache Camus sans Dieu, sur la terre. Camus n'a pas seulement accepté la lucidité pascalienne mais en fait l'objet de sa recherche passionnée. Devant la mort et l'irrationnel,c'est-à-dire devant l'absurde, il s'y rattache : «Dès l'instant où la notion [de l'absurde] se transforme en tremplin d'éternité, elle n'est plus liée à la lucidité humaine. L'absurde n'est plus cette évidence que l'homme constate sans y consentir.»31)Enfin Sisyphe devient comme le roseau pensant de Pascal, supérieur àson destin, à cette heure-là qui «est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur», c'est-à-dire à cette heure qui est celle de la conscience. La recherche de Sisyphe n'est plus la promesse de repos. Elle la refuse par le «goût de la lutte gratuite», la «complaisance au risque» et le «retour à la conscience» hors du sommeil quotidien. Dans Le Mythe de Sysiphe, on peut affirmer que Camus renverse les termes même de l'analyse pascalienne. Pour Pascal, s'il y a une espérance tragique au-delà de l'ennui,de la vanité, du déchirement et du divorce, pour Camus, cette espérance est la forme la plus haute du divertissement.
참고문헌 (36)
- 르베스크, "알베르 카뮈를 찾아서" (1997), 나남출판사
- 이환, "프랑스 고전주의 문학" (1993), 민음사
- 이환, "프랑스 고전문학 연구" (1995), 민음사
- 카뮈, "시지프 신화, In 알베르카뮈전집 10" (1997), 책세상
- 파스칼, "파스칼 소품집" (1974), 정음문고
- 파스칼, "팡세" (1996), 서울대학교 출판부
- 파스칼, "팡세, In 세계문학전집 83" (2003), 민음사
- Camus A., "Le mythe de Sisyphe, folio essais" (1942), Gallimard
- Camus A, "Caligula, tome I, Bibl. de la Pléiade" (1962), Gallimard
- Pascal B., "Oeuvres complètes, In Bibl. de la Pléiade" (1954), Gallimard
- Pascal B, "Oeuvres complètes" (1963), Seuil
- Pascal B, "Oeuvres complètes(I-IV)" (1992), Desclée de Brouwer
- Pascal B, "Pensées" (1976), Garnier-Flammarion
- Pascal B, "Pensées" (1991), Bordas
- Association internationale des amis de François Mauriac, "Pascal-Mauriacl'oeuvre en dialogue" (2000), L'Harmattan
- Foulquié P, "L'existentialisme" (1979), PUF
- Gide A., "Journal(1889-1939), In Bibl" (1948), de la Pléiade
- Hoffmann J, "L'Humanisme de Malraux" (1963), Klincksieck
- Le Guern M, "Pascal et Descartes" (1971), Nizet
- Le Guern M, "L'image dans l'oeuvre de Pascal" (1963), Klincksieck
- Mauriac F, "La dette envers Pascal, In Pascal, Textes du Tricentenaire" (1963), Fayard
- Michon H., "L'ordre du Coeur" (1996), Honoré Champion
- Nishikawa H., "Études pascaliennes au Japon depuis 1989" (1997), Courrier du CIBP
- Onimus J, "Les Écrivains devant Dieu" (1967), Desclée de Brouwer
- Pavlovits T, "Pascal et Montaigne : deux apologistes modernes, In Philosophies au siècle classique, Romance 14" (2001), Weidler Buchverlag
- Pécharman M, "Le divertissement selon Pascal ou la fiction de l'immoralité", Cités, 7 (2001), PUF
- Quilliot R., "Un exemple d'influence pascalienne au XXe siècle : l'oeuvre d'Albert Camus, In Les Pensées de Pascal ont trois cents ans, Du Bussac" (1971), Clermont-Ferrand
- Sainte-Beuve, "Port-Royal II, Bibl. de la Pléiade" (1954), Gallimard
- Sartre J-P., "Un théâtre de situation, Idées" (1973), Gallimard
- Sellier P., "Pascal et saint Augustin" (1970), Armand Colin
- Simon P.-H, "Albert Camus, du Nihilisme à l'Humanisme, In Histoire de la Littérature Française au XXe siècle, t.2" (1967), Armand Collin
- Suarès A, "Puissances de Pascal" (1923), Emile Paul
- Topliss P, "The rhetoric of Pascal, Amsterdam" (1966), Leicester University Press
- Valéry P., "Oeuvres complètes, tome I, Bibl. de la Pléiade", Gallimard
- Zahitchenko G, "Souci du roseau pensant・L'appel des époques : B. Pascal et M. Heidegger, In Colloque international Pluralisme de la rationalité dans la philosophie moderne : phénomène de Pascal" (2000), Keiv
- Zoldina S, "Le thème de l'homme chez Pascal et son développement dans la philosophie existentielle, In Colloque international Pluralisme de la rationalité dans la philosophie moderne : phénomène de Pascal" (2000), Keiv
