18세기 프랑스 호메로스 논쟁 연구:|논문| 18세기 프랑스 호메로스 논쟁 연구: 몇 가지 쟁점들 / 신정아 몇 가지 쟁점들
Etude sur la Querelle d'Homère au XVIIIe siècle en France: quelques enjeux
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La Querelle d'Homère est souvent considérée comme la dernière étape de la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes dans laquelle se sont trouvés impliqués tous ceux qui comptaient dans la vie intellectuelle en France à la fin du XVIIe siècle. En fait, la Querelle d'Homère dont les deux acteurs principaux étaient Houdar de la Motte et Anne Dacier et qui concernait la traduction de l'Iliade d'Homère, a fait aboutir la tension entre deux forces qui a traversé les â̂ges. Si on examine de près cette querelle, on peut voir apparaître quelques enjeux différents: homérique, traductologique, philosophjque et polémique. Tout d'abord, la Querelle d'Homère est une dispute sur la valeur d'Homère et de son œuvre Iliade. Madame Dacier voit en lui, d'ailleurs comme les autres partisans de l'Antiquité, un modèle sans imperfections à imiter, tandis que Houdar de la Motte, un moderne invétéré, n'hésite pas à le déprécier tout en imputant ses défauts à son époque. La prise de position de chaque partie à l'égard d'Homère se traduit bien par leurs approches respectives différentes de la traduction, ce qui constitue un autre enjeu de la Querelle. Pour Madame Dacier, qui a traduit en 1711 l'Iliade d'Homère en prose, la fidélité au texte source, c'est-à-dire au texte homérique est restée un souci majeur tout au long de sa traduction. Elle a ainsi choisi de le traduire en prose car la prose était à ses yeux le meilleur choix pour rester fidèle à la lettre aussi bien qu'à l'esprit du texte. En plus elle a eu recours sans cesse à ses connaissances philologiques pour expliciter le sens du texte tout en donnant en note des informations nécessaires au lecteur. Par contre, l'intention de La Motte n'était pas de rendre fidèlement le texte homérique en français, mais d'en faire un bon poème français afin de prouver la supériorité des Modernes et de la langue française par rapport à l'antiquité. C'est dans cette optique qu'il s'est permis sans scrupule de corriger et de raccourcir l'original. Or la Querelle d'Homère qui a opposé Houdar de la Motte et Mme Dacier autour de l'épineux problème du texte d'Homère aurait dû s'intégrer naturellement dans un débat plus général, voire philosophique mê̂me si les deux acteurs principaux n'ont fait que reprendre quelques arguments forgés par leurs prédécesseurs sans rien apporter de nouveau. Pourtant, bien plus que le faux problème de la supériorité, cette querelle a posé la question du progrès et de la naissance d'idées nouvelles, ce qui a constitué le fonds de la philosophie des Lumières. Enfin, quand on parle de la Querelle d'Homère, on ne peut pas ne pas évoquer le problème de l'écriture polémique, car dans cette querelle, c'est curieusement non pas le fonds de la pensée mais la manière de la présenter, à savoir le style, l'écriture qui ont décidé de la partie gagnante.
Abstract
La Querelle d'Homère est souvent considérée comme la dernière étape de la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes dans laquelle se sont trouvés impliqués tous ceux qui comptaient dans la vie intellectuelle en France à la fin du XVIIe siècle. En fait, la Querelle d'Homère dont les deux acteurs principaux étaient Houdar de la Motte et Anne Dacier et qui concernait la traduction de l'Iliade d'Homère, a fait aboutir la tension entre deux forces qui a traversé les â̂ges. Si on examine de près cette querelle, on peut voir apparaître quelques enjeux différents: homérique, traductologique, philosophjque et polémique. Tout d'abord, la Querelle d'Homère est une dispute sur la valeur d'Homère et de son œuvre Iliade. Madame Dacier voit en lui, d'ailleurs comme les autres partisans de l'Antiquité, un modèle sans imperfections à imiter, tandis que Houdar de la Motte, un moderne invétéré, n'hésite pas à le déprécier tout en imputant ses défauts à son époque. La prise de position de chaque partie à l'égard d'Homère se traduit bien par leurs approches respectives différentes de la traduction, ce qui constitue un autre enjeu de la Querelle. Pour Madame Dacier, qui a traduit en 1711 l'Iliade d'Homère en prose, la fidélité au texte source, c'est-à-dire au texte homérique est restée un souci majeur tout au long de sa traduction. Elle a ainsi choisi de le traduire en prose car la prose était à ses yeux le meilleur choix pour rester fidèle à la lettre aussi bien qu'à l'esprit du texte. En plus elle a eu recours sans cesse à ses connaissances philologiques pour expliciter le sens du texte tout en donnant en note des informations nécessaires au lecteur. Par contre, l'intention de La Motte n'était pas de rendre fidèlement le texte homérique en français, mais d'en faire un bon poème français afin de prouver la supériorité des Modernes et de la langue française par rapport à l'antiquité. C'est dans cette optique qu'il s'est permis sans scrupule de corriger et de raccourcir l'original. Or la Querelle d'Homère qui a opposé Houdar de la Motte et Mme Dacier autour de l'épineux problème du texte d'Homère aurait dû s'intégrer naturellement dans un débat plus général, voire philosophique mê̂me si les deux acteurs principaux n'ont fait que reprendre quelques arguments forgés par leurs prédécesseurs sans rien apporter de nouveau. Pourtant, bien plus que le faux problème de la supériorité, cette querelle a posé la question du progrès et de la naissance d'idées nouvelles, ce qui a constitué le fonds de la philosophie des Lumières. Enfin, quand on parle de la Querelle d'Homère, on ne peut pas ne pas évoquer le problème de l'écriture polémique, car dans cette querelle, c'est curieusement non pas le fonds de la pensée mais la manière de la présenter, à savoir le style, l'écriture qui ont décidé de la partie gagnante.
참고문헌 (16)
- BOIVIN Jean, "Apologie d'Homère et Bouclier d'Achille, dans La Querelle des Anciens et des Modernes" (2001), Gallimard
- DACIER Anne, "Des causes de la corruption du goust", Pierre Humbert
- DACIER Anne, "Introduction à l’Illiade d’Homère traduite en français avec des remarques, nouvelle édition revue, corrigée et augmentée", Coignard et Guérin
- FENELON François, "Lettre sur les occupations de l'Académie française" (1897)
- GARNIER Bruno, "La traduction de la tragédie grecque en France: le tournant décisif de la période 1660-1780", Département de langue et littérature française, 11(1), pp.33~64 (1998), Université McGill
- GARNIER Bruno, "Anne Dacier, un esprit moderne au pays des anciens in : dans Portraits de traductrices, sous la dir" (2002), Presses de l’Université d’Ottawa
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- LA MOTTE Antoine Houdar de, "Lettres sur Homère et sur les Anciens, dans La Querelle des Anciens et des Modernes" (2001), Gallimard
- MAZON Paul, "Madame Dacier et les traductions d’Homère en France" (1936), Clarendon Press
- RIGAULT Hippolyte, "Histoire de la Querelle des Anciens et des Modernes" (1859), Burt Franklin
- SHIN Junga, "Relire la Querelle d'Homère autour des enjeux “traductologiques”", pp.266~271 (2009), Actes du colloque Traduction et critique, Université Korea
- TERRASSON Jean, "La Philosophie applicable à tous les objets de l'esprit et de la raison", Chez Prault & fils
- 신정아, "라신과 신구논쟁", 프랑스학연구, 23, pp.203~231 (2002), 프랑스학회
