이지스 여신을 찾아가는 제라르 드 네르발의 동방여행
Le voyage en Orient de Gérard de Nerval à la recherche de la déesse Isis
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초록
Notre étude part de l'analyse du processus de l'idéalisation qui tourne à de l'idolâtrie, l'Unique : la déesse Isis. L'expérience de perte ou de manque tient une importance considérable dans la vie de Gérard de Nerval. La mort précoce de sa mère s'esthétise et se fige comme image ; elle le conduit à la Mère éternelle qu'incarne dans la suprême unité d'Isis à laquelle les romantiques vouent un culte. Les critiques révèlent l'importance de la maladie mentale sur la vie créatrice ou réelle de Gérard de Nerval. Il cherche à se justifier et tente de montrer qu'il est lucide et sain d'esprit par le moyen de la création littéraire ; la littérature représente la seule chance d'échapper à son statut de fou qui pèsent sur lui. Les critiques nervaliens insistent sur les rapports entre la crise mentale et le départ pour l'Orient. Nerval passe pour fou dans les milieux littéraires ; il part pour faire oublier sa maladie par un voyage et pour montrer son esprit sain. L'Orient est perçu par Nerval, écrivain-pèlerin" comme un espace régénérateur, où tout a commencé et où tout peut se dénouer, où se régleront donc enfin les conflits de l'âme." La rêverie nervalienne se nourrit au mysticisme, sensualisme, paganisme et christianisme procédant à de savants syncrétismes et des expériences de voyages en Orient. Nerval, qui fut sensible au paganisme dès l'enfance au Valois, s'intéresse à toutes les croyances. Dans l'imaginaire nervalien, la figure poétique de la déesse Isis, transmise par Apulée, joue un rôle prééminent ; cette image auréolée de mystère reconduit à une religion de "l'Egypte, la terre sacrée". Les "altérations" et les "transformations" de la religion isiaque reconduisent à la représentation d'Isis en tant que "la mère de la nature", qui confond en soi-même les dieux et les déesses" et dont l'"univers a adoré sous mille formes l'Unique et toute-puissante divinité". Nerval, déchiré entre la vie humaine et les exigences d'une imagination en quête de l'idéal, rêve de son propre salut sous l'égide de la déesse Isis ; la polysémie des images de la déesse Isis vient de l'image maternelle archaïque et fusionnelle qui glisse à l'image de la déesse, archétype de femme régénératrice, salvatrice et consolatrice. La déesse Isis fusionne avec la Sainte Marie des chrétiens, Déméter des mystères d'Éleusis et d'autres divinités maternelles trouvées par l'imaginaire et l'érudition de Nerval, 'syncrétiste' ; et elle génère l'image archétypale de ce syncrétisme ; enfin, "Cette Mère divine, ce sauveur, qu'une sorte de mirage prophétique avait annoncés ça et là d'un bout à l'autre du monde, apparurent enfin comme le grand jour qui succède aux vagues clartés de l'aurore."
Abstract
Notre étude part de l'analyse du processus de l'idéalisation qui tourne à de l'idolâtrie, l'Unique : la déesse Isis. L'expérience de perte ou de manque tient une importance considérable dans la vie de Gérard de Nerval. La mort précoce de sa mère s'esthétise et se fige comme image ; elle le conduit à la Mère éternelle qu'incarne dans la suprême unité d'Isis à laquelle les romantiques vouent un culte. Les critiques révèlent l'importance de la maladie mentale sur la vie créatrice ou réelle de Gérard de Nerval. Il cherche à se justifier et tente de montrer qu'il est lucide et sain d'esprit par le moyen de la création littéraire ; la littérature représente la seule chance d'échapper à son statut de fou qui pèsent sur lui. Les critiques nervaliens insistent sur les rapports entre la crise mentale et le départ pour l'Orient. Nerval passe pour fou dans les milieux littéraires ; il part pour faire oublier sa maladie par un voyage et pour montrer son esprit sain. L'Orient est perçu par Nerval, écrivain-pèlerin" comme un espace régénérateur, où tout a commencé et où tout peut se dénouer, où se régleront donc enfin les conflits de l'âme." La rêverie nervalienne se nourrit au mysticisme, sensualisme, paganisme et christianisme procédant à de savants syncrétismes et des expériences de voyages en Orient. Nerval, qui fut sensible au paganisme dès l'enfance au Valois, s'intéresse à toutes les croyances. Dans l'imaginaire nervalien, la figure poétique de la déesse Isis, transmise par Apulée, joue un rôle prééminent ; cette image auréolée de mystère reconduit à une religion de "l'Egypte, la terre sacrée". Les "altérations" et les "transformations" de la religion isiaque reconduisent à la représentation d'Isis en tant que "la mère de la nature", qui confond en soi-même les dieux et les déesses" et dont l'"univers a adoré sous mille formes l'Unique et toute-puissante divinité". Nerval, déchiré entre la vie humaine et les exigences d'une imagination en quête de l'idéal, rêve de son propre salut sous l'égide de la déesse Isis ; la polysémie des images de la déesse Isis vient de l'image maternelle archaïque et fusionnelle qui glisse à l'image de la déesse, archétype de femme régénératrice, salvatrice et consolatrice. La déesse Isis fusionne avec la Sainte Marie des chrétiens, Déméter des mystères d'Éleusis et d'autres divinités maternelles trouvées par l'imaginaire et l'érudition de Nerval, 'syncrétiste' ; et elle génère l'image archétypale de ce syncrétisme ; enfin, "Cette Mère divine, ce sauveur, qu'une sorte de mirage prophétique avait annoncés ça et là d'un bout à l'autre du monde, apparurent enfin comme le grand jour qui succède aux vagues clartés de l'aurore."
참고문헌 (17)
- annoté par Albert Béguin, "OEuvres, texte établi vol 1,2" (1978), Gallimard
- Aubaude, Camille, "Nerval et le mythe d'Isis" (1997), Editions Kimé
- Bayle, Corinne, "Gérard de Nerval, L'inconsolé biographie" (2008), Éditions Aden
- Brix, Michel, "Les Déesses absentes. Vérité et simulacre dans l'oeuvre de Gérard de Nerval" (1997), Klincksieck
- Gaillard, Françoise, "Le nom du poète", Cahiers de recherche, 34(7) (1980), S.T.D. Université
- Gaulmier, Jean, "Gérard de Nerval et les filles du Feu" (1956), Librairie Nizet
- Jean, Raymond, "Nerval" (1964), Seuil
- Lemaitre, Henri, "OEuvres de Gérard de Nerval· Aurélia" (1978), Garnier
- Lévy, Ann-Déborah, "Sylvie Aurélia Nerval in : Profil Littérature", Hatier
- Malandain, Gabrielle, "Nerval ou l'incendie du théâtre" (1986), José Corti
- Richer, Jean, "Gérard de Nerval et les doctrines ésotériques" (1947), Éditions Griff d'or
- Richer, Jean, "Nerval par les témoins de sa vie" (1970), Éditions Minard
- Riffaterre, Hermine B., "L'orphisme dans la poésie romantique Thèmes et style surnaturalistes" (1970), Éditions A. -G. Nizet
- Schaeffer, G., "Une double lecture de G. de Nerval - Les Illuminés et Les filles du feu in : langages" (1977), Neuchâtel
- Schärer, Kurt, "Thématique de Nerval ou le monde recomposé" (1968), Minard
- Schreier, Lise, "Seul dans l'Orient lointain. Les voyages de Nerval et du Camp" (2006), Publications de l'Université de Saint- Etienne
- Tristmans, Bruno, "Textualités de l'instable. L'écriture du Valois de Nerval, Berne·Francfort-s. Main" (1989), Peter Lang
