개인과 집단의 기억의 재구성- 프랑시스 르클레르의 Mémoires affectives의 경우 -
La recostruction de la mémoire personnelle et collective - le cas Mémoires affectives de Francis Leclerc -
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초록
Mémoires affectives de Francis Leclerc est un film qui illustre cinématographiquement l'herméneutique du soi prônée par Paul Ricœur. Le protagoniste du film, Alexandre est amnésique suite à un accident de voiture, lorsqu'il a tenté d'euthanasier un chevreuil. Il n'est pas en mesure de reconstruire sa mémoire sans l'intervention des autres. Ses proches tels que sa femme, sa fille, son collègue et sa copine sont les adjuvants de sa quête des mémoires perdues. Les adjuvants québécois deviennent tout à coup les opposants en démentant leurs propres propos, et cela amène Alexandre à prendre conscience que son identité est la somme des souvenirs contradictoires des autres. D'autre part, les adjuvants immigrants tels que l'inspectrice d'origine libanaise Maksoud et le docteur noir l'aident à restituer son histoire passée, tout en mettant en valeur le caractère hybride de son identité. Tous les adjuvants d'Alexandre constituent le chœur de la tragédie grecque ; ils représentent les intérêts moraux de la communauté québécoise. La quête personnelle d'Alexandre devient ainsi la quête collective des Québécois en vue de reconstituer leur mémoire collective. La plaque d'immatriculation québécoise sur laquelle se figure la devise, "Je me souviens" est la mise en abyme du film tout entier, le statut du "je" d'Alexandre qui veut se souvenir de son origine étant problématique. Il doit se recourir à son frère, c'est-à-dire à son alter ego pour recomposer son "je". A l'aide de son frère Joseph, Alexandre arrive enfin à raconter l'histoire de son origne qu'est le père. Mais ce récit se révèle celui du parricide ; c'était lui qui a tué son père. Les frères Joseph et Alexandre forment deux facettes d'une même personne, chacune représentant tour à tour la mémoire et son refoulement. L'image d'Alexandre qui retrace sa mémoire en étalant chronologiquement les photos sur le mur de sa maison est celle du cinéaste Leclerc qui fait le montage cinématographique. Leclerc nous donne à voir, à travers la quête du héros, celle du film québécois qui ne jette plus le regard narcissique sur la québécité, mais sur l'inquiétante étrangeté de la mémoire tant personnelle que collective.
Abstract
Mémoires affectives de Francis Leclerc est un film qui illustre cinématographiquement l'herméneutique du soi prônée par Paul Ricœur. Le protagoniste du film, Alexandre est amnésique suite à un accident de voiture, lorsqu'il a tenté d'euthanasier un chevreuil. Il n'est pas en mesure de reconstruire sa mémoire sans l'intervention des autres. Ses proches tels que sa femme, sa fille, son collègue et sa copine sont les adjuvants de sa quête des mémoires perdues. Les adjuvants québécois deviennent tout à coup les opposants en démentant leurs propres propos, et cela amène Alexandre à prendre conscience que son identité est la somme des souvenirs contradictoires des autres. D'autre part, les adjuvants immigrants tels que l'inspectrice d'origine libanaise Maksoud et le docteur noir l'aident à restituer son histoire passée, tout en mettant en valeur le caractère hybride de son identité. Tous les adjuvants d'Alexandre constituent le chœur de la tragédie grecque ; ils représentent les intérêts moraux de la communauté québécoise. La quête personnelle d'Alexandre devient ainsi la quête collective des Québécois en vue de reconstituer leur mémoire collective. La plaque d'immatriculation québécoise sur laquelle se figure la devise, "Je me souviens" est la mise en abyme du film tout entier, le statut du "je" d'Alexandre qui veut se souvenir de son origine étant problématique. Il doit se recourir à son frère, c'est-à-dire à son alter ego pour recomposer son "je". A l'aide de son frère Joseph, Alexandre arrive enfin à raconter l'histoire de son origne qu'est le père. Mais ce récit se révèle celui du parricide ; c'était lui qui a tué son père. Les frères Joseph et Alexandre forment deux facettes d'une même personne, chacune représentant tour à tour la mémoire et son refoulement. L'image d'Alexandre qui retrace sa mémoire en étalant chronologiquement les photos sur le mur de sa maison est celle du cinéaste Leclerc qui fait le montage cinématographique. Leclerc nous donne à voir, à travers la quête du héros, celle du film québécois qui ne jette plus le regard narcissique sur la québécité, mais sur l'inquiétante étrangeté de la mémoire tant personnelle que collective.
참고문헌 (13)
- Christoper E. Gittings, "Canadian National Ci" (2002), Routledge
- Susan Hayward, "French National Cinema" (1993), Routledge
- 김도훈, "시나리오" (2006), 이화여자대학교출판부
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- Bill Marshall, "Quebec National Cinema" (2006), McGill-Queen's University Press
- Clément Moisan, "Ecritures migrantes et identités culturelles" (2008), Québec
- Patrice Pavis, "Dictionnaire du théâtre" (1987), Messidor
- Paul Ricoeur, "Temps et récit III, le temps retrouvé" (1985), Éditions du Seuil
- Paul Ricoeur, "Soi-même comme un autre" (1990), Éditions du Seuil
- Babette Rothschild, "내 인생을 힘들게 하는 트라우마 : 외상 후 스트레스 장애( PTSD)에서 벗어나는 법" (2013), 원앤원북스
- Denis Bachand, "Le prisme identitaire du cinéma québécois. Figures paternelles et interculturalité dans Mémoires affectives et Littoral", CiNéMAS, 19(1), pp.57~73 (2008)
- Chatale Gingras, "Mémoires affectives. Flashes mnésiques", Québec français, (136) (2005)
- "Figures du père dans le cinéma québécois contemporain" (2009)[URL]
