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정체성의 탐색에서 정체성 탐색의 의미 탐구로- 욱 정의 『한국 3부작』을 읽는 한 방법

De la quê̂te d’identité à la recherche du sens de la quê̂te d’identité - une façon de lire La Trilogie coréenne de Ook Chung

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Ook Chung, écrivain québécois né au Japon de parents coréens, a publié en 2001 en France son premier roman intitulé Kimchi, qu’il a repris, sous une forme légèrement modifiée, dans La Trilogie coréenne parue en 2012 au Québec. La reprise de Kimchi dans La Trilogie coréenne ne constitue pas, selon Gilles Dupuis, une simple réécriture, mais elle répond à une toute autre logique, à savoir de rectifier le tir autofictionnel de l’œuvre en l’engageant plus ouvertement dans la veine autobiographique. Cela dit, reste toujours une question : qu’est-ce qui a conduit Ook Chung à faire de sa trilogie coréenne une autofiction? Pour donner quelques éléments de réponse à cette question, il faut revenir au thème de la difficile quê̂te identitaire du personnage principal qui semblait déjà se confondre avec l’auteur dans la première version de Kimchi. Danns La Trilogie coréene, le héros appelé O Jeong est rongé par les affres d’une identité incertaine. Pour sortir de cette peine à vivre, il décide de remonter sa lignée familiale jusqu’à ses grands parents en espérant y trouver un point de repère qui pourrait lui assurer une identié. Or cette quê̂te identitaire se termine par un échec et il commence désormais à se chercher une identité dans l’écriture, identité qu’on pourrait qualifier d’universelle, voire de cosmopolite. Il semble pourtant à notre auteur que cette idée d’identité cosmopolite est aussi douteuse que celle d’identité comme racine. Si Kimchi est une fiction consacrée à la quê̂te de l’identité, La Trilogie coréenne devenue ainsi une autofiction, se propose, selon nous, de rechercher le sens de la quê̂te d’identité. Dans le troisième et dernier récit de La Trilogie coréenne, Ook Chung nous présente le héros décrivant soigneusement les paysages qu’il rencontre lors de son séjour en Corée. Quand il observe ainsi la société coréenne des années 2000, il le fait à la manière d’un “anthropologue de la ville et du quotidien” pour reprendre l’expression de Marc Augé. Or ce regard anthropologique lui sert d’instrument critique efficace à l’égard des sociétés qu’il décrit et il parvient petit à petit à pouvoir se distancier lui-mê̂me de sa quê̂te d’une identité fixe et invariable. Prenant l’attitude de l’ethnologue “heureux” décrit par Todorov, il réalise que l’identité, loin d’ê̂tre prédéfinie et une fois fixée, invariable, s’apparente à un projet en perpétuelle construction et déconstruction, un projet qui s’oriente vers l’accomplissement sans jamais y arriver. Pour lui, la véritable identité n’est plus fixée, définie et identique dans le temps, mais une identité qui se transforme au contact des autres dans le temps. Dans ce sens, la question “qui deviens-je?” revê̂t plus d’importance que celle du “qui suis-je?”. Ainsi si Ook Chung nous raconte à deux reprises, et dans un cadre différent, l’histoire de la quê̂te identitaire du mê̂me personnage, c’est sans doute pour nous sensibiliser au sens de toute quê̂te identitaire.

Abstract

Ook Chung, écrivain québécois né au Japon de parents coréens, a publié en 2001 en France son premier roman intitulé Kimchi, qu’il a repris, sous une forme légèrement modifiée, dans La Trilogie coréenne parue en 2012 au Québec. La reprise de Kimchi dans La Trilogie coréenne ne constitue pas, selon Gilles Dupuis, une simple réécriture, mais elle répond à une toute autre logique, à savoir de rectifier le tir autofictionnel de l’œuvre en l’engageant plus ouvertement dans la veine autobiographique. Cela dit, reste toujours une question : qu’est-ce qui a conduit Ook Chung à faire de sa trilogie coréenne une autofiction? Pour donner quelques éléments de réponse à cette question, il faut revenir au thème de la difficile quê̂te identitaire du personnage principal qui semblait déjà se confondre avec l’auteur dans la première version de Kimchi. Danns La Trilogie coréene, le héros appelé O Jeong est rongé par les affres d’une identité incertaine. Pour sortir de cette peine à vivre, il décide de remonter sa lignée familiale jusqu’à ses grands parents en espérant y trouver un point de repère qui pourrait lui assurer une identié. Or cette quê̂te identitaire se termine par un échec et il commence désormais à se chercher une identité dans l’écriture, identité qu’on pourrait qualifier d’universelle, voire de cosmopolite. Il semble pourtant à notre auteur que cette idée d’identité cosmopolite est aussi douteuse que celle d’identité comme racine. Si Kimchi est une fiction consacrée à la quê̂te de l’identité, La Trilogie coréenne devenue ainsi une autofiction, se propose, selon nous, de rechercher le sens de la quê̂te d’identité. Dans le troisième et dernier récit de La Trilogie coréenne, Ook Chung nous présente le héros décrivant soigneusement les paysages qu’il rencontre lors de son séjour en Corée. Quand il observe ainsi la société coréenne des années 2000, il le fait à la manière d’un “anthropologue de la ville et du quotidien” pour reprendre l’expression de Marc Augé. Or ce regard anthropologique lui sert d’instrument critique efficace à l’égard des sociétés qu’il décrit et il parvient petit à petit à pouvoir se distancier lui-mê̂me de sa quê̂te d’une identité fixe et invariable. Prenant l’attitude de l’ethnologue “heureux” décrit par Todorov, il réalise que l’identité, loin d’ê̂tre prédéfinie et une fois fixée, invariable, s’apparente à un projet en perpétuelle construction et déconstruction, un projet qui s’oriente vers l’accomplissement sans jamais y arriver. Pour lui, la véritable identité n’est plus fixée, définie et identique dans le temps, mais une identité qui se transforme au contact des autres dans le temps. Dans ce sens, la question “qui deviens-je?” revê̂t plus d’importance que celle du “qui suis-je?”. Ainsi si Ook Chung nous raconte à deux reprises, et dans un cadre différent, l’histoire de la quê̂te identitaire du mê̂me personnage, c’est sans doute pour nous sensibiliser au sens de toute quê̂te identitaire.

참고문헌 (13)

  1. Chung(Ook), "Kimchi" (2001), Serpent à Plumes
  2. Chung(Ook), "La Trilogie coréenne" (2012), Boréal
  3. Dupuis (Gilles), "Entre fiction et autofiction, les deux Kimchi de Ook Chung", Nouvelles Etudes Francophones, 31(2) (2016), University of Nebraska Press
  4. Glissant (Edouard), "Poétique de la Relation" (1990), Gallimard
  5. Kim-Bernard(Kyeongmi), "La quête identitaire d’Ook Chung: analyse thématique de La Trilogie coréenne", International Journal of Francophone Studies, 16(3) (2013)
  6. Shin (Junga), "De l’espace transculturel: Le transculturalisme revisité à travers la littérature migrante du Québec", French Cultural Studies, 26(1) (2015), SAGE
  7. Todorov(Zvetan), "Nous et les autres" (1989), Editions du Seuil
  8. 마르크 오제, "비장소. 초근대성의 인류학 입문" (2017), 아카넷
  9. 박아르마, "불어권 캐나다 작가 정 욱과 정체성의 문제- 『김치 Kimchi』와 『방황하는 동양의 단편들 Nouvelles orientales et desorientees』을 중심으로", 불어불문학연구, (71), pp.431~457 (2007), 한국불어불문학회
  10. 변광배, "오토픽션의 이론 : 기원과 변천 및 글쓰기 전략", 세계문학비교연구, (36), pp.199~229 (2011), 세계문학비교학회
  11. 신정아, "욱 정의『김치』와 이주의 글쓰기의 한 양상", 프랑스학연구, (55), pp.443~470 (2011), 프랑스학회
  12. 이가야, "자전적 글쓰기에 대한 몇 가지 이론적 고찰 - 필립 르죈의 이론과 그 반향을 중심으로 -", 프랑스어권 문화예술연구, 23, pp.283~311 (2008), 프랑스문화예술학회[DOI]
  13. 필립 르죈, "자서전의 규약" (1998), 문학과지성사

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