아니 에르노와 내면일기 - 파편과 연속의 글쓰기, [나는 나의 밤을 떠나지 않았다]
Annie Ernaux et le journal intime - Une écriture de fragment et de continuité, Je ne suis pas sortie de ma nuit
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초록
L’univers de l’œuvre d’Annie Ernaux est imprégné par la présence constante du ‘je’ qui est la plupart du temps l’auteure, la narratrice et le personnage principal du récit. Cependant de part le contenu et la forme de ses récits, il semble que l’apellation traditionnelle du roman, de l’autobiographie ou encore du roman autobiographique semble désuette pour le cas ernalien et l’auteure semble avoir inventé un nouveau genre d'écriture. Ne se fiant pas à ces genres traditionnels, elle appelle volontier ses textes de ‘livre’ ou d’‘écriture’ tout court. Malgré le refus de l’auteure à classer son œuvre dans l’une des catégories traditionnelles, elle a publié à de nombreuses reprises ce qu’elle appelle elle-même de journal (intime et extime). Dans notre étude, nous analysons le premier journal intime que l’auteure a publié sous le titre de Je ne suis pas sortie de ma nuit(1997), un recueil de notes qu’elle avait rédigées lors des deux dernières années précédentes la mort de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Afin de comprendre la stratégie d’écriture dans ce journal, nous le mettons en parallèle avec Une femme(1987), un récit publié précédemment qui pourtant traite le même sujet - sa mère - mais avec une stylisation et une démarche ‘littéraires’ et conscientes, alors que le journal se serait construit lui-même, avoue-t-elle dans des interviews ultérieures. Nous pouvons caractériser l’écriture de ce journal à la fois comme une écriture de fragment et de continuité au point de vue du contenu et du style. Les paragraphes courts constituant l’entrée d’un jour sont de simples morceaux bruts, sans transition dont les phrases manquent souvent de prédicat. La perte de la mémoire et la dégradation physique de la mère marquent une disjonction entre une mère forte et radieuse de la jeunesse et celle qui ne reconnaît plus sa propre fille. Cette coupure est présente non seulement chez la mère mais aussi chez l’auteure qui voit sa propre image se projeter dans l’état présent de sa mère. Mais c’est aussi une écriture de continuité, car par la transcription des faits au jour le jour, l’auteure tente de saisir et isoler l’essence de la mère contre une mort imminente. L’écriture de continuité permet à l’auteure de rétablir enfin une réconciliation entre la mère à laquelle elle s’est révoltée dans son enfance. Par une écriture journalière à la fois fragmentaire et continuelle, Ernaux réussit à faire de Je ne suis pas sortie de ma nuit un texte qui se distingue d’Une femme. La souffrance et la douleur impregnées dans ce journal ne se limitent pas à celles ressenties par l’auteure mais réussissent à avoir une porte plus générale et universelle auprès d’un lectorat plus large.
Abstract
L’univers de l’œuvre d’Annie Ernaux est imprégné par la présence constante du ‘je’ qui est la plupart du temps l’auteure, la narratrice et le personnage principal du récit. Cependant de part le contenu et la forme de ses récits, il semble que l’apellation traditionnelle du roman, de l’autobiographie ou encore du roman autobiographique semble désuette pour le cas ernalien et l’auteure semble avoir inventé un nouveau genre d'écriture. Ne se fiant pas à ces genres traditionnels, elle appelle volontier ses textes de ‘livre’ ou d’‘écriture’ tout court. Malgré le refus de l’auteure à classer son œuvre dans l’une des catégories traditionnelles, elle a publié à de nombreuses reprises ce qu’elle appelle elle-même de journal (intime et extime). Dans notre étude, nous analysons le premier journal intime que l’auteure a publié sous le titre de Je ne suis pas sortie de ma nuit(1997), un recueil de notes qu’elle avait rédigées lors des deux dernières années précédentes la mort de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Afin de comprendre la stratégie d’écriture dans ce journal, nous le mettons en parallèle avec Une femme(1987), un récit publié précédemment qui pourtant traite le même sujet - sa mère - mais avec une stylisation et une démarche ‘littéraires’ et conscientes, alors que le journal se serait construit lui-même, avoue-t-elle dans des interviews ultérieures. Nous pouvons caractériser l’écriture de ce journal à la fois comme une écriture de fragment et de continuité au point de vue du contenu et du style. Les paragraphes courts constituant l’entrée d’un jour sont de simples morceaux bruts, sans transition dont les phrases manquent souvent de prédicat. La perte de la mémoire et la dégradation physique de la mère marquent une disjonction entre une mère forte et radieuse de la jeunesse et celle qui ne reconnaît plus sa propre fille. Cette coupure est présente non seulement chez la mère mais aussi chez l’auteure qui voit sa propre image se projeter dans l’état présent de sa mère. Mais c’est aussi une écriture de continuité, car par la transcription des faits au jour le jour, l’auteure tente de saisir et isoler l’essence de la mère contre une mort imminente. L’écriture de continuité permet à l’auteure de rétablir enfin une réconciliation entre la mère à laquelle elle s’est révoltée dans son enfance. Par une écriture journalière à la fois fragmentaire et continuelle, Ernaux réussit à faire de Je ne suis pas sortie de ma nuit un texte qui se distingue d’Une femme. La souffrance et la douleur impregnées dans ce journal ne se limitent pas à celles ressenties par l’auteure mais réussissent à avoir une porte plus générale et universelle auprès d’un lectorat plus large.
참고문헌 (33)
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