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19세기 사진의 이상- 로덴바흐의 『죽음의 도시 브뤼주 Bruges-la-Morte』 중심으로

L'idéal de la photographie au 19ème siècle dans Bruges-la-Morte de Rodenbach

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초록

Bruges-la-Morte de Rodenbach, premier roman illustré de 35 photos, est l'un des chefs-d’œuvre symbolistes. Loin d'engager un conflit entre l’image et le texte, la photographie moderne opère un dialogue avec le récit et renouvelle ainsi l'écriture romanesque. À travers l’analyse de ce roman, nous cherchons à mettre en évidence l'idéal de la photographie au 19ème siècle. Notre étude sera consacrée à trois aspects spécifiques : Bruges, incarnation de l'épouse morte, la résurrection de l'épouse et sa désillusion et le sacrifice pour l'idéal de la photographie. L'histoire se déploie au moment de la fête de la présentation de la Vierge. Après le décès de son épouse, Hugues Viane décide de s'installer à Bruges où la foi catholique est encore forte. Le veuf voue un culte fétichiste aux photos de sa femme et notamment à sa chevelure. Il identifie la ville à son épouse, comme si Bruges incarnait l'âme de sa femme. Les photos de rues désertées, d'eaux stagnantes, de reflets des canaux en noir et blanc, apparaissent ainsi comme autant d’hommages commémoratifs à la morte. Dans ces photos, la prédominance du gris, par lequel s'opère la synthèse du noir et du blanc, symbolise la fusion de la mort et de l'espérance. Un jour, Hugues Viane rencontre le sosie de sa femme en la personne d'une comédienne, Jane. Convaincu que Jane est son épouse ressuscitée, il devient son amant. Malgré le regard désapprobateur de la communauté, et notamment de celui du béguinage de Bruges, il continue de la fréquenter. Obsédé par l'image de sa femme morte, il habille Jane avec l’une de ses robes pour voir combien elles se ressemblent. Mais ce rêve d'amour tourne au cauchemar, car malgré la ressemblance physique de Jane avec la femme d’Hugues Viane, la nature de Jane altère l’image que le veuf conserve de son épouse. Jane n'est qu'une image vide de sa femme, comme un miroir déformant. Au moment de la cérémonie du Saint-Sang en mai, mois de Marie, Jane se rend chez Hugues. Lorsqu’elle aperçoit une photo de la morte, elle s’étonne de sa ressemblance avec elle. Elle découvre aussi sa chevelure intacte et finit par la profaner malgré les mises en garde d’Hugues. Or la relique qui lie le monde terrestre à celui du ciel est pour lui l’objet d’un véritable culte et le symbole de l'immortalité de l'amour. Indigné par l’acte sacrilège de son amante, Hugues l’étrangle. Le sacrifice de Jane se justifie dans la mesure où elle a nui à l'image immaculée de la femme divinisée et à l’image catholique du mariage. Rodenbach traduit les aspirations des écrivains de cette époque et leur préférence pour la peinture qui fait plonger dans la rêverie plutôt que pour la photographie trop réelle. La photographie dont l'auteur rêve est celle qui ne trahit pas l'apparence extérieure et qui respecte la foi religieuse. L'idéal de la photographie au 19ème siècle s'épanouit ainsi au cœur de la tradition.

Abstract

Bruges-la-Morte de Rodenbach, premier roman illustré de 35 photos, est l'un des chefs-d’œuvre symbolistes. Loin d'engager un conflit entre l’image et le texte, la photographie moderne opère un dialogue avec le récit et renouvelle ainsi l'écriture romanesque. À travers l’analyse de ce roman, nous cherchons à mettre en évidence l'idéal de la photographie au 19ème siècle. Notre étude sera consacrée à trois aspects spécifiques : Bruges, incarnation de l'épouse morte, la résurrection de l'épouse et sa désillusion et le sacrifice pour l'idéal de la photographie. L'histoire se déploie au moment de la fête de la présentation de la Vierge. Après le décès de son épouse, Hugues Viane décide de s'installer à Bruges où la foi catholique est encore forte. Le veuf voue un culte fétichiste aux photos de sa femme et notamment à sa chevelure. Il identifie la ville à son épouse, comme si Bruges incarnait l'âme de sa femme. Les photos de rues désertées, d'eaux stagnantes, de reflets des canaux en noir et blanc, apparaissent ainsi comme autant d’hommages commémoratifs à la morte. Dans ces photos, la prédominance du gris, par lequel s'opère la synthèse du noir et du blanc, symbolise la fusion de la mort et de l'espérance. Un jour, Hugues Viane rencontre le sosie de sa femme en la personne d'une comédienne, Jane. Convaincu que Jane est son épouse ressuscitée, il devient son amant. Malgré le regard désapprobateur de la communauté, et notamment de celui du béguinage de Bruges, il continue de la fréquenter. Obsédé par l'image de sa femme morte, il habille Jane avec l’une de ses robes pour voir combien elles se ressemblent. Mais ce rêve d'amour tourne au cauchemar, car malgré la ressemblance physique de Jane avec la femme d’Hugues Viane, la nature de Jane altère l’image que le veuf conserve de son épouse. Jane n'est qu'une image vide de sa femme, comme un miroir déformant. Au moment de la cérémonie du Saint-Sang en mai, mois de Marie, Jane se rend chez Hugues. Lorsqu’elle aperçoit une photo de la morte, elle s’étonne de sa ressemblance avec elle. Elle découvre aussi sa chevelure intacte et finit par la profaner malgré les mises en garde d’Hugues. Or la relique qui lie le monde terrestre à celui du ciel est pour lui l’objet d’un véritable culte et le symbole de l'immortalité de l'amour. Indigné par l’acte sacrilège de son amante, Hugues l’étrangle. Le sacrifice de Jane se justifie dans la mesure où elle a nui à l'image immaculée de la femme divinisée et à l’image catholique du mariage. Rodenbach traduit les aspirations des écrivains de cette époque et leur préférence pour la peinture qui fait plonger dans la rêverie plutôt que pour la photographie trop réelle. La photographie dont l'auteur rêve est celle qui ne trahit pas l'apparence extérieure et qui respecte la foi religieuse. L'idéal de la photographie au 19ème siècle s'épanouit ainsi au cœur de la tradition.

참고문헌 (14)

  1. Arrouye, Jean, "La Photographie au pied de la lettre, actes du colloque international d'Aix-en-Provence, 14, 15 et 16 janvier 1999" (2005), Publications de l’Université de Provence
  2. Edwards, Paul, "La Littérature et Photographie. La tradition de l'imaginaire. 1839-1939" (1996), Université de Paris XII
  3. Edwards, Paul, "Jardins d'hiver. Littérature et photographie" (1997)
  4. Grojnowski, Daniel, "Photographie et langage" (2002), José Corti
  5. Hamon, Philippe, "Littérature et image au xixe siècle" (2001), José Corti
  6. "Le Secret de Bruges-la-Morte" (2011)[URL]
  7. Méaux, Danièle, "Traces photographiques, traces autobiographiques", actes du colloque organisé en mai 2003 par le CIEREC et l'IUFM de l'Académie d'Amiens (2004), de l’Université de Saint-Etienne
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  9. Ortel, Philippe, "La Littérature à l'ère de la photographie, Enquête sur une révolution invisible" (2002), Jacqueline Chambon
  10. Piret, Pierre, "La Littérature à l'ère de la reproductibilité technique", colloque tenu à Louvain-la-Neuve (2007)
  11. Rodenbach, "Georges, Bruges-la-Morte" (1998), GF Flammarion
  12. Thélot, Jérôme, "Les Inventions littéraires de la photographie" (2003)
  13. 김현아, "소설에 나타난 사진 이미지 고찰 - ‘로덴바흐’와 ‘미셀 투르니에’의 소설을 중심으로 -", 프랑스문화예술연구, 38, pp.31~64 (2011), 프랑스문화예술학회
  14. 이경률, "사진적 행위" (2005), 사진마실

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