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프랑스 음악 비극의 탄생과 키노와 륄리의 『카드모스와 하르모니아』 분석

Naissance de la tragédie en musique et analyse de Cadmus et Hermione de Quinault et Lully

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L’objectif de ce travail est d’étudier la naissance de la tragédie en musique et d’analyser Cadmus et Hermione de Quinault et Lully. Pour notre but, il est essentiel de prendre en compte la réception de l’opéra italien en France au XVIIe siècle et les premières tentatives d’un opéra français. Ensuite il nous semble important d’examiner la modification du mythe dans Cadmus et Hermione en mettant en lumière les remaniements des Métamorphoses d’Ovide dont Quinault s’inspire. Enfin nous mettons en valeur l’influence des Dionysiaques de Nonnos sur la première tragédie en musique, ce qui n’attire que très peu d’attention de la part de la critique. Malgré les efforts de Mazarin pour instaurer l’opéra italien en France, sa réception se heurte en général à l’indifférence du public français. Même si l’on adapte l’opéra italien au goût français, il est difficile de surmonter l’incompréhension de la langue italienne et l’hostilité contre l’art italien. Les Français préfèrent le ballet de cour, la tragédie à machines et la comédie-ballet. Pierre Perrin crée le premier opéra avec Robert Cambert en fondant l’Académie de musique. Incité par le succès des œuvres de ces derniers comme Pastorale d’Issy et Pomone, Lully inaugure la tragédie en musique avec Quinault en créant Cadmus et Hermione en 1673. Pour la dignité du genre, Quinault et Lully choisissent Cadmus, personnage illustre comme personnage principal et citent les Métamorphoses d’Ovide comme unique source. Pour le prologue, Quinault modifie le mythe ovidien en introduisant l’Envie qui interrompt la paix champêtre en éveillant Python. Le Soleil qui terrasse le monstre marécageux symbolise Louis XIV combattant les Pays-Bas. Pour simplifier l’intrigue, Quinault supprime l’enlèvement d’Europe et les errances de Cadmus et se penche sur les scènes spectaculaires comme le combat du héros avec le dragon et le combat entre les soldats nés des dents du dragon. Il ajoute le personnage nommé Draco à l’aide de l’explication historique des traductions françaises des Métamorphoses. Quinault emprunte aux Dionysiaques de Nonnos l’aventure amoureuse de Cadmus qui n’existe pas chez Ovide: dans Cadmus et Hermione, le héros rencontre Hermione avant la fondation de Thèbes. Comme Typhon des Dionysiaques, Draco devient un chef des Géants dans cette tragédie en musique, cela ne manque pas d’évoquer la Gigantomachie. Quinault se sert sans doute de la traduction de Boitet de Frauville qui influence les artistes et les poètes du XVIIe siècle. C’est en s’inspirant de l’épopée de Nonnos qu’il introduit dans son livret la protection de Jupiter envers Cadmus et l’hostilité de Junon contre lui. Si Pallas et l’Amour veillent sur Cadmus et Hermione, et si Mars manifeste sa colère au sacrifice, c’est parce que le librettiste est encore sous l’influence de Nonnos. La description des noces de Cadmus et d’Hermione chez Quinault et Lully correspond, en général, à celle des Dionysiaques qui souligne l’importance de la musique: la présence des dieux, les festivités, le chant, la danse et le remise de cadeaux. Dans les Dionysiaques, Cadmus devient sauveur de l’harmonie universelle par le pouvoir de la musique. Comme chez Nonnos, Quinault et Lully présentent Cadmus- Louis XIV comme le sauveur de l’harmonie du monde et souhaitent la paix à l’aide de la musique.

Abstract

L’objectif de ce travail est d’étudier la naissance de la tragédie en musique et d’analyser Cadmus et Hermione de Quinault et Lully. Pour notre but, il est essentiel de prendre en compte la réception de l’opéra italien en France au XVIIe siècle et les premières tentatives d’un opéra français. Ensuite il nous semble important d’examiner la modification du mythe dans Cadmus et Hermione en mettant en lumière les remaniements des Métamorphoses d’Ovide dont Quinault s’inspire. Enfin nous mettons en valeur l’influence des Dionysiaques de Nonnos sur la première tragédie en musique, ce qui n’attire que très peu d’attention de la part de la critique. Malgré les efforts de Mazarin pour instaurer l’opéra italien en France, sa réception se heurte en général à l’indifférence du public français. Même si l’on adapte l’opéra italien au goût français, il est difficile de surmonter l’incompréhension de la langue italienne et l’hostilité contre l’art italien. Les Français préfèrent le ballet de cour, la tragédie à machines et la comédie-ballet. Pierre Perrin crée le premier opéra avec Robert Cambert en fondant l’Académie de musique. Incité par le succès des œuvres de ces derniers comme Pastorale d’Issy et Pomone, Lully inaugure la tragédie en musique avec Quinault en créant Cadmus et Hermione en 1673. Pour la dignité du genre, Quinault et Lully choisissent Cadmus, personnage illustre comme personnage principal et citent les Métamorphoses d’Ovide comme unique source. Pour le prologue, Quinault modifie le mythe ovidien en introduisant l’Envie qui interrompt la paix champêtre en éveillant Python. Le Soleil qui terrasse le monstre marécageux symbolise Louis XIV combattant les Pays-Bas. Pour simplifier l’intrigue, Quinault supprime l’enlèvement d’Europe et les errances de Cadmus et se penche sur les scènes spectaculaires comme le combat du héros avec le dragon et le combat entre les soldats nés des dents du dragon. Il ajoute le personnage nommé Draco à l’aide de l’explication historique des traductions françaises des Métamorphoses. Quinault emprunte aux Dionysiaques de Nonnos l’aventure amoureuse de Cadmus qui n’existe pas chez Ovide: dans Cadmus et Hermione, le héros rencontre Hermione avant la fondation de Thèbes. Comme Typhon des Dionysiaques, Draco devient un chef des Géants dans cette tragédie en musique, cela ne manque pas d’évoquer la Gigantomachie. Quinault se sert sans doute de la traduction de Boitet de Frauville qui influence les artistes et les poètes du XVIIe siècle. C’est en s’inspirant de l’épopée de Nonnos qu’il introduit dans son livret la protection de Jupiter envers Cadmus et l’hostilité de Junon contre lui. Si Pallas et l’Amour veillent sur Cadmus et Hermione, et si Mars manifeste sa colère au sacrifice, c’est parce que le librettiste est encore sous l’influence de Nonnos. La description des noces de Cadmus et d’Hermione chez Quinault et Lully correspond, en général, à celle des Dionysiaques qui souligne l’importance de la musique: la présence des dieux, les festivités, le chant, la danse et le remise de cadeaux. Dans les Dionysiaques, Cadmus devient sauveur de l’harmonie universelle par le pouvoir de la musique. Comme chez Nonnos, Quinault et Lully présentent Cadmus- Louis XIV comme le sauveur de l’harmonie du monde et souhaitent la paix à l’aide de la musique.

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