본문 바로가기
KERD
논문KCI 등재

르 클레지오의 『허기의 간주곡』 연구 - 기억과 장소의 역학관계를 중심으로

L’étude sur Ritournelle de la faim de Le Clézio: la relation entre lieux et mémoire

0

조회

0

다운로드

0

인용

0

참고문헌

키워드

초록

Nous avons pour but, dans cette étude, d’analyser Ritournelle de la faim (2008) de J.M.G. Le Clézio en mettant évidence sur des relations entre les lieux (historiques) et la mémoire (collective et/ou personnelle). Le Clézio se souvient de sa propre faim, enfant, pendant la guerre et l’auteur annonce “une autre faim” d’Ethel dans le prologue de ce roman. La métaphore entre la faim physique et émotionnelle et le besoin d'écrire est subtile : afin de surmonter la peur et la douleur vécues durant la guerre “les survivants étourdis” (2008:205) ont besoin de “raconter l’histoire d’une colère, d’une faim”(loc.cit.). Ce roman constitue l’histoire de la Seconde Guerre en expansion littéraire inspirée par des événements du vécu familial de l’auteur : l’écriture leclézienne devient ici comme un lieu de mémoire de sa propre famille (maternelle) aussi des “disparus” de l’Histoire. Le Clézio témoigne “l’histoire des disparus”, à savoir des “Juifs de France exterminés” par les nazis et leurs collaborateurs durant le régime de Vichy. “Le Vélodrome d'Hiver” et “le camp de Drancy” sont les deux “lieux de mémoire” focalisés dans ce roman par Le Clézio afin de commémorer la rafle du Vél’d’Hiv (en juillet 1942) et la déportation antisémite (1941∼1944). L’auteur critique ici l’antisémitisme qui régnait et grandissait dans les années 1930∼1940 en France, tout comme Nora et al. soulignent dans Les Lieux de mémoire (2005) le rejet de reconnaissance de la communauté juive dans l’Histoire de la Troisième République. En écrivant ce roman Le Clézio fait son effort de remémoration des souvenirs “des disparus” au Vélodrome d'Hiver et au camp de Drancy : ces deux “lieux de mémoire” peuvent ainsi renforcer la commémoration des victimes de l’holocauste et les souvenirs douloureux de la collectivité juive française pendant la Seconde Guerre. Le Clézio comme auteur engagé offre l’occasion aux minorités opprimées d’exister et de s’exprimer, ainsi qu’il met en échos les voix des victimes de la Shoah. Nous pouvons analyser trois parties de ce roman en nous basant sur la topo-analyse de la phénoménologie bachelardienne (1978). Dans la première partie du roman, “la maison mauve” est une représentation de “la maison natale” sur l’île Maurice de Samuel Soliman. Celui-ci veut rebâtir “la maison natale” mauricienne à Paris afin de la léguer à sa petite-nièce Ethel. Cette maison correspond bien à la topophilie bachelardienne sur l’espace heureux de l’homme qui donne des images de l’espace défendu contre des forces adverses et des illusions de stabilité. Ensuite, dans la deuxième partie du roman, “la chute” de la famille de Justine et d’Alexandre Brun est étroitement liée à l’éternelle recherche des “maisons de l’avenir” du père d’Ethel. Alexandre est un “rêveur de demeures” bachelardien (1978:68) qui veut à tout prix bâtir des maisons rêvées dans le monde entier au détriment de la maison réelle, l’abri de sa femme et de sa fille. Et la troisième partie du roman s’intitule “le silence”, qui renvoie à la morosité de Paris sous l’occupation allemande. Tous les réfugiés de la Seconde Guerre, tout comme la famille d’Ethel, se taisaient dans les coins de la maison. Les images des coins bachelardiens (ibid.130) menant à la négation de l’Univers et de la vie renvoient au silence et à l’immobilité des réfugiés. Ce roman d’apprentissage représente aussi la quête identitaire de l'héroïne Ethel, personnage fictif inspiré par la mère de l’auteur Simone Le Clézio et sa famille à l’origine mauricienne immigrée à Paris. Pour Ethel, l’écriture dans son agenda témoigne différentes étapes de sa vie ainsi que l’histoire de sa famille mauricienne d’immigration : les souvenirs familiaux s’organisent autour des lieux de mémoire comme tombeaux, photos de famille, journaux etc. ainsi que la mémoire collective se renforce et l’héritage se lègue des ancêtres à la postérité.

Abstract

Nous avons pour but, dans cette étude, d’analyser Ritournelle de la faim (2008) de J.M.G. Le Clézio en mettant évidence sur des relations entre les lieux (historiques) et la mémoire (collective et/ou personnelle). Le Clézio se souvient de sa propre faim, enfant, pendant la guerre et l’auteur annonce “une autre faim” d’Ethel dans le prologue de ce roman. La métaphore entre la faim physique et émotionnelle et le besoin d'écrire est subtile : afin de surmonter la peur et la douleur vécues durant la guerre “les survivants étourdis” (2008:205) ont besoin de “raconter l’histoire d’une colère, d’une faim”(loc.cit.). Ce roman constitue l’histoire de la Seconde Guerre en expansion littéraire inspirée par des événements du vécu familial de l’auteur : l’écriture leclézienne devient ici comme un lieu de mémoire de sa propre famille (maternelle) aussi des “disparus” de l’Histoire. Le Clézio témoigne “l’histoire des disparus”, à savoir des “Juifs de France exterminés” par les nazis et leurs collaborateurs durant le régime de Vichy. “Le Vélodrome d'Hiver” et “le camp de Drancy” sont les deux “lieux de mémoire” focalisés dans ce roman par Le Clézio afin de commémorer la rafle du Vél’d’Hiv (en juillet 1942) et la déportation antisémite (1941∼1944). L’auteur critique ici l’antisémitisme qui régnait et grandissait dans les années 1930∼1940 en France, tout comme Nora et al. soulignent dans Les Lieux de mémoire (2005) le rejet de reconnaissance de la communauté juive dans l’Histoire de la Troisième République. En écrivant ce roman Le Clézio fait son effort de remémoration des souvenirs “des disparus” au Vélodrome d'Hiver et au camp de Drancy : ces deux “lieux de mémoire” peuvent ainsi renforcer la commémoration des victimes de l’holocauste et les souvenirs douloureux de la collectivité juive française pendant la Seconde Guerre. Le Clézio comme auteur engagé offre l’occasion aux minorités opprimées d’exister et de s’exprimer, ainsi qu’il met en échos les voix des victimes de la Shoah. Nous pouvons analyser trois parties de ce roman en nous basant sur la topo-analyse de la phénoménologie bachelardienne (1978). Dans la première partie du roman, “la maison mauve” est une représentation de “la maison natale” sur l’île Maurice de Samuel Soliman. Celui-ci veut rebâtir “la maison natale” mauricienne à Paris afin de la léguer à sa petite-nièce Ethel. Cette maison correspond bien à la topophilie bachelardienne sur l’espace heureux de l’homme qui donne des images de l’espace défendu contre des forces adverses et des illusions de stabilité. Ensuite, dans la deuxième partie du roman, “la chute” de la famille de Justine et d’Alexandre Brun est étroitement liée à l’éternelle recherche des “maisons de l’avenir” du père d’Ethel. Alexandre est un “rêveur de demeures” bachelardien (1978:68) qui veut à tout prix bâtir des maisons rêvées dans le monde entier au détriment de la maison réelle, l’abri de sa femme et de sa fille. Et la troisième partie du roman s’intitule “le silence”, qui renvoie à la morosité de Paris sous l’occupation allemande. Tous les réfugiés de la Seconde Guerre, tout comme la famille d’Ethel, se taisaient dans les coins de la maison. Les images des coins bachelardiens (ibid.130) menant à la négation de l’Univers et de la vie renvoient au silence et à l’immobilité des réfugiés. Ce roman d’apprentissage représente aussi la quête identitaire de l'héroïne Ethel, personnage fictif inspiré par la mère de l’auteur Simone Le Clézio et sa famille à l’origine mauricienne immigrée à Paris. Pour Ethel, l’écriture dans son agenda témoigne différentes étapes de sa vie ainsi que l’histoire de sa famille mauricienne d’immigration : les souvenirs familiaux s’organisent autour des lieux de mémoire comme tombeaux, photos de famille, journaux etc. ainsi que la mémoire collective se renforce et l’héritage se lègue des ancêtres à la postérité.

참고문헌 (13)

  1. Le Clézio, J.M.G, "Étoile errante" (1992), Gallimard
  2. Le Clézio, J.M.G, "허기의 간주곡" (2010), 문학동네
  3. "Dans la forêt des paradoxes" (2008)[URL]
  4. 이희영, "르 클레지오의 <떠도는 별> - 유대 민족과 팔레스타인 민족의 이주를 그린 역사 소설 -", 프랑스학연구, (68), pp.341~365 (2014), 프랑스학회
  5. 이희영, "르 클레지오의 『혁명』 연구", 프랑스문화예술연구, 53, pp.423~480 (2015), 프랑스문화예술학회
  6. 이희영, "르 클레지오의 『오니샤』와 『아프리카인』 연구 - 자전적 글쓰기와 반식민주의 -", 프랑스문화예술연구, 57, pp.233~271 (2016), 프랑스문화예술학회
  7. Auerbach, Erich, "미메시스 1, 2" (1996), 민음사
  8. Bachelard, Gaston, "공간의 시학" (2003), 동문선
  9. Balint, Adina, "Le Processus de création dans l'oeuvre de J.M.G. Le Clézio" (2016), Brill
  10. Kenny, Richard, "이방인, 신, 괴물" (2004), 개마고원
  11. Lukács, Georg, "소설의 이론" (2007), 문예출판사
  12. Nora, Pierre, "기억의 장소 1, 3, 4" (2010), 나남
  13. Ricoeur, Paul, "시간과 이야기 3" (2011), 문학과 지성사

관련 논문AI추천

이 간행물의 다른 논문 (15건)