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1930년-1950년대 프랑스어권 벨기에 만화에 드러난 식민주의적 상상력 : ‘프티 네그르petit nègre’ 개념을 중심으로

L’imagination coloniale de la BD franco-belge entre des années 1930 et des années 1950, exprimée par le mot ‘petit nègre’

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초록

Récemment, le procès intenté au Tintin au Congo d'Hergé nous a permis de réfléchir au passé du colonialisme belge, bien que cette action judiciaire soit considérée comme quelque peu exagérée. Hergé lui aussi a jugé par la suite que Tintin au Congo était un « péché de jeunesse ». De même, Franquin confessait dans un entretien avec Numa Sadoul, qu'il lui suffisait des images d’Afrique à la base de films d’animation ou d’autres sources visuelles qu'il voyait au cinéma pour dessiner les épisodes de la série de Spirou. La période de l’imagination coloniale entre les années 1930 et 1950 coïncide précisément avec l'âge d'or de la BD franco-belge. À cette époque, la BD belge était en train d'étendre son influence jusque sur le marché de la BD française ; et bien que rangée dans la même catégorie que la BD franco-belge, elle est tout à fait différente. Dans cette situation, l'imagination coloniale dans la BD belge, devenue une sorte de courant de la BD française, s’est étendue jusqu’à devenir un imaginaire universel, non seulement dans les pays francophones mais dans les autres pays d’Europe. Pour cette raison, cette tendance a constitué une sorte d'identité de la BD franco-belge. Au cours de cette diffusion, la spécificité du colonialisme belge a eu tendance à s’affaiblir, mais il se peut que cette idée fixe sur les colonies a influencé fortement les jeunes lecteurs. Nous avons donc remis en cause l'imagination coloniale dans la BD franco-belge des années 1930-1950, bien exprimée dans le mot « petit nègre » désignant « le français sommaire et maladroit des indigènes coloniaux ». Dans l'histoire de la BD, de la première période à partir de 1910 jusqu'à la fin des années 1950, les images des noirs sont présentées avec variété, et les méthodes des auteurs pour aborder l'espace colonial et son langage étaient variées elles aussi. Au début, l’expression « petit nègre » est dérivée d'une phrase de la publicité pour le cacao Banania, « Y’a bon ! ». Cela apparaît déjà dans la série des Pieds nickelés de Louis Forton, entre 1909 et 1915. Forton répète ici les stéréotypes du petit nègre, mais dans cette BD, il offre plusieurs situations et actions variées dans lesquelles le petit nègre fonctionne non seulement pour les noirs mais pour les blancs. Hergé et ses disciples se sont ensuite appliqués à la formation de caractères comiques à travers les fautes répétées du petit nègre. Cependant, à la même époque qu'Hergé, le travail de Fernand Dineur semble en revanche plus pondéré, puisqu'il a décrit assez objectivement l'espace et le langage colonial hors du regard de colonisateur en nous transmettant une colonie vécue. Cette tendance a peut-être influencé la série Blondin et Cirage de Jijé ou celle de Spirou de Franquin, dans lesquelles on trouve des approches variées du langage des indigènes coloniaux et des traits linguistiques sous l'influence des classes, entre les dominants et les gens dominés. Reste que l’imaginaire colonial a commencé à échapper aux idées préjugés antérieurs. Pour préciser ce fait, nous pouvons répartir en deux grands groupes les auteurs qui travaillaient durant l'âge d'or de la BD franco-belge : d’un côté, des auteurs tels Hergé et Franquin, considérés comme auteurs dessinant une Afrique imaginaire sous l’emprise de l’imagination coloniale ; de l’autre, des auteurs comme F. Dineur et Jijé, qui ont représenté une Afrique relativement affranchie de l’idéologie coloniale. Au cours de ce travail dans lequel on examine le « petit nègre » des indigènes coloniaux dans la BD populaire, on a pu constater un changement dans l'expression de l'imagination colonial. En fait, cette tendance de la BD belge obligée de diminuer la couleur politique, a dû être fixée dans l'identité de la BD franco-belge dans les années 1950, en prévoyant l'indépendance future de l'Afrique.

Abstract

Récemment, le procès intenté au Tintin au Congo d'Hergé nous a permis de réfléchir au passé du colonialisme belge, bien que cette action judiciaire soit considérée comme quelque peu exagérée. Hergé lui aussi a jugé par la suite que Tintin au Congo était un « péché de jeunesse ». De même, Franquin confessait dans un entretien avec Numa Sadoul, qu'il lui suffisait des images d’Afrique à la base de films d’animation ou d’autres sources visuelles qu'il voyait au cinéma pour dessiner les épisodes de la série de Spirou. La période de l’imagination coloniale entre les années 1930 et 1950 coïncide précisément avec l'âge d'or de la BD franco-belge. À cette époque, la BD belge était en train d'étendre son influence jusque sur le marché de la BD française ; et bien que rangée dans la même catégorie que la BD franco-belge, elle est tout à fait différente. Dans cette situation, l'imagination coloniale dans la BD belge, devenue une sorte de courant de la BD française, s’est étendue jusqu’à devenir un imaginaire universel, non seulement dans les pays francophones mais dans les autres pays d’Europe. Pour cette raison, cette tendance a constitué une sorte d'identité de la BD franco-belge. Au cours de cette diffusion, la spécificité du colonialisme belge a eu tendance à s’affaiblir, mais il se peut que cette idée fixe sur les colonies a influencé fortement les jeunes lecteurs. Nous avons donc remis en cause l'imagination coloniale dans la BD franco-belge des années 1930-1950, bien exprimée dans le mot « petit nègre » désignant « le français sommaire et maladroit des indigènes coloniaux ». Dans l'histoire de la BD, de la première période à partir de 1910 jusqu'à la fin des années 1950, les images des noirs sont présentées avec variété, et les méthodes des auteurs pour aborder l'espace colonial et son langage étaient variées elles aussi. Au début, l’expression « petit nègre » est dérivée d'une phrase de la publicité pour le cacao Banania, « Y’a bon ! ». Cela apparaît déjà dans la série des Pieds nickelés de Louis Forton, entre 1909 et 1915. Forton répète ici les stéréotypes du petit nègre, mais dans cette BD, il offre plusieurs situations et actions variées dans lesquelles le petit nègre fonctionne non seulement pour les noirs mais pour les blancs. Hergé et ses disciples se sont ensuite appliqués à la formation de caractères comiques à travers les fautes répétées du petit nègre. Cependant, à la même époque qu'Hergé, le travail de Fernand Dineur semble en revanche plus pondéré, puisqu'il a décrit assez objectivement l'espace et le langage colonial hors du regard de colonisateur en nous transmettant une colonie vécue. Cette tendance a peut-être influencé la série Blondin et Cirage de Jijé ou celle de Spirou de Franquin, dans lesquelles on trouve des approches variées du langage des indigènes coloniaux et des traits linguistiques sous l'influence des classes, entre les dominants et les gens dominés. Reste que l’imaginaire colonial a commencé à échapper aux idées préjugés antérieurs. Pour préciser ce fait, nous pouvons répartir en deux grands groupes les auteurs qui travaillaient durant l'âge d'or de la BD franco-belge : d’un côté, des auteurs tels Hergé et Franquin, considérés comme auteurs dessinant une Afrique imaginaire sous l’emprise de l’imagination coloniale ; de l’autre, des auteurs comme F. Dineur et Jijé, qui ont représenté une Afrique relativement affranchie de l’idéologie coloniale. Au cours de ce travail dans lequel on examine le « petit nègre » des indigènes coloniaux dans la BD populaire, on a pu constater un changement dans l'expression de l'imagination colonial. En fait, cette tendance de la BD belge obligée de diminuer la couleur politique, a dû être fixée dans l'identité de la BD franco-belge dans les années 1950, en prévoyant l'indépendance future de l'Afrique.

참고문헌 (30)

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