‘그래픽 네그리튀드(Graphic Négritude)’ : ‘콩고스트립스(Congostrips)’에서 ‘아프로-뷜(Afro-bulles)’까지
‘Négritude graphique’ : De ‘Congostrips’ à l’‘Afro-bulles’
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Cet article se propose d'examiner le regard colonisé, et sa décolonisation, dans la BD africaine au moyen du concept de "Négritude graphique", et ainsi, de dégager une identité culturelle de l'Afrique après son indépendance politique. Pour illustrer cet examen, nous prenons comme exemple le cas du Congo. Comme on le sait, de la période coloniale à nos jours, la BD congolaise a été inévitablement influencée par la BD franco-belge puisqu'un nombre important de dessinateurs congolais ont étudié en Belgique. Alors on est en droit de se poser la question : est-ce qu'il y a une différence entre les mondes présentés par ces dessinateurs, celui d'avant l'indépendance et celui d'après ? Existe-t-il une BD purement africaine? Pour répondre à ces questions, nous avons suivi le processus de formation de la BD congolaise originale à travers son histoire. La bande dessinée africaine émerge depuis 2010, cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Afrique. En effet, après la naissance de "Congostrips", un dessinateur congolais, Alix Fuilu a créé "Afro-bulles" en 2002, une association spécialisée dans l'édition et la promotion de la BD africaine. Le mouvement actuel pourrait s'appeler "Négritude visualisée", autrement dit, "Négritude graphique". Quelle est alors la différence entre la Négritude littéraire des années 30 et la "Négritude graphique" de nos jours? Enfin ce mouvement peut-il présenter une nouvelle alternative pour surmonter la limite de la Négritude littéraire? Inévitablement la "Négritude graphique" partage la même sorte de limite que la Négritude classique. Celle-ci a utilisé la langue française comme outil pour exprimer l'originalité de la culture africaine, même si la plupart des Africains n'avaient pas la culture de l'écriture mais celle de l'oral. De même, la Négritude graphique utilise une langue graphique influencée par l'Europe et, de plus, les dessinateurs africains sont obligés d'accepter la logique commerciale du monde de l'édition européenne pour mettre en oeuvre leur mouvement. Mais, ces jeunes dessinateurs connaissent bien cette limite; ils essaient même de représenter la trace historique de la période coloniale dans leurs BD. Peut-être l'acceptation de cette grammaire graphique universelle fonctionne-t-elle comme un bon instrument pour présenter au monde leur "vraie" histoire, en mettant en scène des réalités contemporaines africaines. Alors que la Négritude littéraire d'auparavant a aidé à réaliser l'indépendance politique en suscitant un regard critique sur la culture africaine, la Négritude graphique contemporaine aiderait à réaliser l'indépendance culturelle après celle de la politique africaine. Par ailleurs, la Négritude graphique comme nouvel essai de surmonter le colonialisme classique, est aussi un effort pour surmonter la limite de la Négritude littéraire des années 30. Cependant, il est encore trop tôt pour juger de la réussite de ce mouvement en plein développement.
Abstract
Cet article se propose d'examiner le regard colonisé, et sa décolonisation, dans la BD africaine au moyen du concept de "Négritude graphique", et ainsi, de dégager une identité culturelle de l'Afrique après son indépendance politique. Pour illustrer cet examen, nous prenons comme exemple le cas du Congo. Comme on le sait, de la période coloniale à nos jours, la BD congolaise a été inévitablement influencée par la BD franco-belge puisqu'un nombre important de dessinateurs congolais ont étudié en Belgique. Alors on est en droit de se poser la question : est-ce qu'il y a une différence entre les mondes présentés par ces dessinateurs, celui d'avant l'indépendance et celui d'après ? Existe-t-il une BD purement africaine? Pour répondre à ces questions, nous avons suivi le processus de formation de la BD congolaise originale à travers son histoire. La bande dessinée africaine émerge depuis 2010, cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Afrique. En effet, après la naissance de "Congostrips", un dessinateur congolais, Alix Fuilu a créé "Afro-bulles" en 2002, une association spécialisée dans l'édition et la promotion de la BD africaine. Le mouvement actuel pourrait s'appeler "Négritude visualisée", autrement dit, "Négritude graphique". Quelle est alors la différence entre la Négritude littéraire des années 30 et la "Négritude graphique" de nos jours? Enfin ce mouvement peut-il présenter une nouvelle alternative pour surmonter la limite de la Négritude littéraire? Inévitablement la "Négritude graphique" partage la même sorte de limite que la Négritude classique. Celle-ci a utilisé la langue française comme outil pour exprimer l'originalité de la culture africaine, même si la plupart des Africains n'avaient pas la culture de l'écriture mais celle de l'oral. De même, la Négritude graphique utilise une langue graphique influencée par l'Europe et, de plus, les dessinateurs africains sont obligés d'accepter la logique commerciale du monde de l'édition européenne pour mettre en oeuvre leur mouvement. Mais, ces jeunes dessinateurs connaissent bien cette limite; ils essaient même de représenter la trace historique de la période coloniale dans leurs BD. Peut-être l'acceptation de cette grammaire graphique universelle fonctionne-t-elle comme un bon instrument pour présenter au monde leur "vraie" histoire, en mettant en scène des réalités contemporaines africaines. Alors que la Négritude littéraire d'auparavant a aidé à réaliser l'indépendance politique en suscitant un regard critique sur la culture africaine, la Négritude graphique contemporaine aiderait à réaliser l'indépendance culturelle après celle de la politique africaine. Par ailleurs, la Négritude graphique comme nouvel essai de surmonter le colonialisme classique, est aussi un effort pour surmonter la limite de la Négritude littéraire des années 30. Cependant, il est encore trop tôt pour juger de la réussite de ce mouvement en plein développement.
참고문헌 (15)
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- Delisle (Philippe), "Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial Des années 1930 aux années 1980" (2008), Karthala
- Diboko (Disasi D.), "Tradition et modernité dans la bande dessinée africaine", pp.2006
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- Kannemeyer (Anton), "Bitterkomix" (2009), L’association
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