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‘그라알 행렬’의 재해석- ‘피 흘리는 창’을 중심으로

Une Interprétation du cortège du graal - lire le Conte du graal comme un conte de la lance qui saigne

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초록

On a beaucoup écrit sur le cortège du graal, notamment sur l’origine de ces objets mystérieux qui sont ‘le graal’ et ‘la lance qui saigne’. Que ce soit chrétienne ou celtique, ces explications cherchant leur origine à l’extérieur du roman comportent une limite : à savoir qu’elles sont difficilement compatibles avec le reste du texte de Chrétien de Troyes. Or, à la différence de ces travaux, nous avons essayé de trouver leur origine à l’intérieur du roman. Il s’agit de dégager le jeu d’échos autour de ces objets, notamment autour de‘la lance qui saigne’qui nous semble occuper une place centrale dans ce roman. Nous avons relevé des éléments textuels auxquels fait référence l’image condensée de ‘la lance qui saigne’ et montré comment ils se sont reliés l’un à l’autre pour faire surgir le sujet du roman. L’épisode de la première visite de Perceval à la cour du roi Arthur offre un parallélisme intéressant avec l’épisode de sa visite au château du roi Pêcheur. La coupe d’or du roi Arthur que le chevalier vermeille emporte à la place de la terre, la reine qui reste dans sa chambre attristée par l’incident du vin versé sur elle, et l’indifférence totale de Perceval à tous ces événements sont des éléments entre autres qui confèrent l’impression du déjà-vu à la scène du graal. C’est surtout dans la scène du combat entre le chevalier vermeille et Perceval que nous avons trouvé les premières indices significatives pour‘la lance qui saigne’. Le contraste est frappant entre l’attaque du chevalier vermeille par “le côté où il n’y a pas de fer” et le lancement du javelot, coup félon de Perceval qui tue ainsi son adversaire. La mention inhabituelle du “côté où il n’y a pas de fer” dans cet épisode ne semble pas gratuite si l’on considère l’insistance sur le fer de ‘la lance qui saigne’, symbole de violence par excellence. L’image de violence de Perceval se renforce par l’appropriation des armes du chevalier mort, Perceval devenant désormais le chevalier aux armes rouges, couleur du sang qu’il ne cessera pas de faire couler. L’image clé dans le réseau des images sanglantes se rapportant à ‘la lance qui saigne’ se trouve dans l’épisode de la coutume du prisonnier, selon laquelle le vaincu doit se rendre au prison dans l’état où il se trouve au moment de la défaite. Mettant en relief la couleur rouge du sang qui couvre le vaincu, cette coutume permet de créer l’effet de miroir entre le vaincu et le vainqueur aux armes rouges. Par l’utilisation des mêmes rimes, ce jeu du miroir se répercute dans la scène de ‘la lance qui saigne’. En se combinant avec le motif de cruentation, ceci nous permet de lire cette lance qui saigne comme un miroir qui reflète les actes de violence de Perceval. Notre interprétation de ‘la lance qui saigne’ comme un reflet de Perceval peut être étayée par une autre scène du même type : à savoir celle de trois gouttes du sang sur la neige. Un chevalier vermeille immobile dans une plaine enneigée étant lui-même une image d’une goutte de sang sur la neige, Perceval échoue encore dans cette image à se reconnaître. C’est à la vue des chevaliers pénitents à pieds nus que Perceval finit par prendre conscience de ses armes rouges, du sang qu’il a fait verser. La confession qu’enfin Perceval accepte de faire n’est autre que l’introspection à laquelle faisait tant appel l’image frappante de ‘la lance qui saigne’. Notre lecture des indices textuels se rapportant à ‘la lance qui saigne’ nous permet ainsi de lire le Conte du graal comme un roman d’introspection de la chevalerie. Le fait qu’après la confession, Perceval n’envisage plus une quête sur ‘la lance qui saigne’ semble confirmer notre analyse. Perceval désormais introspectif a compris lui-même pourquoi la lance saigne et cette quête est donc accomplie définitivement pour lui.

Abstract

On a beaucoup écrit sur le cortège du graal, notamment sur l’origine de ces objets mystérieux qui sont ‘le graal’ et ‘la lance qui saigne’. Que ce soit chrétienne ou celtique, ces explications cherchant leur origine à l’extérieur du roman comportent une limite : à savoir qu’elles sont difficilement compatibles avec le reste du texte de Chrétien de Troyes. Or, à la différence de ces travaux, nous avons essayé de trouver leur origine à l’intérieur du roman. Il s’agit de dégager le jeu d’échos autour de ces objets, notamment autour de‘la lance qui saigne’qui nous semble occuper une place centrale dans ce roman. Nous avons relevé des éléments textuels auxquels fait référence l’image condensée de ‘la lance qui saigne’ et montré comment ils se sont reliés l’un à l’autre pour faire surgir le sujet du roman. L’épisode de la première visite de Perceval à la cour du roi Arthur offre un parallélisme intéressant avec l’épisode de sa visite au château du roi Pêcheur. La coupe d’or du roi Arthur que le chevalier vermeille emporte à la place de la terre, la reine qui reste dans sa chambre attristée par l’incident du vin versé sur elle, et l’indifférence totale de Perceval à tous ces événements sont des éléments entre autres qui confèrent l’impression du déjà-vu à la scène du graal. C’est surtout dans la scène du combat entre le chevalier vermeille et Perceval que nous avons trouvé les premières indices significatives pour‘la lance qui saigne’. Le contraste est frappant entre l’attaque du chevalier vermeille par “le côté où il n’y a pas de fer” et le lancement du javelot, coup félon de Perceval qui tue ainsi son adversaire. La mention inhabituelle du “côté où il n’y a pas de fer” dans cet épisode ne semble pas gratuite si l’on considère l’insistance sur le fer de ‘la lance qui saigne’, symbole de violence par excellence. L’image de violence de Perceval se renforce par l’appropriation des armes du chevalier mort, Perceval devenant désormais le chevalier aux armes rouges, couleur du sang qu’il ne cessera pas de faire couler. L’image clé dans le réseau des images sanglantes se rapportant à ‘la lance qui saigne’ se trouve dans l’épisode de la coutume du prisonnier, selon laquelle le vaincu doit se rendre au prison dans l’état où il se trouve au moment de la défaite. Mettant en relief la couleur rouge du sang qui couvre le vaincu, cette coutume permet de créer l’effet de miroir entre le vaincu et le vainqueur aux armes rouges. Par l’utilisation des mêmes rimes, ce jeu du miroir se répercute dans la scène de ‘la lance qui saigne’. En se combinant avec le motif de cruentation, ceci nous permet de lire cette lance qui saigne comme un miroir qui reflète les actes de violence de Perceval. Notre interprétation de ‘la lance qui saigne’ comme un reflet de Perceval peut être étayée par une autre scène du même type : à savoir celle de trois gouttes du sang sur la neige. Un chevalier vermeille immobile dans une plaine enneigée étant lui-même une image d’une goutte de sang sur la neige, Perceval échoue encore dans cette image à se reconnaître. C’est à la vue des chevaliers pénitents à pieds nus que Perceval finit par prendre conscience de ses armes rouges, du sang qu’il a fait verser. La confession qu’enfin Perceval accepte de faire n’est autre que l’introspection à laquelle faisait tant appel l’image frappante de ‘la lance qui saigne’. Notre lecture des indices textuels se rapportant à ‘la lance qui saigne’ nous permet ainsi de lire le Conte du graal comme un roman d’introspection de la chevalerie. Le fait qu’après la confession, Perceval n’envisage plus une quête sur ‘la lance qui saigne’ semble confirmer notre analyse. Perceval désormais introspectif a compris lui-même pourquoi la lance saigne et cette quête est donc accomplie définitivement pour lui.

참고문헌 (21)

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